le syndrome de Babel

kg
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Date 27/01/2018 20:19

Voila je voulais vous parler de ce que je nommerai "le syndrome de babel" (qui ne fait pas référence au livre du même nom) et qui m'affecte terriblement donc je voulais savoir si j'étais le seul.

Ce que je nomme "syndrome de babel" c'est le fait d'être lié à une personne, vous parlez, discuter, vous vous voyez, vous êtes heureux ou heureuse en sa compagnie et visiblement cela parait réciproque. Jusqu'à là tout va bien me diriez-vous. Puis tout d'un coup sans aucune explication sans aucune embrouille entre vous, cette même personne ou vous même rompez toute communication avec cet(te) ami(e). Je parle bien sur d'ami(e)s, des gens ou vous avez vécu une amitié forte et très complice pas du gars à moitié bourré que vous aviez vu lors d'une soirée et qui était sympa juste parce qu'il avait bu ou de la boulangère/boulanger du coin qui vous as fait un sourire (par empathie). Je ne confonds pas l'empathie et l'amitié. Je voulais savoir si ça vous étiez déjà arrivé et comment gérer cela.

Voila pour ma petite histoire, il y a plus d'un an, je conversais avec un gars musicien, on se voyait, ça se passait plutôt très bien, nos liens c'était même très fortement rapproché au point qu'on dormais dans le même lit, même s'il y avait presque rien de sexuel.

Puis un jour, d'un coup, sans même s'embrouiller, il ne répondait plus à mes messages, ne décrochais plus le téléphone, faisait finalement comme si on ne s'était jamais connu finalement. Cela m'a fait très mal car je comprenais plus et surtout pourquoi.

Mais là, idem avec un "pote", un ami actuel depuis peu ils me réponds presque quasiment plus, on se voit moins et j'ai une crainte (même si il reste encore un lien tenu) que ça soit à nouveau ce que j'appelle ce "syndrome de babel". Alors bien sur on peu zappé quelques jours, semaines, c'est normal on a une vie. Là je parle des gens qui ne vous répondent plus du tout. Bien sur si j'envoyais 10 texto par jour ou même semaine ça serait très lourd mais même pas, juste de temps en temps et au début des réponses et à la fin "rien". Ben du coup j'ai compris le message, j'envoi plus rien non plus. Mais je trouve cela tellement dommage !

Aviez-vous réagi parfois avec des amis comme cela ? Du jour au lendemain plus aucune explication et "couper" les ponts sans que lui sache pourquoi ? Moi je préfère dire aux gens que je coupe les ponts, c'est peut être pas toujours sympa à entendre mais au moins, ils savent pourquoi. Je pense que c'est encore pire que de ne rien dire oui cela s'apparente au ghosting pour les personnes en couples aussi.

Pourquoi syndrome de babel ? En référence à la tour de Babel, ou les hommes s'entendaient super bien apparemment et Dieu (dans la genèse) a fait en sorte qu'ils ne se comprennent plus, parle plus la même langue.

Bouclette
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Date 29/01/2018 22:47

Je ne pense pas que disparaître de la façon que tu décris soit la même chose le fait de couper les ponts. Ghoster quelqu'un, ça n'est pas une volonté de ne pas répondre, mais une absence de volonté de répondre.

Si on y pense un peu, ne plus répondre aux sollicitations est une assez mauvaise façon de se débarrasser de quelqu'un : la personne visée ne comprend généralement pas ce qui se passe, et insiste pour avoir des explications. Dans certains cas elle cherchera tous les moyens possible d'établir la communication, ce qui est plutôt chiant et stressant.

Ce que tu nous décris, je crois que ça arrive surtout chez des gens qui ont pas beaucoup de volonté (c'est un peu mon cas :x ). On reçoit un message d'une personne pour qui on ressent pas forcément de l'hostilité, plutôt une vague indifférence, en tous cas sur le moment. Puis on se dit qu'on y répondra plus tard. Puis on n'y répond pas. Puis un autre message arrive et on se dit qu'on appellera pour donner des explications, mais plus tard parce que c'est un peu une corvée, s'excuser, tout ça... Et avec le temps, le truc grossit et il ne reste qu'une culpabilité à laquelle on repense de temps en temps, mais reprendre contact serait pas si trivial à cause de ça, faudrait s'expliquer...

Enfin voilà, à mon avis le ghosting c'est un truc qui s'installe progressivement parce qu'on n'a pas la force de l'empêcher, même si pour la personne à qui ça arrive ça paraît subit.

kg
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Date 31/01/2018 1:15

Bouclette écrit:

Je ne pense pas que disparaître de la façon que tu décris soit la même chose le fait de couper les ponts. Ghoster quelqu'un, ça n'est pas une volonté de ne pas répondre, mais une absence de volonté de répondre.

Si on y pense un peu, ne plus répondre aux sollicitations est une assez mauvaise façon de se débarrasser de quelqu'un : la personne visée ne comprend généralement pas ce qui se passe, et insiste pour avoir des explications. Dans certains cas elle cherchera tous les moyens possible d'établir la communication, ce qui est plutôt chiant et stressant.

Ce que tu nous décris, je crois que ça arrive surtout chez des gens qui ont pas beaucoup de volonté (c'est un peu mon cas :x ). On reçoit un message d'une personne pour qui on ressent pas forcément de l'hostilité, plutôt une vague indifférence, en tous cas sur le moment. Puis on se dit qu'on y répondra plus tard. Puis on n'y répond pas. Puis un autre message arrive et on se dit qu'on appellera pour donner des explications, mais plus tard parce que c'est un peu une corvée, s'excuser, tout ça... Et avec le temps, le truc grossit et il ne reste qu'une culpabilité à laquelle on repense de temps en temps, mais reprendre contact serait pas si trivial à cause de ça, faudrait s'expliquer...

Enfin voilà, à mon avis le ghosting c'est un truc qui s'installe progressivement parce qu'on n'a pas la force de l'empêcher, même si pour la personne à qui ça arrive ça paraît subit.



Je suis d'accord avec toi si comme tu le dis, on a pas plus d'attache que ça avec la personne. En effet si elle nous indiffère pourquoi répondre - même si ça serai plus loyal de lui dire qu'on a pas vraiment d'attaches avec cette personne.

Là je citais plutôt deux personnes qui s'apprécient en tout cas et finalement pour une manière inexpliquée l'une d'entre les deux vas arrêter de correspondre, va couper le contact... c'est ça que je trouve intriguant. Alors soit

d'1/ elle perd sa volonté de correspondre avec soudainement ou

2/Elle n'ose pas dire que la personne l'agace et préfère ne rien dire en fin de compte (c'est aussi une option) j'avoue avoir déjà réagi comme ça ou même si cette personne n'est pas agaçante elle est flouté parce qu'il y a plus rien à se dire ?

3/C'est une manière de remettre éternellement à demain et quand fin de compte étant gênée après un laps de temps on ose plus répondre ?

