Petite tranche de vie d'un jeune de 18 ans 2° page

ane-o-nyme
Photo
Date 01/09/2016 19:30

(Merci à tous pour vos messages ... non je n'ai jamais plus eu de nouvelle de X. )

Salut à toutes et tous, je reviens vers vous. J'ai eu mon rdv aujourd'hui à l'hôpital. Je vais donc vous raconter ma petite journée.
Si je raconte mon parcours c'est peut-être un petit peu pour que chacun voit le cheminement de la chose et que si un jour il devait se retrouver dans ma situation il sache en gros à quoi s'attendre.

Tout d'abord je me suis rendu en début d'après midi au laboratoire de l'hôpital pour une prise de sang. Et là, choc, plus aucune forme d'anonymat. Mon nom est demandé, carte vitale etc etc… On me demande finalement de passer en radiologie pour une radio des poumons et ensuite de repasser le soir à 17h pour mon rdv avec l'infectiologue qui me recevra.



16h50, je suis dans le service, c'est assez sympathique (ironie). L'ambiance n'est pas austère du tout. Je suis passé devant une secrétaire accueillante mais professionnelle. Remplissage de papiers, carte vitale etc. Elle me fait remplir un formulaire pour l'ALD (Affection longue durée - protocole de soin).
Cela a tendance à m'inquiéter légèrement car j'ai peur de recevoir des papiers concernant cette ALD. Elle me confirme que non et que je peux indiquer une boite postale (drôle d'idée) ou une autre adresse de confiance. Je choisis finalement l'adresse de la personne qui m'accompagne.
Je retourne en salle d'attente. Beaucoup de poster de prévention, des dépliants etc, des cartes de visites de psychologues pour me permettre éventuellement d'entamer un suivi.



17h05 (au moins plus ponctuel que le médecin qui m'a annoncé ma séropositivité), je suis reçu par le médecin. Alors non ce n'est pas un infectiologue, ni un virologue (il n'y a Allomat, pour ton information aucun virologue dans le service), mais un médecin généraliste affecté au service de consultation VIH. Il me reçoit, il est vraiment à l'écoute et aidant, me rassure et me dit que je n'ai commis aucune faute sinon de ne pas « avoir su quoi faire à ce moment-là » pour reprendre ses propres mots. Il m'a expliqué qu'il n'y a pas de manière type de faire et que la prévention en France est malheureusement catastrophique, surtout auprès des jeunes populations.

Le médecin aborde ensuite l'analyse de mes résultats biologiques sanguins. Malheureusement pour moi ma charge virale est assez élevée, le médecin soupçonne donc bel et bien une contamination volontaire par un malade non soigné. Il m'annonce cependant que la souche de VIH que j'ai en moi n'est pas trop résistante et que les traitements actuels feront l'affaire. Il m'assure également que tout sera pris en charge par l'ALD et que le traitement ne me coutera rien (je le savais déjà mais bon, ça faisait partie de son petit discours).

Il m'explique ensuite sommairement le fonctionnement du système immunitaire de l'Homme, ainsi que les spécificités liées au VIH (je vais essayer de retranscrire ça ici, je ne suis plus trop sûr de tout, je vais essayer de ne pas vous raconter de conneries, au pire je compléterai plus tard).

Le système immunitaire, donc, est composé de plusieurs agents qui font en sorte de défendre le corps des agresseurs. Ce qui permet de reconnaitre la présence d'un étranger dans le sang ce sont les anticorps, ils sont présents et restent dans le corps pour une durée plus ou moins longue selon le type d'étranger. Ils sont en quelque sorte la mémoire des maladies, et permettent en gros de cibler l'action des autres agents du système pour défendre le corps (la présence de ces anticorps dans le sang permet donc de détecter la présence ou non du VIH bien avant la présence du virus lui même - si j'ai bien tout compris). Il y a ensuite d'autres agents qu'on appelle les lymphocytes, qui sont les soldats à proprement parler du système immunitaire. Ils sont la pour déclarer la guerre aux intrus.
Voilà pour le petit cours.

Il m'explique ensuite sommairement que le VIH a pour rôle de s'attaquer à un certain type de lymphocytes, les lymphocytes T4 (mais dans le jargon on dit CD-4), mais également aux lymphocytes T8 (CD-8). Il m'explique ainsi que ce sont les 2 marqueurs les plus important dans le suivi de l'évolution de l'infection au VIH. C'est ce qui permet de dire à quel stade on se trouve. J'ai ainsi appris qu'en l'absence de VIH le taux normal de CD-4 s'établit au delà de 500 unités / ml de sang. En dessous de 350 unités de CD4 par ml, il est impératif de suivre un traitement, en dessous de 150 unités on est considéré en stade SIDA (syndrome d'immuno-déficience acquise) et en l'absence de traitement adapté, le corps se verra attaqué par de nombreuses maladies opportunistes pouvant entrainer la mort.



Voilà pour la partie explicative. On en arrive à parler de mes résultats sanguins une nouvelle fois, et le médecin m'informe que mon taux de CD-4 est moyen (535 /ml de sang) et que ça peut montrer une installation rapide du virus dans mon organisme et que ma charge virale est de 14000 copies / ml de sang (ce qui est pas mal déjà compte tenu du fait que l'infection est récente), il préconise donc une mise immédiate sous traitement. Le mot est lâché … le traitement.

