Cette semaine, pour la deuxième année consécutive à Tours, le moment festif et de revendication qu'est la Gay Pride va être obscurci par la présence d'un groupuscule identitaire d'extrême droite dénommé Vox Populi. Ceux-ci organisent une contre manifestation en lieu et heure de la marche Tourangelle.

Ce groupuscule qui se présente sur son blog comme « groupe de résistance dissident pour une Touraine enracinée » dit se situer sur un terrain « strictement local […] à l’échelle Tourangelle ». En réalité, il apparaîtrait que le groupuscule ne soit composé que de plusieurs dizaines de personnes (entre 70 et 80), disséminées sur la région Centre, et qui se rejoignent lors d'actions spécifiques. Une vingtaine d'entre eux ont déjà fait une apparition l'année dernière pendant la Marche des Fiertés pour contester celle ci.


Depuis deux semaines environ, ces militants sont réapparus. Ils enchaînent, sans succès, les tentatives de faire annuler la Marche des Fiertés au travers d'une pétition, d'appels politiques, et de démarches administratives. C'est à cette occasion que s'est dévoilée publiquement l'expression de leur homophobie latente.


Prétendant défendre les valeurs familiales et lutter contre « cette puissante vague de propagande que l’on peut qualifier d’homofolie », leurs différents outils se sont retrouvés les uns après les autres supprimés par les hébergeurs. Tandis que le premier site de pétition choisi a décidé de mettre un terme à celle ci, le groupuscule s'est tourné vers un autre site, qui à son tour a choisi de censurer une partie de la pétition.


En effet, les rédacteurs n'y allaient pas à demi mots : «Il y a une quinzaine d’années, la Gay Pride, c’était 50 folles déguisées qui se dandinaient à Paris. Aujourd’hui, il y en a une dans chaque ville, tout le monde s’y mêle car il est tendance pour les personnes qui se disent branchées de se joindre à l’arc-en-ciel Gay […]. Si nous ne faisons rien, quel aura été notre rôle face à de telles abjections? […] Cette minorité (env. 6% de la population) n’a pas à exhiber sa marginalité sexuelle devant les yeux des riverains qui se baladent paisiblement en ville. Les yeux des enfants n’ont pas à être pris en otage par ce genre de spectacle !»


De la censure certes, mais peut-on le blâmer après avoir lu les discours complètement déconnectés de la réalité ? Jusqu'où peut aller la liberté d'expression ?


Valdinguant sur les stéréotypes et préjugés, les militants sont allés jusqu'à écrire une lettre ouverte à l'évêque de la région tourangelle assimilant une fois de plus (une de trop) homosexualité et pédophilie. C'est en ces mots qu'ils s'expriment : «Après tant de scandales de la pédophilie dont quelques pasteurs de l’Église se sont apparemment rendus complices, peut-on donner garantie à ces Gay Prides par notre silence ?».


Jusqu'à quand laissera-t-on des groupuscules homophobes exprimer librement, publiquement, et sans être inquiétés, des discours haineux tels que ceux que nous avons sous les yeux ?


Parce que nous considérons qu'en 2011, nous ne devrions plus assister à de tels discours, parce que nous demandons l'égalité de tous, parce que nous nous soucions des milliers de jeunes qui se découvrent chaque année homosexuels, nous n'acceptons pas, et n'accepterons plus que des discours haineux, quelles qu'en soient les cibles, soient tenus dans notre pays, et au delà. Vous qui refusez habituellement la Gay Pride, c'est l'exemple même qu'elle reste nécessaire, que NON, l'homophobie n'a pas disparue. N'hésitez pas à venir marcher pour défendre notre droit à la différence, et surtout, à l'indifférence. Je vous espère nombreux ce samedi 21 mai, à 14h30 au chateau de Tours.


 


« La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres »