Depuis le 11 Mars jusqu'au 29 Août 2010, se tient au Petit Palais la première rétrospective en hommage au grand couturier qu'était Yves Saint Laurent.

L'aficionado de la mode et le directeur artistique que je suis n'ont pu se passer évidemment d'aller humer un peu la soie sauvage et la dentelle des 300 modèles, dessins et divers documents réunis par le Musée des Beaux Arts de Paris, avec l'aimable concours de la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent, et ceux de la non moins aimable Jacqueline, Comtesse de Ribes et de la charmante Charlotte Aillaud. 

 

Sous le Haut Patronage de Madame Carla Bruni-Sarkozy, ce qui frappe d'abord c'est le nombre incalculable de bourgeoises parisiennes (80 ans d'âge et plus, VSOP mes amis !), et respectivement selon les AOC d'autres momies de Bordeaux, Bourgogne et autres Mâconnais mâtinés de nouveaux riches chinois non moins "extra old". 

 

Étiquette respectée, Caesar's property back to Caesar, rentrons dans le vif du sujet (vif bien que l'on soupçonne la plupart des convives sortis pour l'occasion de l'aile égyptienne du Musée du Louvre). On y présente bien sûr les smoking, robe Mondrian, tailleur Van Gogh, et autres robes du soir qui ont fait de Yves Saint Laurent le couturier de renom que l'on connaît. 

Mais, au delà même de toutes ces belles étoffes noires aux noeuds roses, on en ressort avec un léger goût amer sur la langue. Au final 300 pièces choisies ça et là parmi les 4000 pièces de Haute Couture et incalculables de prêt à porter du grand Monsieur, mais aucune (si ce n'est les modèles phares et racoleurs) relevant du vrai style YSL. Le visiteur attentif peut tantôt se dire "Tiens du jean-Louis Scherrer" ou parfois reconnaître du Claude Montana, Torrente, Carven, Pierre Balmain et Philippe Venet d'époque. Rien de sensationnel donc, sinon les petits-fours du vernissage par Hediard et le Champagne gracieusement offert par sa majesté François Pinault (actuel propriétaire de YSL avec Gucci Group). 

 

On a quand même aimé entendre la Traviata par Maria Callas, et la reconstitution du bureau de Yves Saint Laurent (à voir cependant, s'il avait le livre rétrospective et hommage à Gabrielle Chanel, antisémite, raciste et collaboratrice du IIIème Reich reconnue, puis oubliée par 55 ans de marketing). On a pris plaisir à comparer Catherine Deneuve avant/après. La robe "Paris" créée à l'occasion de la sortie du parfum, pour la première fois en exposition publique. On a adoré voir qui a pompé sur Monsieur Saint Laurent, en Top Liste Jean-Paul Gaultier.

 

On a détesté voire abhorré le disque de d'Alain Chamfort en hommage à Saint Laurent, et la tenue extravagante de Diane Perney qui nous semblait avoir côtoyé Léonor Scherrer durant six mois. 

 

Ainsi un hommage en demi-teinte rendu à l'un des plus grands couturiers du XXème siècle (avec Christian Dior et Jean-Louis Scherrer), un hommage incomplet, triste et parfois superficiel. Le plus triste étant rappelons le que Messieurs Saint-Laurent et Pierre Bergé, défenseurs du socialisme, de la liberté et de la créativité pour toutes, aient perdu leur œuvre, que les bourgeoises umpistes n'ont pas manqué de s'arracher. Bonjour Tristesse.

 

Allez y, ça sera déjà ça de pris, n'allez pas voir la rétrospective de la mode aux arts décoratifs, c'est pire encore. Si vous souhaitez voir YSL, le vrai, attendez la fin de l'exposition et allez lui rendre hommage au 5 avenue Marceau.

Revenez Yves, on s'ennuie.

 

Demi-tarif 5,50 €

 

Petit Palais

Musée des Beaux-Arts de la ville de Paris

Avenue Winston Chruchill

75008 Paris

 

http://www.yslretrospective.com/