NaniOkonawareru
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Date 31/01/2018 18:30

La 2/ et la 3/ je dirais, mélangées
Et la 1 va avec (par exemple : ne plus oser dire qu'on n'a plus envie de voir la personne, pour des raisons que l'on connaît ou non - et plus particulièrement lorsqu'on ne connaît pas les raisons)
Surtout que souvent les raisons sont assez simplement qu'on n'a plus besoin de la personne pour une raison donnée, ce qui est assez inavouables car on ne doit pas agir par intérêt en amitié, puisque c'est mal vu (enfin c'est mon avis de personne qui pense qu'on fait tout par intérêt, ce qui n'est pas forcément mauvais ou quoi).

Bouclette
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Date 31/01/2018 18:54

en fait kg tu pars du principe que l'attachement est une chose à peu près constante, mais pour moi c'est quelque chose de très précaire.

En dehors de la perte d'intérêt totale et subite, qui existe mais est quelque chose d'assez rare (je crois que ça arrive quand la représentation qu'on s'est faite d'une personne est trop fragile, le conflit entre représentation et perception n'est pas viable), il y a les fluctuations habituelles.

Ces fluctuations sont d'autant plus importantes que tes désirs sont instables. Selon les personnes, la mécanique du désir est plus ou moins stable. Les envies peuvent être produites avec une parfaite régularité de forme, de quantité et d'intensité chez certains. Les différentes choses qui sortent de l'usine s'agencent bien entre elles, comme des pièces de Tetris qui forment une mosaïque compacte et homogène.
Si je me base sur mon cas ça peut aussi être extrêmement chaotique ; en général la machine est en panne et quand ça se met à tourner c'est généralement pas très fiable. Cette condition fait qu'il est très courant que j'aie envie de voir certaines personnes et pas d'autres à un moment donné. Ou envie de rien. D'où l'absence de volonté pour répondre à une sollicitation.

kg
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Date 31/01/2018 22:02

C'est une question mais ce qui me parait étrange c'est que souvent on s'en un éloignement, une distance de la personne et donc la suite logique est finalement la "rupture", réponse évasive ou manquant d'intérêt

Mais dans le cas que j'évoque c'est deux personnes qui visiblement s'entendent super bien et tout d'un coup s'en explication l'une des deux "ghoste" l'autre. Alors je sais bien que c'est très tendance actuellement. Alors merci car vous m'aviez donné des éléments de réponses, le gars musicien, en relisant, en effet je me suis rendu compte qu'il y avait un intérêt crucial derrière - amène moi là, va me chercher ça, bref l'intérêt - tout ça sous couvert d'amitié. Mais finalement n'étais-ce pas de la manipulation en fin de compte ?

Pour la seconde personne, elle m'a recontactée, on doit se revoir même ouf

Es-ce que finalement ce n'est pas plus simple en tout cas moi c'est ce que je fais, je reproche les grief à la personne que je veux plus voir et ensuite je la "ghoste"... dans ce cas précisément d'1/ elle sait pourquoi et de 2/ vexé(e) au moins elle n'essaye plus de me recontacter. En général ça marche même mieux je trouve.

Car imaginez un instant la personne que vous "ghoster" imagine (à tort mais en même temps si elle ne sait rien c'est normal) que vous n'allez pas bien et du coup fait l'effet inverse la méthode qui consiste à vous "étouffer" vous inonder d'appel, de sms, de mail (bref vous faire vivre un enfer) pour avoir une réponse.

Là par exemple, je "ghoste" une de mes soeurs (un peu soûlante malgré elle en ce moment mais je ne lui ai pas dis pour pas la vexer) du coup elle fait l'effet inverse et me soûle encore plus en appelant tout les jours quasiment. Du coup peut-être vaut-il mieux ma première méthode, lui dire et la ghoster après, non ?

Alors il y a aussi l'hypothèse de pas passer pour la personne pas "sympa, pas "cool" et du coup en disant rien on pense qu'on préserve notre aura. N'y a t-il pas de cela ?

Bouclette
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Date 31/01/2018 23:10

kg écrit:

Mais dans le cas que j'évoque c'est deux personnes qui visiblement s'entendent super bien et tout d'un coup s'en explication l'une des deux "ghoste" l'autre. Alors je sais bien que c'est très tendance actuellement.


je ne pense pas, en tous pas pas plus que n'importe quand. La seule chose qui est caractéristique de notre époque c'est qu'on dispose de beaucoup de moyens de communications, en particuliers immédiats. Plus la communication est possible et plus son échec est mis en évidence, le cas échéant. En lisant des vieux livres on voit que l'histoire de la personne qui répond plus aux lettres ou qui disparaît subitement est un truc courant.

kg écrit:

Alors merci car vous m'aviez donné des éléments de réponses, le gars musicien, en relisant, en effet je me suis rendu compte qu'il y avait un intérêt crucial derrière - amène moi là, va me chercher ça, bref l'intérêt - tout ça sous couvert d'amitié. Mais finalement n'étais-ce pas de la manipulation en fin de compte ?


Je pense que l'expression "faire les choses par intérêt" est source de confusion. Bien sûr qu'on fait les choses par intérêt, c'est même une évidence que de dire ça puisque si on n'avait pas d'intérêt pour une chose on ne la ferait pas. (l'intérêt peut être plus ou moins direct, mais même dans le cas où on fait une chose qui nous déplaît, on la fait toujours après avoir pesé le pour et le contre).

Ce qui est mal vu, ça n'est pas ça : lorsqu'on parle d'intéressement de façon négative, il y a effectivement la notion de manipulation (obtenir les choses par des moyens détournés, souvent par un chantage qui peut être implicite) et d'asymétrie (échanger de l'affection contre un service d'une autre nature). Là encore "manipulation" et "asymétrie" peuvent prendre des sens différents ; on aura vite fait de dire qu'aucune relation sociale n'est exempte de manipulation (le pouvoir est toujours présent, ça va avec l'attachement, mais ça n'est pas pour autant qu'il fait l'objet d'une économie ou qu'il y a domination) et d'asymétrie (évidemment qu'on ne désire pas chez un autre ce que l'autre désire chez nous), mais ça n'est pas du tout le sens de mon propos.

Pourquoi ça fait autant de mal d'être ignoré ? Parce que ça signifie qu'on a perdu tout pouvoir sur la personne qui ignore. Il n'y a pas de perte de pouvoir plus absolue que lorsqu'on est ignoré. Le pouvoir est une chose centrale dans les relations, je pense (le pouvoir comme capacité à amener quelqu'un à faire ce qu'on veut, et pas son abus qu'est la domination).

kg écrit:

Car imaginez un instant la personne que vous "ghoster" imagine (à tort mais en même temps si elle ne sait rien c'est normal) que vous n'allez pas bien et du coup fait l'effet inverse la méthode qui consiste à vous "étouffer" vous inonder d'appel, de sms, de mail (bref vous faire vivre un enfer) pour avoir une réponse.


Question de tempérament. Parfois c'est moins difficile de ne rien faire.

kg écrit:

Alors il y a aussi l'hypothèse de pas passer pour la personne pas "sympa, pas "cool" et du coup en disant rien on pense qu'on préserve notre aura. N'y a t-il pas de cela ?


pas exactement, je dirais. C'est juste qu'une non-action est plus facile à assumer qu'une action, enfin pour moi c'est comme ça.

kg
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Date 01/02/2018 18:04

Bouclette écrit:

je ne pense pas, en tous pas pas plus que n'importe quand. La seule chose qui est caractéristique de notre époque c'est qu'on dispose de beaucoup de moyens de communications, en particuliers immédiats. Plus la communication est possible et plus son échec est mis en évidence, le cas échéant. En lisant des vieux livres on voit que l'histoire de la personne qui répond plus aux lettres ou qui disparaît subitement est un truc courant.



C'est vrai qu'autrefois on pouvais zapper à la différence c'est qu'on ne pouvais que le supposer. La personne pouvait être morte, malade, bref d'autre paramètre rentrer en ligne de compte. Puis il y avait aussi le fait que la plupart des gens hormis leur cercle très proche famille et voisins, connaissaient peu d'autre monde. Une personne qui parait à l'autre bout de la France, bien souvent c'est comme si elle partait au couvent, les risques de la revoir était minimes - donc si elle ne répondait pas, on pouvait supposer tout simplement qu'elle était morte ou que le courrier n'était jamais arrivé.

Bouclette écrit:

Je pense que l'expression "faire les choses par intérêt" est source de confusion. Bien sûr qu'on fait les choses par intérêt, c'est même une évidence que de dire ça puisque si on n'avait pas d'intérêt pour une chose on ne la ferait pas. (l'intérêt peut être plus ou moins direct, mais même dans le cas où on fait une chose qui nous déplaît, on la fait toujours après avoir pesé le pour et le contre).

Ce qui est mal vu, ça n'est pas ça : lorsqu'on parle d'intéressement de façon négative, il y a effectivement la notion de manipulation (obtenir les choses par des moyens détournés, souvent par un chantage qui peut être implicite) et d'asymétrie (échanger de l'affection contre un service d'une autre nature). Là encore "manipulation" et "asymétrie" peuvent prendre des sens différents ; on aura vite fait de dire qu'aucune relation sociale n'est exempte de manipulation (le pouvoir est toujours présent, ça va avec l'attachement, mais ça n'est pas pour autant qu'il fait l'objet d'une économie ou qu'il y a domination) et d'asymétrie (évidemment qu'on ne désire pas chez un autre ce que l'autre désire chez nous), mais ça n'est pas du tout le sens de mon propos.

Pourquoi ça fait autant de mal d'être ignoré ? Parce que ça signifie qu'on a perdu tout pouvoir sur la personne qui ignore. Il n'y a pas de perte de pouvoir plus absolue que lorsqu'on est ignoré. Le pouvoir est une chose centrale dans les relations, je pense (le pouvoir comme capacité à amener quelqu'un à faire ce qu'on veut, et pas son abus qu'est la domination).



Certes on y retrouve tous un intérêt dans une relation y compris amicale ou amoureuse, néanmoins certaines relations sont plus ou moins ingrates. Une personne que tu aurais aidé et qui du jours au lendemain ne te réponds plus, c'est assez ingrat et j'ose dire que c'est limite de la "manipulation". D'ailleurs c'était sans doute pas de l'amitié ou alors à sens unique. Est-ce moralement éthique d'ailleurs, "d'utiliser" (ce terme lui sied très bien) une personne (parce qu'elle va être ton "taxi" ou "ta banque" ou autre trucs de ce genre et ensuite te jeter vulgairement quand elle verra que tu ne lui sera plus d'aucune utilité ?

Alors oui on peut trouver un bénéfice (un intérêt) d'être ou de voir une personne néanmoins on peut aussi apprécier d'être juste en sa compagnie.

Je parlais plus de dépendance affective, amicale que de pouvoir. Le pouvoir peut sous entendre qu'il y a une notion de domination et du coup de manipulation, même s'il y a des relations amoureuse ou amicale qui fonctionnent comme cela, mais généralement ça ne peut être que vouer à l'échec. En revanche oui il y a bien un côté asymétrique, une personne qui sera plus attaché que l'autre donc plus dépendante affectivement, amicalement mais cela peut également s'inverser dans certaines situation (tu rencontre quelqu'un tu as moins de temps, du coup c'est l'autre qui peut devenir plus "dépendant" amicalement de toi.

Comme je te disais plus haut, je mettrais ça plus sous le terme de "dépendance" affective, amicale, amoureuse... ce n'est pas forcément lié à un pouvoir ou une ascendance. On peut avoir peur d'être snobé, ignoré parce qu'on s'est mis (ou que l'autre nous a mis) dans une situation de dépendance vis à vis de lui/elle. D'ailleurs c'est plutôt celui qui est snobé/ignoré/ghosté qui est "dépendant" sinon il ne le vivrais pas cela comme un drame ou une peine. Après pourquoi le vit-on de manière si dépendante vis à vis de l'autre ? C'est bien cela qu'il faut à mon avis se libérer, peut-être en dés-idéalisant l'autre aussi.


Bouclette écrit:

Question de tempérament. Parfois c'est moins difficile de ne rien faire.


Oui c'est vrai que ne rien répondre ne demande pas d'effort particulier et ni de justification.

[...]
pas exactement, je dirais. C'est juste qu'une non-action est plus facile à assumer qu'une action, enfin pour moi c'est comme ça.



En tout cas ça permet une autre forme de relation sociale, celle qu'on appelle la méthode du sous-marin (submarining) qui consiste à ghoster la personne et revenir comme si de rien n'était style (ah désolé j'ai pas reçu ton texto ou style d'excuses à 2 balles) alors que c'est vrai que si on explique à la personne qu'on veut plus la voir, difficile de revenir après alors qu'avec le "ghosting" c'est tout a fait possible en trouvant une excuse à 2 balles et avec un peu de chance si la personne ghosté est toujours ou un peu "accro" à vous, c'est dans la poche !

Bouclette
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Date 01/02/2018 20:19

kg écrit:

Une personne que tu aurais aidé et qui du jours au lendemain ne te réponds plus, c'est assez ingrat et j'ose dire que c'est limite de la "manipulation".


C'est peut-être ingrat, mais ça n'est pas de la manipulation (même si celle-ci peut être utilisée pour obtenir l'aide dont tu parles, c'est indépendant de la rupture de contact).

Tu parles d'aider une personne. Pourquoi aider cette personne ? Je pense que répondre à cette question devrait résoudre une bonne partie des problèmes que tu poses, tout est noué ici.

kg écrit:

Est-ce moralement éthique d'ailleurs, "d'utiliser" (ce terme lui sied très bien) une personne (parce qu'elle va être ton "taxi" ou "ta banque" ou autre trucs de ce genre et ensuite te jeter vulgairement quand elle verra que tu ne lui sera plus d'aucune utilité ?


Morale, éthique, tout dépend de ce qu'on met dans ces termes, qui d'ailleurs ne veulent pas dire la même chose, à mon avis. Je pense que c'est immoral si on se réfère au "droit social" (dis-moi si je suis pas clair sur ces choses-là).

kg écrit:

Alors oui on peut trouver un bénéfice (un intérêt) d'être ou de voir une personne néanmoins on peut aussi apprécier d'être juste en sa compagnie.


n'est-ce pas alors un bénéfice ou un intérêt ?

kg écrit:

Je parlais plus de dépendance affective, amicale que de pouvoir.


Si il y a dépendance affective, alors il y a une relation de pouvoir. Si une personne A est dépendante de B, alors B a du pouvoir sur A, au sens que j'ai précisé sans mon message précédent.

kg écrit:

Le pouvoir peut sous entendre qu'il y a une notion de domination et du coup de manipulation


Non non non. Le pouvoir n'est pas l'utilisation du pouvoir, ça n'est pas non plus l'utilisation du pouvoir qui ne circule que dans un sens (domination), pas plus que ça n'est l'utilisation du pouvoir de façon masquée (manipulation).

Bon, je vais arrêter là parce que débattre du sens qu'on met dans les mots est assez peu intéressant et que j'apporte rien par rapport à ce que j'ai dit avant.

kg écrit:

En tout cas ça permet une autre forme de relation sociale, celle qu'on appelle la méthode du sous-marin (submarining) qui consiste à ghoster la personne et revenir comme si de rien n'était style (ah désolé j'ai pas reçu ton texto ou style d'excuses à 2 balles) alors que c'est vrai que si on explique à la personne qu'on veut plus la voir, difficile de revenir après alors qu'avec le "ghosting" c'est tout a fait possible en trouvant une excuse à 2 balles et avec un peu de chance si la personne ghosté est toujours ou un peu "accro" à vous, c'est dans la poche !


mouais... ça marche peut-être avec les gens qui ont peur de l'abandon
on dirait les conseils de drague des "experts en séduction", mais je vois pas trop comment on peut se satisfaire d'une relation basée sur la peur :/

kg
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Date 03/02/2018 14:16

Donc la question et je veux bien me remettre en question aussi. Est-ce finalement moi qui est un soucis dans mon lien vis à vis des autres ? Peut-être je le nie pas, que je m'investi beaucoup trop et que du coup l'autre n'a pas du tout la même approche.

Par exemple l'ex pote en question que je nommerai F, il m'appelait et me disait "je suis en panne à + de 100 km de chez toi, viens me chercher" et je ne réfléchissais que 5 secondes mais je le faisais car je me disais, si j'étais dans son cas, j'aimerai bien être dépanné/aider/...

Quand il me disait "je dois prendre l'avion à 4h du mat, accompagne moi à l'aéroport", je le faisait également. Alors oui il y avait une réelle manipulation/dépendance quelque part de ma part.

En revanche quand je lui demandais quelque chose, un service, il me faisait comprendre que ça l'embêtais et qu'il n'avais pas le temps pour ça.

Puis un jour, silence radio, plus rien, nada. En insistant un peu, un jour je lui avait dis, oui mais "l'amitié c'est aussi un minimum de solidarité" et il m'avais sorti "d'où on est ami ?, Tu t'es fais des films tout seul". J'avoue j'ai encaissé le coup mais j'ai été très mal. Comment appellerais tu cela ? En sachant qu'au tout début, il était plutôt sympa. Alors es-ce parce qu'il y avait plus le même rapport j'oserai dire "dominé"/"dominant" ? Résultat on se voit plus quasiment (bien que le quasiment est en trop)

Certaines autres histoire de "pote" que j'ai pu avoir ont été difficilement vécu. Je crois comprendre de dans ces histoires, une troisième personne (que je connais aussi) s'immisçait (que je nommerai M) et voyait peut-être mal mes relation avec mes potes/crush du moment (je les nommerai C).

Du coup j'avais l'impression que M faisaient tout pour éloigner C de moi, style ils faisaient en sorte d'inviter C mais sans m'inviter au passage. Alors oui tu me diras, ils avaient tout à fait le droit et là je suis d'accord. Mais quand c'était récurent et que surtout ils faisaient en sorte que C m'invite peu ou que si C m'invitait, ils se trouvaient là comme par hasard...

Et j'ai peur que ces histoires se répètent. Du coup étant mal et ne sachant que faire (parce que les C eux, ne voient et voyaient pas du tout ces "petits manèges". Donc résultat, je m'isole du coup... es-ce le meilleur moyen ou pas? Je n'en sais rien). Alors oui j'ai peur de l'abandon et je déteste l'exclusion (peut-être parce que j'ai vécu les 2) et que du coup dans ces cas précis quand ça m'arrive, j'aurai tendance à m'isoler seul et ne voir personne.

raphg81
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Date 03/02/2018 19:37

J'ai vécu plus d'une fois cette situation... Je cherche encore des réponses.

kg
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Date 03/02/2018 21:10

raphg81 écrit:

J'ai vécu plus d'une fois cette situation... Je cherche encore des réponses.



Je suis désolé pour toi que tu es dû également à vivre ça, mais le fait que je ne sois pas le seul me fait sentir un peu moins différent car peut-être tu peux me donner quelques pistes, si tu le veux bien sur.

De manière métaphorique je suis pris en étau à l'intérieur de moi-même entre le feu et la glace. J'aurai envie plus que tout de revoir mes potes, nouer une solide amitié encore plus fort avec certain (amitié quasi amoureuse pour d'autres) et en même temps je me l'interdit et je m'interdit toute vie sociale, comme une forme de blocage qui me paralyse. Je sais pas si je me fais comprendre facilement mais quelque part il y a une dualité entre désir de sortir voir ses ami(e)s et blocage qui finalement m'astreint à rester seul chez moi mais pas d'une manière paisible.

Après le fait que M puisse (je met cela au conditionnel bien sur*) fasse "barrage", du coup ça m'isole encore plus. *Je mets au conditionnel car il ne m'a jamais dis (M) "je t'interdis d'approcher de "C" (dans la vraie vie ça se passe rarement comme ça) mais j'ai l'impression que l'attitude de M a changé à mon égard. Avant, il m'appelait et m'inviter comme les autres, là j'ai l'impression d'être de trop (enfin je le ressens comme ça). Et du coup que dit-ils aux autres ? leur dit-il qu'il doivent me laisser tranquille ou que ne sais-je ? En tout cas, les autres curieusement doivent suivre l'avis de M car j'ai pas plus de nouvelles que ça.

