Régulièrement, nous vous parlons d'avancée des droits, d'évolution, et bien c'est ici tout le contraire dont il est question. Vous en avez peut être entendu parler ces derniers jours, le Pakistan s'apprête à connaitre un recul relativement fort de la liberté d'expression de ses citoyens.

       La Pakistan Telecommunication Authority (PTA), autorité en charge des télécommunications au Pakistan a en effet adressé un courrier aux opérateurs de téléphonie mobile le 14 novembre dernier. Dans celui-ci, elle leur fait part de sa volonté de rayer près de 2000 mots des échanges SMS (1795 exactement). Elle requiert même que le système de filtrage soit mis en place sous 7 jours, soit ce 21 novembre 2011.

       Plusieurs opérateurs tentent encore aujourd’hui, jour de l’application demandée de la mesure, de bloquer la mise en place de ce projet. Leurs arguments ? Ils sont techniques d’un côté (perturbation des échanges) et idéologiques de l’autre (entrave à la liberté d’expression). Malgré tout, tous se rendent à la même conclusion : si une loi passe, ils seront obligés de l’appliquer. Les démarches actuelles se limitent donc à des tentatives de discussion avec l’autorité qui vient tout juste de modérer ses propos assurant « qu’aucune date-butoir n’avait été fixée ».

 

Que se passerait-il si la loi devait être abrogée ?


       Concrètement, des mots tels que "Fuck", "tits", "ass", "go to hell", "herpes" pourraient être tout simplement interdits et bloqués dans les SMS. Cette censure portant sur un langage jugé « cru » est plus étonnante lorsqu’on s’aperçoit qu’elle s’applique aussi à des mots comme Jesus Christ, flatulence ou encore murder. Le langage ayant attrait à la sexualité « soft » n’est pas en reste avec l’interdiction de condom (préservatif), period (règles), sexy ou bien breast (seins).

       LGBT, ne vous inquiétez pas, vous n’êtes pas oubliés puisque bisexual, gay, lesbian et tri sexual font également partie de la liste.

      Si ça vous intéresse, la liste complète est consultable ici.

 

Et la liberté d’expression dans tout ça ?


       La quoi ?

       Plus sérieusement, la PTA se défend d’une quelconque atteinte à la liberté d’expression arguant que si celle-ci est belle et bien assurée par la constitution, elle n’est pas sans limite et qu’il est du devoir de la loi que de protéger les citoyens. À leur sens, aucune infraction de ce côté-ci.

        Pour autant, certains opérateurs ont tout de même menacé de saisir la justice pour contredire cette position. Souhait de défendre la liberté ou bien peur de ne plus pouvoir facturer autant de messages ? En effet, avec 1800 mots censurés, les 160 caractères (taille limite d’un sms) seront vite arrivés.