Fin mai, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre les hépatites, une vingtaine de militants d’Act Up-Paris ont déposé 260 foies de porc sur le perron du ministère de la Santé, à Paris, pour symboliser les 2600 morts par an dues à l’hépatite C en France.
L’association dénonce les effets d’annonce de Roselyne Bachelot-Narquin qui masquent le manque de volonté politique du gouvernement de venir à bout de cette épidémie.





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4.400 contaminations par an, 2.600 morts par an, plus de 220.000 porteurs chroniques, dont 70 % d’usagers de drogues. La moitié ne connaissent pas leur contamination. Ce ne sont pas les chiffres du sida des années 80, mais ceux de l’hépatite C en 2010, affirme l'association pour qui à tous les stades de la prise en charge de la maladie, prévention, dépistage, traitement, l’engagement du gouvernement est insuffisant.

Pour l’association, le gouvernement doit cesser la guerre contre les usagers de drogues et développer la réduction des risques sur tout le territoire en mettant en place de nouveaux dispositifs comme des salles de consommation de drogues à moindre risque.


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Act-up Paris demande notamment au ministère de la santé de mettre le même zèle et la même somme d'argent dans la lutte contre l'hépatite C que dans la lutte contre la grippe A (près de deux milliards d'euros) car plus on attend pour dépister et traiter la maladie, plus les dommages du virus sont irréparables, plus les personnes peuvent en contaminer d’autres sans le savoir. Pourtant, 30% des centres de dépistage (CDAG) ne dépistent toujours pas l’hépatite C.

Act-up Paris souligne que cette maladie nécessite un plan d'urgence sanitaire, et ce d'autant plus qu'il y a co-infection avec le VIH. En effet, 35% des personnes vivant avec le VIH sont aussi co-infectées par une hépatite. Parmi ces personnes en danger de mort (le taux de survie d'une personne co-infectée VIH-VHC étant de 54% à un an, 40% à deux ans et 25% à 5 ans selon le Chelsea and Westminster Hospital à Londres), 75% sont exclues des essais thérapeutiques.


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Quant aux personnes précaires, celles-ci n’ont même pas droit à un appartement thérapeutique, et pourtant les personnes relevant des minimas sociaux ont une prévalence 3 fois supérieure à la population générale. Les personnes alcooliques et les prisonniers sont quant à eux 6 fois plus touchés que le reste de la population.

En Vidéo : Act-up TV