Une jeune fille de 16 ans nous narre courageusement son chemin vers l'acceptation de son orientation sexuelle.

Ça commence toujours comme ça. Tu es jeune, certain diront même trop. T’es paumée, t’as l’impression que t’es la seule. Tu ressens des drôles de choses, mais toi on t’a appris que ce n’était pas bien. Alors tu te tais. Tu laisses passer, tu attends. Et puis tu vas sur les forums, tu vois que tu n’es pas la seule. Tu ne postes pas, tu as peur qu’on te reconnaisse. Tu ne dis rien à personne, tu laisses des indices.

Puis un jour tu en as marre, tu as la haine. Tu dors mal, tu t’énerves pour un rien. Tu claques tout, tu hurles et tu retiens tes larmes. Parce qu’on t’a aussi appris à être grande, à ne pas être faible. Parce que tu n’es plus un enfant. Alors tu sautes un énième repas, tu allumes la télé. Tu zappes, tu trouves un film que tu ne connais pas. Tu ne comprends pas l’histoire. Mais cette fille, là, qui hurle à gros poumons, elle te fait mal. Tu pleures, enfin. Tu écris ce texte, sans savoir si tu le posteras un jour et tu décides d’être un minimum ce que tu es, au moins sur ce site.

Pourquoi ?

Toujours écrire, pour survivre. La question qui tourne, tourne et retourne de long en large, du soir au matin, de midi à minuit, dans ma tête. J’ai mis du temps. J’ai passé des nuits blanches à me torturer, comme si cela pouvait changer quelque chose. Aujourd’hui, j’ai pris un certain temps, et j’accepte. Je tombe amoureuse, aussi. Ça fait mal. Je m’en sors, quoi. Je suis comme tout le monde, avec mes peurs et mes peines, mes bonheurs et mes envies. Je commence seulement mon petit chemin d’ado homo et ce n’est que le début.

Je voudrais aussi dire, à tout les jeunes paumés comme je l’ai été et comme je le suis encore (car je suppose bien que vous n’êtes sur cette page par hasard, oui toi, là, derrière ton écran !) que rien n’est perdu. Nous sommes jeunes. Nous avons la vie devant nous et il est si facile de la perdre.

Alors même si, au moment de le dire, on a peur à en crever et qu'on a l’impression de ne plus pouvoir regarder la personne en face dans les yeux, aussi sincèrement qu’avant. Tout ces « Même si… », oublie-les. C’est tellement plus facile de vivre, après. Oui, je crois que c’est ça : on se sent vivre. Et surtout, n’oubliez pas : Les vrais amis ne jugent pas. Jamais.