Moi c'est Clara, 16 ans et lesbienne. Je vais vous raconter ici quelques anecdotes de mes coming-out, comment je le vis et les conclusions que j'ai pu en tirer.

 

Cela faisait plus de 3 ans que j'avais des doutes sur mon orientation sexuelle.

Collégienne je mettais ça sur le conte de l'adolescence, du fait que "à cet âge là on se cherche..." et tout ce qui va avec. J'ai même eu un copain, notre relation à duré plusieurs mois. Une relation purement platonique, ce qui n'a aujourd'hui plus rien d'étonnant car j'ai appris qu'il était gay

De mon côté les filles m'attiraient de plus en plus, je suis tombée amoureuse en seconde (une hétéro), et là je me suis rendu à l'évidence : non, je n'étais décidément pas faite pour les mecs !

Et j'ai mis plusieurs mois à pouvoir me dire en face, sans gène ni censure "je suis lesbienne et je souhaite mener une vie qui me ressemble !".

 

L'envie de pouvoir parler librement à mes amies m'a très vite poussé au coming-out, dans tous les contextes et par toutes méthodes. La première était une de mes confidentes, j'ai commencé par "je ne suis pas tout à fait hétéro", puis "oui mais c'est juste que je préfère les filles que les mecs !". Elle à posé sa main sur mon épaule et m'a dit dans les yeux "Quoi qu'il arrive on est juste amies, hein?", ça m'a fait rire, mais c'était pour moi une première délivrance. Elle ne m'a jamais jugée et je peux parler sans retenue avec elle. Rapidement d'autre CO ont suivi, par MSN, face à face, téléphone, voir même blog. J'avais écrit un article sur mon blog, mais ça a très vite dégénéré lorsque d'autres personnes que mes amies ont pris connaissance de ce journal tout sauf intime. Toutes les façons étaient bonnes pourvu qu'une occasion me soit donnée. J'ai eu le droit à de fort sympathiques réactions "c'est super que t'assume", "tu reste une super amie pour moi", "je connais d'autres lesbienne", etc. Mais il a fallu qu'une petite commère rapporte tout ça sur un blog spécial potin de mon ancien bahut, et j'avoue avoir senti des regards assez étranges sur moi. Heureusement que je devais changer d'école sinon je ne sais pas ce qui serait arrivé. Comme on ne se fait pas avoir 2 fois de suite, seules mes copines proches de mon lycée actuel sont dans la confidence.

 

Côté famille, c'est également au feeling. Mais il est encore plus difficile de se lancer, et seulement mon frère et une de mes cousines sont au courant.

J'ai la chance d'avoir une famille très ouverte, mais il n'empêche que c'est toujours un peu plus dur. Un jour mon père m'a dit "que tu me rapporte un arabe, un noir, un juif, un homme, une femme, c'est ta vie tu en fais ce que tu veux ! Par contre si tu me ramène un singe je te dirais quand même attention!", je pense qu'il a de sérieux doutes sur moi même s'il me le fait pas sentir.

Peut-être que je me jetterais à l'eau quand je ne serais plus célib, il y aurait plus de chance qu'on me prenne au sérieux.

 

Je peux dire aujourd'hui que le coming-out m'a permit de prendre un peu plus d'assurance, de pouvoir parler à mes ami(e)s sans me censurer et sans avoir à chercher une échappatoire à la fameuse question "c'est quoi ton style de mec, dis ??" et autres "c'est quand que tu nous ramène un copain?". J'ai déjà 16 coming-out derrière moi, et surement pleins d'autres à suivre.

 

Ce que je peux vous dire là-dessus ?

 

- Débutez avec une personne de confiance, et surtout lorsque vous vous sentez d'aplomb. Il faut que ce soit à peu près naturel, sinon ça peut mettre la personne mal à l'aise. Acceptez-vous vous-même avant de vous faire accepter par quelqu'un d'autre.

- Les vrais amis ne nous rejettent pas. Une copine que je croyais bornée et vielle école, a eu la meilleure réaction du monde et je réalise à quel point je me suis trompée sur son cas.

- Il ne faut pas non plus foncer à l'aveuglette, comme je l'ai fais sur mon blog. A moins d'assumer à 100% et d'être sûr(e) de soi !

- Il y 'a toujours une appréhension, même après une dizaine de CO, mais c'est a chaque fois la même délivrance.

 

Bon courage à tous ceux et celles qui hésitent à se lancer.