Ou alors, il est possible aussi (comme d'autres amis) qu'ils se disent, après tout, c'est son problème pas le notre. Es-ce que la notion du "chacun" pour soi prime également dans l'amitié ?

Bouclette
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Date 04/02/2018 13:18

OK, donc tu as aidé F parce que tu aurais aimé que, te trouvant dans la même situation on vienne t'aider. D'accord, ça se tient. Tu l'as fait par empathie quoi, et l'alternative aurait été de ne pas le faire et alors ressentir une certaine tristesse, ou malaise. Si cela t'emmerdait sur le moment, tu as choisi en jugeant que perdre de ton temps était moins pire que ressentir de la culpabilité.
Donc pour résumer, tu as agi en fonction de ce qui était bon pour toi (ou le moins mauvais dans le cas où t'aurais bien aimé ne pas aider).

Bon, maintenant, autre possibilité (qui en fait ne s'oppose pas à la première). Tu as agi de la sorte en faisant un pari sur l'avenir (l'empathie est une fonction biologique, on peut raisonnablement penser qu'elle favorise la survie de l'espèce en inclinant à la coopération plus qu'à la compétition ; elle nous pousse à choisir les comportements qui nous assureront l'aide des individus eux aussi dotés de cette fonction). En étant gentil avec F, tu t'attendais à ce qu'il le soit également avec toi. Donc tu as agi en choisissant ce qui avait le plus de chances d'être bon pour toi. C'est un calcul de probabilité, quoi.
Et F n'a pas été gentil en retour. Sauf qu'au moment où tu as pris la décision, tu ne pouvais pas savoir ce qui allait se passer. Voilà, c'est dommage... Mais c'était quand même la bonne décision compte-tenu des infos dont tu disposais à ce moment.

Je ne vois pas trop quoi dire de plus. Mon impression, c'est que tu viens nous raconter tout ça pour obtenir un jugement. Tu demandes même, dans un message précédent si l'attitude de F n'est pas immorale. Je pense que ça résume tout un état d'esprit en fait, et celui-ci n'est pas bon pour toi (enfin c'est mon avis).
En gros, ta vision des choses, c'est : le bien et le mal, un jugement transcendant pour différencier les deux, et la vie est un combat permanent entre le bien et l'intérêt personnel. Voilà ça c'est la morale et moi je dis c'est nul ça me fait chier j'y crois pas.
Quand on on choisit la morale, en vrai, si on creuse au fond de soi, on se rend compte qu'on espère une vengeance. On vit dans le ressentiment (oh la la moi je suis gentil et les autres sont méchants). C'est une morale d'esclave, pour citer Nietzsche, et c'est super triste de vivre comme-ça, je trouve.

Tout ce que je dis là n'est pas en rapport direct avec ton problème, enfin ça me paraît important de passer par là...


kg écrit:

Et j'ai peur que ces histoires se répètent.


Dans une certaine mesure, c'est assez probable que ça se répète. Des gens vont t'abandonner, certains après avoir abusé de toi. C'est comme ça pour presque tout le monde. Et c'est normal d'être triste quand ça arrive.

Maintenant il y a une chose sur laquelle tu peux agir : arrêter de faire les choses par dolorisme.
- Quand tu aides des gens, ne le fais pas pour faire le bien (sauf si tu penses que ça te fera aller au Paradis et que les méchants iront en Enfer). Tu le fais parce que c'est bon pour toi et c'est tout. Enfin par exemple, passer un moment de galère avec quelqu'un ça peut être cool, je trouve ! Si ça te fais chier d'aider les gens et que ça ne t'apporte rien, ne les aide pas !
- Si tu t'exclues tout seul d'un cercle d'amis sous prétexte qu'il y a quelqu'un dans ce groupe qui ne t'aime pas (et réciproquement), oui, tu seras souvent tout seul, et ensuite tu pourras te plaindre en disant que tu es exclu, ce qui n'est quand même pas très satisfaisant. Alors, oui, l'exclusion existe, c'est quelque chose de très courant et je ne suis pas en train de dire que les gens qui en souffrent l'ont bien cherché, etc. Je dis que pour le cas dont tu parles, ça n'est probablement pas une bonne idée de prendre les devants et de s'exclure soi-même.

kg
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Date 04/02/2018 14:23

Bouclette écrit:

OK, donc tu as aidé F parce que tu aurais aimé que, te trouvant dans la même situation on vienne t'aider. D'accord, ça se tient. Tu l'as fait par empathie quoi, et l'alternative aurait été de ne pas le faire et alors ressentir une certaine tristesse, ou malaise. Si cela t'emmerdait sur le moment, tu as choisi en jugeant que perdre de ton temps était moins pire que ressentir de la culpabilité.
Donc pour résumer, tu as agi en fonction de ce qui était bon pour toi (ou le moins mauvais dans le cas où t'aurais bien aimé ne pas aider).

Bon, maintenant, autre possibilité (qui en fait ne s'oppose pas à la première). Tu as agi de la sorte en faisant un pari sur l'avenir (l'empathie est une fonction biologique, on peut raisonnablement penser qu'elle favorise la survie de l'espèce en inclinant à la coopération plus qu'à la compétition ; elle nous pousse à choisir les comportements qui nous assureront l'aide des individus eux aussi dotés de cette fonction). En étant gentil avec F, tu t'attendais à ce qu'il le soit également avec toi. Donc tu as agi en choisissant ce qui avait le plus de chances d'être bon pour toi. C'est un calcul de probabilité, quoi.
Et F n'a pas été gentil en retour. Sauf qu'au moment où tu as pris la décision, tu ne pouvais pas savoir ce qui allait se passer. Voilà, c'est dommage... Mais c'était quand même la bonne décision compte-tenu des infos dont tu disposais à ce moment.

Je ne vois pas trop quoi dire de plus. Mon impression, c'est que tu viens nous raconter tout ça pour obtenir un jugement. Tu demandes même, dans un message précédent si l'attitude de F n'est pas immorale. Je pense que ça résume tout un état d'esprit en fait, et celui-ci n'est pas bon pour toi (enfin c'est mon avis).
En gros, ta vision des choses, c'est : le bien et le mal, un jugement transcendant pour différencier les deux, et la vie est un combat permanent entre le bien et l'intérêt personnel. Voilà ça c'est la morale et moi je dis c'est nul ça me fait chier j'y crois pas.
Quand on on choisit la morale, en vrai, si on creuse au fond de soi, on se rend compte qu'on espère une vengeance. On vit dans le ressentiment (oh la la moi je suis gentil et les autres sont méchants). C'est une morale d'esclave, pour citer Nietzsche, et c'est super triste de vivre comme-ça, je trouve.

Tout ce que je dis là n'est pas en rapport direct avec ton problème, enfin ça me paraît important de passer par là...


kg écrit:

Et j'ai peur que ces histoires se répètent.


Dans une certaine mesure, c'est assez probable que ça se répète. Des gens vont t'abandonner, certains après avoir abusé de toi. C'est comme ça pour presque tout le monde. Et c'est normal d'être triste quand ça arrive.

Maintenant il y a une chose sur laquelle tu peux agir : arrêter de faire les choses par dolorisme.
- Quand tu aides des gens, ne le fais pas pour faire le bien (sauf si tu penses que ça te fera aller au Paradis et que les méchants iront en Enfer). Tu le fais parce que c'est bon pour toi et c'est tout. Enfin par exemple, passer un moment de galère avec quelqu'un ça peut être cool, je trouve ! Si ça te fais chier d'aider les gens et que ça ne t'apporte rien, ne les aide pas !
- Si tu t'exclues tout seul d'un cercle d'amis sous prétexte qu'il y a quelqu'un dans ce groupe qui ne t'aime pas (et réciproquement), oui, tu seras souvent tout seul, et ensuite tu pourras te plaindre en disant que tu es exclu, ce qui n'est quand même pas très satisfaisant. Alors, oui, l'exclusion existe, c'est quelque chose de très courant et je ne suis pas en train de dire que les gens qui en souffrent l'ont bien cherché, etc. Je dis que pour le cas dont tu parles, ça n'est probablement pas une bonne idée de prendre les devants et de s'exclure soi-même.



C'est vrai tout n'est pas faut dans ce que tu dis, il y a même de la perspicacité. Néanmoins non, je ne me vois pas comme le super gentil et les autres très méchants. J'ai pas cette vision si manichéenne des choses. Alors oui, ça me parait un peu humain que quand tu t'investi pour quelqu'un tu imagine un retour d'ascenseur. La religion elle prône plutôt de donner sans rien attendre en retour. Donc non, je ne me dis pas "tiens j'ai fais une B.A donc je vais pouvoir l'échanger en bon point pour une place au paradis". Je n'espère pas non plus une vengeance, ni quoi que ce soit contre F ou contre quiconque d'ailleurs. Non je suis conscient qu'ils ont leur liberté de dire oui, de dire non, de vouloir ou de ne pas vouloir.

C'est juste que je le vis mal et je le dis bien - malgré moi. Disons que ça génère un mal être profond. Ce n'est, dans ces moments là, pas eux que j'incrimine mais plutôt moi, paradoxalement. Je me dis que c'est sans doute moi qui est fait pas comme il faut ou alors que peut-être je les "agacent" tout simplement. En quoi ? Je ne le sais pas, ils ne me l'ont pas dis et du coup dans ma logique, je me dis que c'est sans doute mieux pour eux que je m'exclu... mais eux aussi d'une certaine façon.

Je m'explique, à moins que je sois totalement un ovni, logiquement si tu as une amitié avec une personne et que tu n'as plus de ses nouvelles, à un moment, tu vas quand même essayer de la contacter par un moyen ou un autre. Et il me semble que si tu ne le fais pas c'est que tu ne considérais pas cette personne comme amicale et qu'en fin de comptes tu en avait un peu rien à foutre.

Alors je veux bien comprendre qu'on me dise "qu'es-ce qu'il nous fait ch** avec son histoire" mais je me dis finalement que sur un forum assez anonymes, les personnes répondent aux sujets dont ils envient de répondre. Soit parce qu'ils pensent connaitre un peu le problème, ont vécu des choses similaires ou par empathie. Quand à ceux qui "zappent" le sujet, ce n'est pas qu'ils sont antipathiques, loin de là, c'est juste qu'ils ne s'en sentent pas concerné ou qu'ils ne sauraient quoi répondre par manque de moyens ou d'informations.

Je rassure (ou pas) tout le monde, en temps "normal" je suis plutôt positif il me semble, plutôt gai (gays aussi) mais bien souvent, c'est la réflexion que je me faisait il y a quelque chose d'assez irréconciliable entre ceux qui sont "heureux" et ceux qui sont "déprimés".

Le "bonheur" indifférent les gens déprimés, qui sont pas ou moins bien et dans ce cadre là, le noir est leur seul pigment de vie. Ceux qui sont "heureux" sont agacés/saoulés par les gens qui sont pas très bien dans leur peau et pour eux, leur vie haute et en couleur, ne leur permet pas de converser de trop avec ceux qui broient du noir. Sauf qu'on peut être tous touché par un passage à vide, c'est un peu ce qu'on a tendance à penser quand tout va bien...

Bouclette
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Date 05/02/2018 19:41

kg écrit:

Alors je veux bien comprendre qu'on me dise "qu'es-ce qu'il nous fait ch** avec son histoire" mais je me dis finalement que sur un forum assez anonymes, les personnes répondent aux sujets dont ils envient de répondre.


Tout à fait ! Moi si je réponds c'est que ça me fait plaisir de répondre, hein :)

kg écrit:

il y a quelque chose d'assez irréconciliable entre ceux qui sont "heureux" et ceux qui sont "déprimés".


C'est intéressant ça. Je ne prétends pas répondre définitivement, mais je vais donner mon avis. Je pense moi aussi qu'il y a des gens qui vivent par la tristesse et d'autres qui vivent par la joie, effectivement (et attention, je ne dis pas que cette attitude est constante au long de la vie).

Ce n'est pas que les tristes sont toujours tristes et les joyeux toujours joyeux, bien sûr, en vrai ça fait toujours un zigzag, c'est pas ça l'important. Les gens qui vivent par la tristesse (je pense que tu as fait le lien avec ce que je disais dans mon post du dessus sur la morale, le dolorisme, etc) connaissent bien sûr des joies, mais ces joies sont dérivées de la tristesse. ce sont des compensations, si tu veux. En gros, ces joies arrivent lorsque l'on est débarrassé d'une cause de tristesse. Mais c'est affreux ! Enfin, c'est dommage, quoi...

Ce qui est irréconciliable, à mon avis, c'est précisément ça : les joies qui arrivent par l'existence positive d'un événement, et les joies dérivées, les joies tristes. On peut pas choisir d'éviter certaines tristesses (enfin jsp, quelqu'un que tu aimes meurt, ben t'es triste, c'est normal, on peut aussi être dépressif et là la tristesse vient de ton corps), c'est pas ça qui fait la distinction (bon, on peut se rouler dans cette tristesse et s'en foutre partout, si on veut). Le truc c'est que des gens qui choisissent les choses bonnes pour obtenir de la joie ne peuvent pas trouver d'intérêt chez ceux qui choisissent les joies tristes puisque pour obtenir des joies tristes il faut introduire des mauvaises choses préalablement.

