GAZA - L’offensive israélienne est d'une violence jamais vue depuis l'occupation des territoires palestiniens par Israël en 1967...

Or, l’opération dite «plomb durci» pourrait bien ne pas se limiter à des raids aériens. Des milliers de réservistes ont été mobilisés et des chars ont été massés à la frontière entre Israël et la bande de Gaza. Et Ehud Barack a clairement laissé entendre qu’une offensive terrestre pourrait être lancée dans les heures qui viennent. «S'il faut des bottes sur le terrain, il y en aura», a-t-il affirmé.

Le bilan humain, lui, ne cessait de s’alourdir. Dimanche en fin de journée, on comptait près de 300 morts et plus de 600 blessés. Selon le gouvernement israélien, «97% des Palestiniens tués ou blessés» appartiennent au mouvement islamiste Hamas. «Il y a eu malheureusement aussi quelques victimes civiles car il est impossible dans les conditions de densité qui règnent à Gaza d'arriver à un résultat 100%», a reconnu un porte-parole.

230 cibles du Hamas visées

Le Hamas est effectivement en ligne de mire. Au total, environ 230 cibles du mouvement islamiste ont été visées au cours des dernières 24 heures. Les avions israéliens ont également bombardé une quarantaine de tunnels entre l'Egypte et la bande de Gaza. «Ces tunnels étaient utilisés pour le trafic d'armes et d'explosifs», a déclaré un porte-parole de Tsahal.

La ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, a toutefois affirmé ce dimanche à la chaîne américaine NBC que «l'objectif n'(était) pas de réoccuper la bande de Gaza». Priée de dire s'il s'agissait alors de renverser les autorités du Hamas, elle a répondu: «Pas maintenant».

Tirs de roquettes en réplique

De leur côté, les combattants palestiniens ont poursuivi leurs tirs de roquettes sur le sud d'Israël. Environ 80 projectiles se sont abattus dimanche sur l'Etat juif, selon les services de secours israélien. Deux roquettes sont tombées près d'Ashdod, un port à une trentaine de kilomètres de la bande de Gaza, sans faire de victime.

«Israël poursuivra sa campagne jusqu'à ce que la sécurité soit rétablie dans le Sud et que la population n'ait plus à vivre dans la terreur des tirs incessants de roquettes», a déclaré Mark Regev, porte-parole du Premier ministre israélien Ehud Olmert.

Les dirigeants du Hamas ont rétorqué, appelant les groupes palestiniens à recourir «à tous les moyens disponibles, y compris l'attentat suicide, pour protéger le peuple palestinien». Le chef politique en exil du mouvement, Khaled Mechaal, a lancé de Damas un appel à une troisième «intifada» (soulèvement) contre Israël.

Les organisations humanitaires inquiètes

Les raids israéliens ont largement fait réagir en dehors des frontières, provoquant une vague de manifestations dans le monde arabe. A New York, le Conseil de sécurité de l'Onu, réuni en urgence, a exprimé dans une déclaration non contraignante sa «profonde inquiétude face à l'escalade de la situation» et appelé les deux parties à «l'arrêt immédiat de toutes les violences».

Les organisations humanitaires, elles, redoutent une crise sans précédent dans un territoire déjà exsangue, où la moitié du million et demi d'habitants est tributaire de l'aide alimentaire et où les hôpitaux manquent déjà de matériel médical.

 

Images de l'offensive