PARIS, 10 oct 2008 (AFP) - La 12e édition de "Existrans", la marche des personnes transsexuelles et transgenres, se tiendra samedi à Paris pour dénoncer "l’immobilisme" des pouvoirs publics sur leurs revendications.

"Nous espérons plus de 500 personnes" transsexuelles ou simplement solidaires, a déclaré à l’AFP July, porte-parole de l’association Resistrans qui organise cette manifestation.

Le parcours débutera à 14H00 au métro Belleville (19e arrondissement) pour s’achever à Beaubourg (4e).

 "Il y a onze ans que nous marchons et depuis onze ans rien n’a changé", regrettent les organisateurs dans un communiqué. "Les réponses de la France à la question trans sont l’immobilisme, les psys transphobes, le sensationnalisme des médias, le mépris", ajoutent-ils. Les personnes trans demandent notamment le retrait de leur identité de la liste des maladies mentales (comme ce fut le cas pour l’homosexualité en 1992), en sortant des classifications de l’Organisation mondiale de la Santé. En France, le suivi psychiatrique est obligatoire pour entrer dans le processus de "transition" d’un sexe vers l’autre, d’abord pour commencer une prise d’hormones puis pour décider d’une opération chirurgicale. Choisir son médecin et bénéficier d’une bonne prise en charge par la sécurité sociale des traitements hormonaux et chirurgicaux font également partie de leurs revendications. Les transsexuels demandent aussi une simplification des procédures de changement d’état civil qui nécessitent actuellement des expertises médicales pour constater les modifications corporelles, à la charge du requérant et souvent vécues comme des humiliations. La question éducative sera mise en avant cette année, dans la lignée de la Marche de Fiertés homosexuelles de juin. "Nous accueillons des jeunes qui sont soit au lycée, soit étudiants ou qui sortent tout juste du parcours éducatif : nous sommes en prise directe avec ce milieu qui peut être hostile et qui souvent inculque une norme", explique à l’AFP Alice Guéna, présidente du MAG (jeunes gays, lesbiennes et trans). "Cette norme binaire n’arrange ni les hommes, ni les femmes, même hétéros", a-t-elle fait valoir, plaidant pour "la formation des personnels médicaux, administratifs et pédagogiques aux problématiques trans".