Des tests de dépistage rapide du sida, permettant de savoir en une demi-heure si on est contaminé ou pas, vont être expérimentés en France, comme l'a annoncé Roselyne Bachelot mercredi en conférence de presse. L'étude sera menée auprès d'un millier d'homosexuels par des bénévoles de l'association Aides, dans le cadre d'un programme de recherche.

Quel est le but de cette expérimentation?
L'idée est de rendre le dépistage accessible aux personnes qui pourraient passer à côté. Il s'agit d'un nouvel outil, qui a déjà reçu l'autorisation de mise sur le marché des autorités. Nous avons choisi un modèle qui utilise une goutte de sang récoltée au bout du doigt, réputé plus fiable que les tests salivaires. Aujourd'hui, seuls les personnels médicaux peuvent réaliser ce type de dépistage. Nous espérons démédicaliser la démarche. Elle sera, bien sûr, accompagnée de messages d'éducation au dépistage traditionnel.

Pourquoi n'avoir ciblé que les homosexuels?
Parce que les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes restent les plus fréquemment infectés par le VIH. Nous parions sur le fait qu'un test proposé par quelqu'un de leur communauté dans des locaux associatifs touchera un plus grand nombre de personnes qu'à l'heure actuelle. Mais il ne s'agit que d'une première phase. Dès le début de l'année 2009, deux autres opérations seront lancées en Ile-de-France, dans les services d'accueil des urgences des hôpitaux. Nous souhaitons ainsi toucher un large public, dont certains n'ont peut-être jamais eu d'offre de dépistage.

Qu'espérez-vous obtenir à la suite de ces opérations?
Dès que nous connaîtrons les résultats, que nous espérons concluants, nous les transmettrons aux autorités sanitaires. On peut envisager un assouplissement de la législation pour une utilisation plus large de ces tests. Roselyne Bachelot est partie prenante de cette expérimentation. Le ministère de la Santé a d'ailleurs participé à son financement.

 

Propos recueillis par Julien Ménielle