Pour l'instant ça paraît abstrait, donc je vais donner un exemple. Prenons la jalousie. Les gens jaloux sont une assez bonne illustration de ce que je dis, c'est très bien ça. Pense à une personne jalouse J qui sort à une soirée avec un⋅e amoureu⋅x⋅se K. K attire l'attention parce qu'il danse bien, est intéressant, tout ça. Là, J va ressentir de la haine, il se sent rabaissé et va faire la gueule toute la soirée. Il va faire en sorte de partir tôt pour bien gâcher la soirée, puis va être désagréable avec K, etc. Le seul truc qui va lui faire du bien, c'est la suppression de sa haine, autrement dit, ses petites joies, il ne peut les obtenir qu'à condition que K s'embarque dans son mode de vie triste. Soit K est complice, soit K se casse vite fait.

C'est un exemple extrême (même si faut bien reconnaître que la grosse majorité des gens préfère vivre comme ça plutôt que de se débarrasser de la jalousie), c'est vrai, mais on peut trouver plein d'autres illustrations où il n'y a pas de méchanceté, ça peut être juste le fait de tirer une satisfaction de la pitié qu'on suscite chez les autres.

Quand on vit comme ça, on a besoin d'imposer la tristesse autour de soi, car c'est comme ça qu'on établit son pouvoir sur les gens : les relations sont construites sur la base de la possibilité d'un manque (par ex, le jaloux trouve la plus grande satisfaction en pensant que la personne qu'il aime serait triste si il la quittait, ce qui explique pourquoi il voit comme une menace le fait que l'autre puisse avoir de plaisir autrement, car ça diminue son pouvoir). Et ça, c'est vraiment immonde.

Voilà ce qui est irréconciliable.

kg
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Date 05/02/2018 23:17

Bouclette écrit:
kg écrit:

Alors je veux bien comprendre qu'on me dise "qu'es-ce qu'il nous fait ch** avec son histoire" mais je me dis finalement que sur un forum assez anonymes, les personnes répondent aux sujets dont ils envient de répondre.


Tout à fait ! Moi si je réponds c'est que ça me fait plaisir de répondre, hein

kg écrit:

il y a quelque chose d'assez irréconciliable entre ceux qui sont "heureux" et ceux qui sont "déprimés".


C'est intéressant ça. Je ne prétends pas répondre définitivement, mais je vais donner mon avis. Je pense moi aussi qu'il y a des gens qui vivent par la tristesse et d'autres qui vivent par la joie, effectivement (et attention, je ne dis pas que cette attitude est constante au long de la vie).

Ce n'est pas que les tristes sont toujours tristes et les joyeux toujours joyeux, bien sûr, en vrai ça fait toujours un zigzag, c'est pas ça l'important. Les gens qui vivent par la tristesse (je pense que tu as fait le lien avec ce que je disais dans mon post du dessus sur la morale, le dolorisme, etc) connaissent bien sûr des joies, mais ces joies sont dérivées de la tristesse. ce sont des compensations, si tu veux. En gros, ces joies arrivent lorsque l'on est débarrassé d'une cause de tristesse. Mais c'est affreux ! Enfin, c'est dommage, quoi...

Ce qui est irréconciliable, à mon avis, c'est précisément ça : les joies qui arrivent par l'existence positive d'un événement, et les joies dérivées, les joies tristes. On peut pas choisir d'éviter certaines tristesses (enfin jsp, quelqu'un que tu aimes meurt, ben t'es triste, c'est normal, on peut aussi être dépressif et là la tristesse vient de ton corps), c'est pas ça qui fait la distinction (bon, on peut se rouler dans cette tristesse et s'en foutre partout, si on veut). Le truc c'est que des gens qui choisissent les choses bonnes pour obtenir de la joie ne peuvent pas trouver d'intérêt chez ceux qui choisissent les joies tristes puisque pour obtenir des joies tristes il faut introduire des mauvaises choses préalablement.

Pour l'instant ça paraît abstrait, donc je vais donner un exemple. Prenons la jalousie. Les gens jaloux sont une assez bonne illustration de ce que je dis, c'est très bien ça. Pense à une personne jalouse J qui sort à une soirée avec un⋅e amoureu⋅x⋅se K. K attire l'attention parce qu'il danse bien, est intéressant, tout ça. Là, J va ressentir de la haine, il se sent rabaissé et va faire la gueule toute la soirée. Il va faire en sorte de partir tôt pour bien gâcher la soirée, puis va être désagréable avec K, etc. Le seul truc qui va lui faire du bien, c'est la suppression de sa haine, autrement dit, ses petites joies, il ne peut les obtenir qu'à condition que K s'embarque dans son mode de vie triste. Soit K est complice, soit K se casse vite fait.

C'est un exemple extrême (même si faut bien reconnaître que la grosse majorité des gens préfère vivre comme ça plutôt que de se débarrasser de la jalousie), c'est vrai, mais on peut trouver plein d'autres illustrations où il n'y a pas de méchanceté, ça peut être juste le fait de tirer une satisfaction de la pitié qu'on suscite chez les autres.

Quand on vit comme ça, on a besoin d'imposer la tristesse autour de soi, car c'est comme ça qu'on établit son pouvoir sur les gens : les relations sont construites sur la base de la possibilité d'un manque (par ex, le jaloux trouve la plus grande satisfaction en pensant que la personne qu'il aime serait triste si il la quittait, ce qui explique pourquoi il voit comme une menace le fait que l'autre puisse avoir de plaisir autrement, car ça diminue son pouvoir). Et ça, c'est vraiment immonde.

Voilà ce qui est irréconciliable.



Belle illustration !

Alors les gens tristes qui sont toujours tristes, en effet, là c'est davantage pathologique et de l'ordre psy. Alors c'est vrai que ces gens là, souvent, généralement, sont pas très intégré par ceux qui s'estiment sans soucis (je dis ça parce que souvent on peut se dire "moi jamais", et hop ça nous attrape au détour d'un événement qu'on pensait surmonter et que finalement l'alchimie du cerveau ne marche pas comme on voudrait), parce qu'elles font "peur" (n'ayons pas peur des mots) peur dans le sens ou les personnes ne savent pas comment les rendre "heureux" puisqu'ils sont toujours tristes et aussi parce que c'est saoulant une personne qui ressasse toujours ses problèmes et ne voit pas le côté positif. Alors c'est une vrai question ? Comment peut on concilier ses "deux" camps sans que ça saoule l'autre et qu'il est l'impression de faire constamment sa B.A et sans non plus que le "camps" des personnes déprimés se sentent pour autant délaissé. Je pense que tout peut se jouer dans la conciliation finalement, si le déprimé accepte de jouer le jeu de moins se plaindre ou de s'abstenir un peu plus et le "camps" des heureux d'intégrer plus sans condescendance ou pitié.

Tu parlais d'un exemple entre K et J. J par exemple pourrait essayer de surmonter sa jalousie (et il y en a qui le font) en acceptant que les regards soit plus posé sur K que sur J. Puis à J de surprendre peut-être aussi.

