Sur l'autre continent, un jeune québécois vient de faire son coming-out, il nous narre cet événement, plein d'émotions.

Moi, Jérôme T, un simple gars de 14 ans, je dois pour la première fois de ma vie, faire face a la réalité en ce mois d'avril, il y a de cela à peine 20 minutes, ma mère attendait que je déballe tout et moi, j'attendais que ce moment soit enfin terminé, quand je me décida enfin à ouvrir la bouche ...

Depuis l'an passé, je savais que j'étais homosexuel, je m'en foutais un peu, ce qui était important pour moi, c'était d'être bien dans ma peau. Puis un jour, pendant mon secondaire 2, une vérité m'a éclaté en pleine face : j'étais amoureux de mon ami ( voir même mon meilleur ami), mais je savais déja qu'il ne voulait rien savoir des gars, lui, son truc, comme la plupart, c'était les filles, mais je gardais quand même espoir. Pendant près d'un an que j'ai gardé tout ça pour moi.

Et puis en octobre dernier, je m'en rappelle parfaitement, ce fameux ami a appris que j'étais gay bien entendu, il savait bien que quelque chose me trottait dans la tête, alors il a essayé de deviner, et quand il est tombé pile dessus, j'ai gardé le silence. Un silence qui voulait dire : "oui", tout simplement, alors il m'a regardé et m'a dit: "je m'en fous". Je croyais que ce qu'il me disait était vrai, j'ai donc gardé espoir, jusqu'au jour où il a commencé à s'éloigner, j'ai alors compris que ça ne servait à rien de continuer à l'aimer ; mais se détacher de quelqu'un est tellement plus dur que s'y attacher, bref lui et mes autres "amis" ont commencé à s'éloigner de plus en plus et même à me niaiser, en jugeant les gays, mais je gardais encore espoir.

Jusqu'au jour ou il m'a traité de fille, de "t'pas un vrai gars" et plein de conneries dans ce genre. C'est sûr ça m'a blessé, mais ça m'a plus rendu en colère qu'autre chose, alors je l'ai envoyé chier ... nous avons arrêté de nous parler pendant un bon bout de temps, et me voilà dans une nouvelle galère ... car ça c'était seulement du côté école, du côté famille, c'est bien plus dur encore. Je garde mon secret, secret, je réfléchis à ce qui va se passer, à qui le dire, quand, comment, tout ça.  Puis, j'ai décidé que ma mère serait ma confidente, c'était elle, j'étais sûr qu'elle ne me jugerait pas ou du moins qu'elle serait tout de même fière de moi, malgré ce léger différent entre le jeune homme qu'elle pensait que j'étais et celui que j'étais. Donc nous y voilà, en ce 14 avril 2010, à la suite de mon coming-out maternel si je puis dire. Voilà comment ça s'est passé : Au souper, je pensais déjà à la scène qui allait se passer ; on mange, mon père doit aller chercher ma soeur à l'école et il ne reste que ma mère et moi.

 

- Maman ?

-- Oui ! /

A-t-elle répondu d'un ton enthousiaste que j'allais gâcher quelques secondes plus tard.

- Je peux te dire de quoi?

-- Bien sûr

- Tu devrais peut-être t'asseoir.

-- C'est grave ?

- Non, tu te souviens l'autre jour, quand j'ai eu ma déprime ?

Ai-je dit le coeur battant, prêt à exploser.

-- Oui

- Ben là je suis prêt a te dire pourquoi j'ai eu ça ... bon

Moment de silence

- J'aime les gars

les larmes au yeux, ayant peur de la réaction

Encore un moment de silence.

 

Alors je me lève pour la prendre dans mes bras, en pleurant, m'excusant et tout le tralala ...

Ensuite, elle m'a dit que ce n'était pas grave, qu'elle m'aimait quand même, que je n'avais pas à avoir honte, que je devais être fier de ce que j'étais (et je le suis fier, même très) et ça c'est terminé par quelques questions ainsi qu'une série d'accolades.

Prochaine étape : mon père, mais ça risque de se passer dans fort longtemps ...