Après avoir comparé les prières de rue à « l'occupation Allemande » dans son discours polémique du 10 décembre 2010 à Lyon, Marine Le Pen lors de ce même discours s'est adressée à l'électorat gay, s'inquiétant sur le fait « qu'il ne fait pas bon d'être […] homosexuel ». Cette partie du discours de Marine Le Pen, qui n'a été que peu relevée, est un exemple de ce qui serait des « changements » de positions de partis d'extrême droite en Europe face aux homosexuels.

La fille de l'ancien leader d'extrême droite n'est pas la première à faire les yeux doux à l'électorat homosexuel, en se plaçant sur le terrain sécuritaire. Les partis populistes aux Pays-Bas dès 2007 ont dénoncé des agressions à caractère homophobe commises par des jeunes d'origine arabo-musulmane. Ces formations se sont en effet posées en défenseurs d'homosexuels en surfant sur l'homophobie régnant dans les banlieues.


La question de l'homophobie dans les quartiers est un sujet que l'on retrouve de plus en plus dans les médias français (cf. la vidéo jointe).


Une question qui est ainsi reprise par Marine Le Pen, notant que les homosexuels y sont visés par les « lois religieuses qui se substituent aux lois de la République. »


 


Marine Le Pen s'est, à de nombreuses reprises ces derniers mois, indignée de « l'islamisation » de la France, dénonçant les prières de rue, la construction de mosquées, stigmatisant les immigrés ainsi que leurs descendants et reprenant par la même occasion un thème cher à son père.


 


On peut noter en revanche une inflexion de la position frontiste sur un autre thème : l'homosexualité. En effet, en 1999, le Front National s'était opposé au PACS et ses responsables avaient participé aux manifestations contre le projet.


Aujourd'hui, Marine Le Pen, pourtant fermement opposée au mariage homosexuel, affirme que si elle arrive au pouvoir, elle ne supprimera pas le PACS.


Mais cela se fait contre une partie de l'électorat du parti d'extrême droite, représentée notamment par Bruno Gollnish, qui critique les récentes prises de position plutôt progressistes de Marine Le Pen sur la question.


 


Elle prend ici d'une certaine manière la défense des homosexuels face à des agressions qui seraient pour elle la conséquence d'une islamisation de la France. Islamisation qui aurait ainsi pour conséquence la menace des libertés individuelles, en l'occurrence la liberté d'être homosexuel.


Marine Le Pen, par cet acte, tente un appel du pied à de potentiels électeurs homos, comme c'est le cas aux Pays-Bas.


 


Malgré tout, même si Marine Le Pen fustige les agressions à caractère homophobe commises par des musulmans au nom de certaines « lois religieuses » islamiques, il ne faut pas oublier que d'autres agressions homophobes ont été perpétrées par des extrémistes catholiques proches du Front National. C'est le cas entre autres du Kiss-in de Notre Dame où de jeunes gens avaient été attaqués, attaques revendiquées par des groupuscules ultra-conservateurs catholiques.


Ces ultra-conservateurs sensibles au discours de Bruno Gollnish, membre éminent du FN, qui par ailleurs, a récemment à nouveau critiqué la présence d'homosexuels dans l'entourage de Marine Le Pen.


 


 


Ainsi, on peut se demander quel est le but de Marine Le Pen dans ce message, s'il est de prendre la défense de certains Français « menacés », ou de faire appel à une communauté dans le but d'en stigmatiser une autre.