Je parlais davantage quand c'est une personne en l'occurrence moi qui peut vivre un "passage à vide" passager (en tout cas je l'espère). Car en général je ne pense pas (sauf si on me ment ou qu'on fait semblant) être un "boulet". Mais même là, je trouve étonnant que tout mes potes "silence radio" alors qu'au contraire, ils devraient prendre plus de nouvelles pour "stimuler" et titiller la "joie".

Et là étonnamment (à croire qu'ils se sont donner le mot) depuis quelques jours, pas un coup de fil, ni sms, bref le désert. Alors est-ce qu'au delà peut être que c'est une situation qui les met mal à l'aise. Pourtant juste un sms "comment ça va?" ou proposer un truc (si je me sens je viens ou je viens pas) ça ne mange pas de pain,si ?

Après sans être hypocrite, on souhaite tous il me semble que si on quitte quelqu'un ça lui fasse quand même un peu quelque chose (sans pousser des cris d'orfraie) sinon on pourrait avoir un petit doute sur la personne avec qui on était en couple. Pareil si une personne te manque c'est que tu l'apprécie un minimum. Par exemple moi si j'invite des personnes et que certaines d'entre elles sont pas là, ça me manquera un peu après ça n'empêche pas de continuer sa vie etc... le manque pour moi vient plutôt de l'interaction que tu crée avec l'autre. Si une personne ne me manque pas, c'est que en quelque sorte, je m'en fous et si je m'en fou c'est que je ne l'aime pas - je la déteste pas non plus, c'est juste qu'elle m'indiffère.

Après j'avoue, là ou c'est "tordu" de ma part, c'est que je me "met à l'écart" et en même temps j'aimerai que je manque quand même un peu au gens (enfin aux amis). Je pars du principe que si je leur "manque pas" ne serait-ce un petit peu, c'est qu'en fin de compte ils en ont rien à foutre.

Bouclette
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Date 07/02/2018 13:52

En fait mon dernier post était pas clair : je l'ai amené comme réponse à un truc que tu disais mais j'ai fait du hors-sujet, et ça a créé une confusion. Et aussi, avec le recul, le ton que j'ai employé ne me plaît pas beaucoup (quand je dis "c'est vraiment immonde", c'est un jugement et je voudrais justement échapper au jugement).

Enfin, pour faire vite : être déprimé et vivre par la tristesse, ce sont deux choses indépendantes.

c'est ça, vivre par la tristesse:

kg écrit:

j'aimerai que je manque quand même un peu au gens (enfin aux amis).


On peut très bien avoir des joies avec cette doctrine, moi aussi ça m'arrive, mais ce sont des joies de petite qualité, quoi, faut échapper à ça...

kg
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Date 07/02/2018 15:44

Bouclette écrit:

En fait mon dernier post était pas clair : je l'ai amené comme réponse à un truc que tu disais mais j'ai fait du hors-sujet, et ça a créé une confusion. Et aussi, avec le recul, le ton que j'ai employé ne me plaît pas beaucoup (quand je dis "c'est vraiment immonde", c'est un jugement et je voudrais justement échapper au jugement).

Enfin, pour faire vite : être déprimé et vivre par la tristesse, ce sont deux choses indépendantes.

c'est ça, vivre par la tristesse:

kg écrit:

j'aimerai que je manque quand même un peu au gens (enfin aux amis).


On peut très bien avoir des joies avec cette doctrine, moi aussi ça m'arrive, mais ce sont des sales petites joies, quoi, faut échapper à ça...



Je te l'accorde ce n'est pas un idéal, mais pourtant ça me parait si humain. Enfin tout dépend ce qu'on y recherche, en effet si la "souffrance" de l'absence d'une personne procure chez elle une satisfaction, c'est du sadisme. Non ce n'est pas comme ça que je le voyais. J'espérais juste "compter" pour eux. Par exemple quand une personne tient à toi un tant soi peut, elle t'appelle, t'envoi un texto, un mail et bien entendu à toi personnellement même si c'est un "ça va ?" Pour moi, l'amitié c'est pas simplement un idéal éloigné, mais c'est aussi concret. Quelqu'un qui se dirait "ami" avec moi mais qui ne prendrais jamais de mes nouvelles, je considère pas cela comme une amitié. Avoir de l'empathie pour une personne ne veut pas dire que tu noues un lien d'amitié, je fais le distingo. Par contre l'amitié implique quand même certains choses.

Quand un ami va moins bien ou est malade, il me semble que la logique veut qu'à un moment on prends de ses nouvelles, qu'on ailles le voir ou qu'on l'invite (si possible) enfin d'après ma logique. Alors bien sur ce n'est pas une chose obligé, tu me diras, mais a un moment c'est juste être en accord avec ses actes.

Par exemple pour reprendre l'exemple de F qui voulait pas me rendre service en retour, certes ça m'a blessé et fait mal mais c'était en accord avec ce qu'elle disait " tu n'es pas ton ami"...Donc du coup, en effet d'où m'aurait-elle rendu service (ou renvoyer "l'ascenseur". Elle pouvait et elle avait été empathique au début, ça n'en faisait pas pour elle une relation d'amitié. C'est juste moi qui me suis laissé désillusionner.

Pour le groupe d'amis, c'est différent. Enfin moi je les considère comme tel mais peut-être que eux, au final non. Ce que je trouve dommage dans l'histoire, ce sont les non dit, d'ou mon fameux "syndrome de babel". Je préfère qu'on me dise quelque chose et même s'ils ne me considèrent pas comme un "ami" qu'ils me le disent tout simplement, nous te considérons pas comme un ami ou un pote. Certes ça fera mal (en tout cas pour moi puisque si c'était ce cas là, je serai à nouveau désillusionné) mais au moins ça sera clair.

Alors bien sur, je peux très bien faire "le boulet" est leur poser la question jusqu'à ce que j'ai une réponse, ce que j'avoue n'est pas du tout mon style. Mais quelque part, ça va si bien avec un monde si "hypocrite" et "fuyant" finalement. On préfère le "silence" à la confrontation. C'est disons dans l'air du temps de ne jamais dire "non" du coup en mettant des silences on suppose que l'autre va comprendre que c'est non. Alors certes il le comprend ou finit par le comprendre, mais dans l'incompréhension (Pourquoi ? Qu'ai-je fait ? Qu'es-ce qu'il s'est passé ?)

Je dis ça, mais j'ai user de cette forme de "ghosting" avec un ancien pote, je ne répondais plus. Sauf qu'il a insisté, insisté (très lourdement) et j'ai fini par lui dire que je ne voulais plus le voir (je lui ai donné mes raisons). Du coup, on ne se voit plus mais au moins il sait pourquoi ! De plus ayant sans doute été vexé, je pense qu'il n'est pas prêt de reprendre contact (quelque part, c'est plus efficace). Alors on peut me dire "oui mais c'est méchant" (peut-être que je l'ai blessé au fond) mais je trouve que c'est plus méchant de ne rien dire car comme dit Mahomet "le silence est le meilleur des mépris" du coup "un silence" c'est comme si on me méprisait !

 
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