Récit d'un fait réel, qui devient de plus en plus commun de nos jours, et qui pourrait arriver à tout le monde

On se dit que ce n’est pas normal ce qui s’est passé, mais on ne veut pas en parler, ça serait « trop mal vu », on serait mal jugé, délaissé, rejeté, voire renié. On se dit que c’est de notre faute, qu'on aurait pu faire quelque chose pour ne pas que ça se produise. Donc on se renferme, quand on nous demande si ça va, on acquiesce tout bêtement en pensant que ça ne se verra pas, l’ambiance familiale se détériore, mais on se dit qu'on préfère ça à autre chose. On voit nos notes chuter aux devoirs, on voit notre attention diminuer en cours au fil des jours, on se tait, et on pense qu'il vaut mieux ça que de passer pour quelqu'un qui s’est fait violer, comme une victime quoi. On se dit qu'on pourra plus jamais voir les mecs de la même manière, on voit en eux toute la méchanceté du monde.

C’est ce qui m’est arrivé cette année, donc je sais de quoi je parle. La France évolue, les caractères changent, mais certains restent comme ils sont. C’est dur à dire mais ce genre de pratiques devient de plus en plus commun. De différentes manières : sous l’emprise de la drogue ou de l’alcool, par contrainte physique ou morale, ou encore « en vous achetant ». Comme je dis, la France évolue, ainsi que les progrès techniques ; les violeurs peuvent être arrêtés plus facilement qu'avant. C’est comme le soutien psychologique, il s’est amélioré, et il est donc dès à présent plus facile d’accès – sans compter l’attente désespérante pour avoir un psychologue… -. Et grâce à vous, chères victimes, nous arriverons un jour à éradiquer le mot « viol » de ce monde (on se croirait presque dans une campagne électorale).

Ne faites pas comme moi - ou comme les gens qui sont passés avant vous - ne vous refermez pas sur vous–même, ne vous laissez pas vous ronger de l’intérieur, car nous n’avons qu’une adolescence, ainsi qu’une vie. Et cette adolescence-là, « gâchée » en partie par cette tragédie, ne doit pas vous empêcher de vivre ce que vous avez à vivre, de vous faire des ami(e)s, d’avoir votre premier(ère) petit(e) copain (copine), votre « vraie » première relation… Ne vous laissez pas entraîner dans ce gouffre qu’est le silence, parlez-en autour de vous, ne serait-ce qu'à vos ami(e)s, ou à quelqu'un d’extérieur, il y a des endroits spécialisés qui sont faits pour ça, des gens qui vous accueillerons sans jugement, qui seront neutres, extérieurs à la situation… Aidez-vous et faites-vous aider… Ne laissez pas celui qui a fait ça se « balader » dans la nature…