Fin septembre, environ 200 militants ont tenté de pénétrer dans l'enceinte de l'Assemblée Nationale pour appeler la France à doubler sa contribution au Fonds mondial contre le sida, le paludisme et la tuberculose pour les 3 années à venir. Au Sud, la situation est toujours préoccupante alors que de plus en plus d'actions sont possibles.

Le calme relatif qui règne devant l'Assemblée Nationale a été brisé par l'arrivée de 200 militants de la lutte contre le sida. En quelques minutes, ils ont tenté de s'introduire dans l'enceinte de l'Assemblée Nationale à l'aide d'un échafaudage et d'échelles. Seuls 2 d'entre eux on réussi à franchir les grilles du bâtiment avant l'intervention rapide de la police. Pendant ce temps, un ballon en forme de gélule géante de 3m sur 10m marquée d'un "stop sida" survolait l'action. Les autres manifestants ont déployé une banderole "Contre le sida, le compte n'y est pas!" accompagnée de nombreuses pancartes avec plusieurs slogans pour critiquer le manque d'investissement de la politique actuelle face au sida.

Pendant près de 2h, plusieurs slogans ont résonné devant les grilles, tels que "Sida : le compte n'y est pas", "La France compte ses sous, le Sud compte ses morts", "30 millions de morts, combien de morts encore?", "Sida : les séropos veulent vivre" parmi d'autres. Un message d'autant plus fort que ce n'est pas une seule association qui a participé, mais un collectif. Etaient représentées Act Up-Paris, AIDES, Sidaction, Solidarité Sida, Coalition+ et les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence.

 

"Contre le sida, le compte n'y est pas!"

Cette action médiatique ou "stunt" a eu lieu à l'occasion de l'ouverture du sommet de l'ONU pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement à New-York. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, avertissait déjà de la baisse de l'aide aux pays pauvres cette année. Alors qu'on estime que, sur les 3 ans à venir, 20 milliards de dollards sont nécessaires pour parvenir aux objectifs mondiaux, on atteint aujourd'hui tout juste 12 milliards de dollards, ce pourquoi les associations de lutte contre le sida réclament un doublement de la contribution de la France à 1,8 milliards d'euros (soit 600 millions d'euros par an).

A l'occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida (1er décembre) l'année dernière, les associations critiquaient déjà le retard considérable pris par les pays et le non respect de leurs engagements : l'accès universel aux traitement devait être atteindre en 2010. Seuls 40% des personnes nécessitant un traitement contre le VIH/sida y ont aujourd'hui accès.

Dans un tel contexte, le seul maintien du niveau de contribution des pays riches au Fonds mondial ne peut être satisfaisant. La baisse du montant global serait simplement inacceptable. L'un des risques les plus importants de la diminution des traitements est, en dehors du fait de laisser des personnes malades sans avoir la capacité de se soigner, l'interruption de traitements en cours. Si un médicament anti-rétroviral est supprimé à une personne séropositive, il y a de forts risques pour que le vih développe des résistances à cette/ces molécules. C'est ainsi que peuvent se former des "souches multirésistantes" très difficiles à contrôler.


"Un monde sans sida, c'est possible!"

Aujourd'hui, la plupart des recherches le prouve : on a la capacité d'arrêter l'épidémie de sida d'ici 30 à 50 ans. Problème majeur, c'est qu'une volonté politique forte et affirmée est nécessaire, ce qui est loin d'être le cas. En terme d'argent, il s'agirait même d'une économie sur le long terme. Ce qu'on ne dépense pas en prévention pour limiter le nombre de transmissions du VIH est perdu ensuite en prise en charge des traitements, des hospitalisations, des orphelins du sida, ... Et plus on attend, plus ces prises en charge seront élevées.

 

A voir :

Vidéo du stunt du lundi 20/09/10 à l'Assemblée Nationale.


Stunt du 20/09/2010 à Paris: sida, le compte n'y est pas !
envoyé par AIDES-association. - L'actualité du moment en vidéo.

 

A lire :

AIDES - A l'Assemblée Nationale, la pilule passe mal

AIDES - Contre le sida, le compte n'y est pas!

Le Post - Des militants contre le sida tentent d'envahir l'Assemblée Nationale!

L'Express - Manifestants devant l'Assemblée à propos des crédits sur le sida

 

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