La boisson énergisante Red Bull vient d'être autorisée en France au grand dam de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments...


L’Afssa, grande prêtresse
de la sécurité sanitaire en France, a beau dire non au Red Bull avec taurine, le ministère de
l’Economie, lui, dit oui. Un oui accordé sous la menace d’une amende de 300
millions d’euros, Dietrich Mateschitz ayant porté l’affaire devant le tribunal
administratif de Paris. Red Bull triomphant arrive donc en France d’ici au mois de juillet. Le vrai Red
Bull cette fois.


Le Red Bull entraîne des troubles


Le principal point de désaccord
portait sur le niveau de concentration de substances comme la taurine et
le D-glucuronolactone dans chaque canette, « respectivement cinq
et cinq cents fois supérieur aux doses journalières apportées par
l’alimentation »
. A coups d’études, menées sur des rats, les gardiens
du temple de l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) ont
ainsi notamment mis en évidence des risques d’« hyperactivité » ou de « comportements bizarres », liés à ce surdosage :
agitation, tachycardie et problèmes digestifs.


Red Bull, finalement, en avril
dernier, se décide à faire profil bas, et remplace son ingrédient phare, la
taurine, par un autre acide aminé, l’arginine.


Panique au gouvernement


Sauf que, derrière cette
capitulation de façade, se cache en fait un joli plan de vengeance.
Officiellement, Red Bull accepte sa défaite. Le groupe autrichien rentre dans
le rang, et prépare son arrivée sur le marché français avec son ersatz à
l’arginine, sur le mode du « tout le monde est content, faisons la paix
camarade ». Officieusement, il en va tout autrement. Une armée d’avocats
se met en branle, et le groupe, mécontent de ne pas pouvoir vendre sa boisson
normalement, dépose plusieurs plaintes devant le tribunal administratif de
Paris, réclamant 300 millions d’euros de dédommagement à l’Etat français. Au
gouvernement, c’est la panique. Par les temps qui courent, cette mauvaise
publicité en perspective n’est vraiment pas de bon augure. Et on ne parle même
pas des éventuels 300 millions à débourser en cas de condamnation. Alors,
puisque gouverner, bien plus que prévoir, c’est surtout ravaler sa fierté, le
16 mai, Christine Lagarde, ci-devant ministre de l’Economie, est envoyée au
front pour signer l’acte de reddition de la France.


Dietrich Mateschitz vient
d’obtenir l’autorisation de mise sur le marché attendue depuis 1996. La
victoire, pour lui, est totale. Sa seule concession est de faire figurer, sur
ses canettes de Red Bull, des messages d’avertissements déconseillant la
consommation de la boisson par des femmes enceintes et des enfants. Red Bull
peut donc sereinement envahir la
France, 26ème des 27 pays de l’Union européenne à succomber
devant le célèbre « Taureau rouge ». Le dernier village des
irréductibles, désormais, c’est du côté du Danemark qu’il faut aller le
chercher.


-source bakchich.info-