La mort de Kim Jong-Il annoncée le 17 décembre dernier a-t-elle lancé le compte à rebours avant que n'explose le mur de la séparation entre une Corée du Nord façonnée à l'image de l'ex URSS et celle d'une Corée du Sud plus libérale ? Découvrez un résumé rapide de la situation.

  Rappelons-nous un certain 27 juillet 1953 lorsque l'armistice de Panmunjeom, signée dans un petit village auquel elle doit son nom, mit un terme à trois ans de déchirement entre Coréens du Sud et Coréens du Nord. La fin d'une guerre qui comme toutes les autres semble souffler un vent de paix sur deux pays meurtris par les pertes humaines et matérielles mais qui s'amorce plutôt comme l'officialisation de la coupure entre un Nord communiste et un Sud capitaliste. En effet tout avait été compris dans l'accord de 1953 pour que cette séparation s'effectue sans trop d'encombres, zone démilitarisée, zone communautaire de sécurité sous le contrôle de l'Organisation des Nations Unies, oui, tout jouait en la faveur d'une entente cordiale.


 


 


Mais qu'en en est-il vraiment de cette césure entre deux pays jumeaux et comment s'annoncent les perspectives d'avenir de cette dernière ? La réunification semble avoir toujours été freinée par l'opposition quasi anti-thétique des modèles entre un communisme et une dictature instaurée au Nord, ne permettant pas un développement économique et social suffisant pour adhérer au capitalisme régnant au Sud. Cette dictature, entamée avec l'arrivée au pouvoir de Kim Il-sung s'est perpétuée confiant la Corée du Nord aux mains de son fils, Kim Jong-Il. C'est sans aucun doutes en cela que l'annonce de sa mort datant du 17 décembre dernier faite au journal de la Corée Du Nord par une journaliste endeuillée et dont les larmes, peu importe qu'elles aient été sincères ou simulées, trahissent l'importance de la nouvelle.


 


Cet avis de décès, dont on se doit de cacher notre enthousiasme de peur de porter atteinte à la bienséance, a tout de même fait objet de débats, voire a été porteur d'espoir quant à une éventuelle réunification des frères ennemis. Du moins si l'on se situe dans le cadre d'une réflexion géopolitique à l'échelle globale, mais les principaux concernés c'est-à-dire les Coréens eux-mêmes voient-ils cette nouvelle du même oeil ? A en croire les informations il n'y a pas lieu de croire à une abolition de la dictature et à un recul du communisme puisque le pouvoir, se transmettant de façon héréditaire, fut octroyé à Kim Jong-Un, fils de Kim Jong-Il et qui se veut probablement héritier de l'idéologie auquel avait adhéré son père et son grand père. Le seul moyen pour que le communisme puisse être écarté serait que le nouveau venu sur la scène politique coréenne ambitionne de réformer son pays et de couper le cordon avec les traditions instaurées par sa famille.


 


Quant au Sud il semblerait que la réunification ne soit non seulement pas envisageable au vu des différences de richesses et de modèles sociaux qui, s'ils venaient à fusionner, engendreraient des dépenses énormes et pénaliseraient le pays en ces temps de crises censés permettre à l'Asie d'asseoir sa domination sur la scène commerciale internationale. Mais comme si cela ne suffisait pas, les Coréens du Sud eux-mêmes ne semblaient pas, jusqu'alors, concernés par ce souci de réunifier les deux nations. Ces derniers n'ont pas oublié les tragiques évènements de 2010 lorsqu'une de leurs îles, Yeonpyeong, fut attaquée par des tirs de l'armée nord-coréenne. C'est en vertu de ces hostilités peu propices à l'instauration d'une paix entre les deux ennemis qu'au Sud, le peuple s'en tient à cette situation de séparation, malgré quelques réactions dues à la mort de Kim Jong-Il.


C'est donc sur cette note d'incertitude quant à l'avenir des deux Corées que l'on peut clôturer les réflexions autour de la mort du dirigeant. Il est néanmoins évident que si ce signe qui a ravivé l'espoir de paix est venu du Nord tous deux auront à fournir de nombreux efforts afin qu'un tel projet puisse être mené à bien.