Étapes par étapes, c'est à 15 ans qu'entre problèmes de famille et dépressions passagères, je m'accepte comme je suis en remuant les souvenirs du passé.

Fidèle à chaque histoire, un 1er janvier dans la décennie des années 90, un joli p'tit bébé naquît : moi. Puis s'ensuivit la période où on ne fait pas ses nuits, les couches culottes, biberons, pleurs... Bref.

 

Vers 4ans, allez savoir pourquoi, j'ai toujours voulus avoir une poupée, peut-être parce que les filles en avaient toute une. Pourtant, j'étais plus un play-boy qu'autre chose, en maternelle, j'avais 5 amoureuses et quand ma mère me demandait pourquoi j'en avais autant, je lui répondais "Parce que si j'en perds une, y'en a encore 4 derrière !". Avec deux de mes amis, notre principale occupation à la récréation était de combattre un infâme personnage, bel et bien réel. Alors on était puni, contraints à rester calme sur un banc durant une dizaine de minutes, tous les trois séparés et à l'affût des maîtresses...

 

C'est en entrant au CP que ma voie sexuelle s'est dévoilée, Steven n'était pas proche de moi et ce n'état pas un exemple de bienfaisance mais... Il était là quand même. Puis c'est au milieu de l'année qu'une fille est arrivée. Petite, très petite. Elle était gentille et je voulais lui plaire. Mais rien n'y faisait et puis lui était toujours présent dans la classe, et dans ma tête.

 

Après le CP, je n'ai jamais revus Steven mais il m'arrive de repenser que je l'aimais, de temps à autre... Elle, elle était toujours là, mais j'avais compris que tout effort était inutile. Et puis je me suis lassé de son sourire angélique. C'est au CM1 que les idées perverses virevoltaient dans nos petites têtes. J'avais abandonné le petit dinosaure qui hanté mes nuits pour rêver d'un garçon bien plus attrayant. Cette même année, mes parents étant divorcés mon père me prenait un samedi après midi sur deux pour me déposer chez son frère... C'est là-bas que j'ai connus Jonathan, avec qui, une après midi, j'ai découvert les dessous d'un autre garçon que moi de 10ans. Ca avait l'air plus intéressant que le "minou" des filles.

 

Au CM2, j'étais considéré comme différent des autres et souvent c'était moi la tête de turc, l'objet des principales moqueries les plus bêtes possible. Heureusement, je m'étais fais des amis dans ma résidence, il y avait une "guerre" entre les deux cités. Un garçon, devenu mon meilleur ami aujourd'hui, était un espion ayant réussit à sympathisé avec les deux camps adverses. Grâce à lui j'ai fais la connaissance d'autre garçons dans le camp ennemi, 3 en tout. Du premier en passant au deuxième puis au troisième, j'ai ressentis, pour ces trois là, un certain désir que j'ai renier.

 

Au collège tout c'est amélioré. Sauf une chose qui m'avait toujours dérangé :

"Les homos ils craignent, heeeiiin !"

 

Puis arriva la 4ème ! Grand bouleversement pour moi que cette rentrée en 4ème... Je ne connaissais presque personne et pour le peu que je connaissais déjà, il n'y avait pas de bonnes affinités... Alors la première semaine fut un enfer que de rester dans son coin.

Et c'est après un cours de sport que j'entrepris une conversation avec un camarade dispensé, prenant mon courage à deux mains !

 

- « Tu connais Naruto ? »

- « Oui [...] »

 

Quelques mois plus tard j'avais pris mes marques, j’étais moins réservé, et je sortais avec une fille d'une autre 4ème, sans vraiment le vouloir. Le manège a duré 3 mois sans qu'il y ai autre chose de plus sérieux qu'un p'tit bisou sur les lèvres de la tendre "aimée". Sa meilleure amie m’attirait bien plus, mais ce n'était pas réciproque. Alors pour me faire plaisir, elle m'accorda un seul moment où j'ai eu ce que je voulais. Puis l'amour est parti, naissant et grandissant pour le camarade de la première semaine.

 

Alors j'ai surveillé tout ses faits et gestes envers moi : quand venait la guerre des chatouilles, souvent il descendait trop bas, parfois ses paroles étaient déplacées et un jour, il fit semblant de me sodomiser, après être aller à la plage avec d'autres amies. « Mais j’voulais voir si ca t'excitais ! »

Et puis les grandes vacances sont venues, je ne l'ai pas vus pendant 2 mois entiers, mais chaque soir je repensais à tout ses gestes, ses actes, ses paroles déplacés envers moi, me donnant un faux espoir. Et je ne disais rien, mais ma meilleure amie se doutait de quelque chose.

 

Encore la rentrée, cette fois là pour la 3ème. Il m'avait dit qu'on irait au collège ensemble pour l'occasion, alors j'avais ordonné à ma mère de ne pas m'emmener en voiture. Je l'ai attendus 10 minute devant les escaliers de la résidence, mais je ne voyais personne au loin, alors je suis partis seul... c'est 5 minute après mon arrivée au collège que je l'ai vus, seul. Alors, comme pour tenter de me faire pardonné, je lui ai fais signe de me rejoindre en m'exclamant « On est dans la même classe ! ».

 

L'un de ses amis d'enfance y été aussi... Les liens se sont distancés, les coups de gueules plus fréquents et la conversation bien moins enrichie qu'avant... Pourtant je l'aimais toujours autant et ça a commencé à faire mal de ne plus croire qu'un jour il se passerait quelque chose. Je me suis mis à parler à différentes personnes de cette histoire pour avoir de l'aide, mais rien.

 

Finalement, j'ai commencé à devenir dépressif certain soir, en pensant à lui. Je me suis dis que je pouvais être accepter par mes ami(e)s les plus proches et j'ai commencé à leur dire « Je... Je suis bi » et j'ai bien fais, puisque deux de ces amies m'ont beaucoup aidé (merci Sarah, merci Chloé).

Les problèmes de famille ont resurgit et dans l'entre fait, on me disait à droite à gauche « J'me branle ! », « Ca fait du bien » ou « Elle fait 15cm, je me masturbe 3 à 4 fois par jour ». Et ca à été le grand cafouillage côté scolaire aussi, apprenant la mort du paternel, même s'il ne comptait pas du tout à mes yeux, c'était malgré tout mon père. Mais même avec ça, j'ai continué de dire « Je... suis bi » au reste de mes amis, ceux-ci m'encourageant et m'aidant à remonter la pente sans vraiment le savoir.

 

Ce long récit, je l'ai écris pour peut-être aider ceux qui le liront et pour remercier ce qui m'ont aidé à m'accepter comme je suis, surtout Sarah. Merci à eux