Nous parlons ainsi du traitement, il me donne pour commencer (compte tenu de mes antécédents médicaux) un médicament appelé Truvada. Il m'explique que c'est un médicament qui a fait ses preuves dans la prise en charge du VIH. Finalement il m'explique qu'il me donne également 2 autres médicaments juste pour commencer il s'agit du Prezista et du Norvir. Il m'explique que l'un des deux (je ne sais plus lequel) va servir de booster dans le traitement et permettra de faire descendre très rapidement ma charge virale.
Il m'explique ensuite que le but du traitement est de m'amener tout d'abord à une charge virale indétectable dans le sang (c'est à dire en dessous de 40 copies / ml de sang), mais aussi de faire remonter le taux de CD-4 (en effet moins il y a de copies de virus dans le sang plus le taux de CD-4 remonte.

Il me fait une ordonnance pour 2 mois de traitement à commencer le plus tôt possible et à ne pas manquer sous aucun prétexte. Le traitement doit être pris à heures fixes, en mangeant un minimum. Il me dit également de ne pas me focaliser sur les effets secondaires qu'il y en aura sans doute, et que généralement ils disparaissent au bout de quelques semaines tout au plus.

Il me dit qu'en cas de moindre doute, je dois poser toutes mes questions ou éventuellement rappeler le service. Il me conseille de me rapprocher d'une structure de type Aides si jamais j'avais besoin d'aide ou de soutien psychologique.

Je lui ai également posé la question de mon devenir. J'ai en effet prévu de rentrer dans une formation para-médicale en février prochain et il m'assure que rien ne pourra m'en empêcher et que d'ici-là je serai déjà surement indétectable et donc sans danger pour les autres en cas d'accident.


Me voilà un peu plus rassuré.


J'ai pu finalement avec mon ordonnance passer à la pharmacie de l'hôpital pour récupérer mon traitement… on m'a expliqué que je ne devais en aucun cas consommer de pamplemousse ni de prendre de crème contenant du millepertuis (plante contre indiquée). Voilà tout ce que je sais pour l'instant.

Je ne pense pas commencer le traitement aujourd'hui, je ne suis pas prêt. Il faut que je trouve la force de continuer, y'a trop d'infos, trop de tout pour l'instant !


Bonne soirée à toutes et tous…
PS : Allomat pitié pas de pavé…

allomat69
Photo
Date 03/09/2016 7:25

"Je ne pense pas commencer le traitement aujourd'hui, je ne suis pas prêt. Il faut que je trouve la force de continuer, y'a trop d'infos, trop de tout pour l'instant !
Bonne soirée à toutes et tous…
PS : Allomat pitié pas de pavé…"


La précision de ton témoignage est émouvante et éprouvante (édité).

Je partage tristement l'avis de ce médecin (sur la situation catastrophique de la prévention en France).
Faudra sans doute qu'on reparle des aspects présomption de contamination volontaire, autonomie des jeunes pour la prévention des IST, et plus généralement stratégie de prévention chez les jeunes.

Mais la priorité est en effet ailleurs.
La mise immédiate sous traitement a non seulement les bénéfices à moyen terme qu'il t'a expliqué, mais les connaissances actuelles établissent que plus le traitement est commencé tôt, mieux l'infection est maitrisée dans sa globalité.

Il serait donc souhaitable que tu inities ton traitement sans trop te poser de questions.

Encore merci pour ton témoignage très utile, j'espère m'être amélioré à tes yeux

ane-o-nyme
Photo
Date 03/09/2016 21:19

Finalement j'ai commencé mon traitement, ça me rend assez malade ... soucis digestifs etc ... douleurs au foie, mais apparemment c'est normal !

Pandaren
Photo
Date 05/09/2016 0:25

Pour le monsieur X il n'y a que la castration chimique parce ce qu'il a fait est criminel.

ane-o-nyme
Photo
Date 08/09/2016 22:00

Bonsoir à tous,

Après avoir un peu réfléchi à tout ce qui m'est arrivé, et fait quelques recherches, j'ai trouvé une info "intéressante" ...

La pratique de contaminer qq1 volontairement malgré la présence du préservatif est assez courante et constitue pour beaucoup un fantasme. J'ai trouvé le nom de cette pratique : le Stealthing.
C'est un mot-valise composé de Steal (to steal = voler) et health (la santé). C'est un fantasme assez répandu sur les sites spécialisé, suffit de se rendre sur les sites de videos pour trouver bon nombre de criminels se vantant d'infecter leurs victimes. C'est effarant !

Cette pratique tend à se répandre dans le monde du sexe. Il y a plusieurs manières de procéder ainsi :
- Percer le préservatif avant rapport (notamment encore dans l'emballage, dans le feu de l'action on ne remarque rien...
- Enfiler le préservatif avant le rapport et l'enlever avant l'orgasme
- Couper le réservoir du préservatif pendant le rapport ou avant celui-ci.

Dans le cas du percement du préservatif ou dans le cas de le dégrader, la personne "passive" ne remarquera rien avant la fin du rapport.

Recherchez sur le net, vous trouverez pas mal de définitions et surtout d'histoire en rapport avec la dégradation du préservatif.

---


Pour ma part je vais "bien" en quelque sorte.. j'ai encore pas mal d'effets secondaires, mais la prise du traitement se poursuit sans trop de désagréments (désagréments sérieux, on va dire).
Je suis juste assez déprimé au final...
Bonne soirée

allomat69
Photo
Date 09/09/2016 8:56

Une façon de retrouver le moral quand on a subit une injustice est de se battre.
Au moins pour toi, car l'autre risque de ne pas aller bien loin avec son Kaposis...

Selon la jurisprudence actuelle en France, le virus du sida constitue une substance nuisible de nature à provoquer un dommage corporel et moral.

Article 222-9: « Les violences ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente sont punies de dix ans d'emprisonnement et de 150000 euros d'amende ».
Il faut un lien de causalité direct et certain, la connaissance du caractère nuisible du VIH par la personne infectée et infectante, et une volonté de porter atteinte.

Perso j'estime que si dans le cas général les relations se décident à deux, et ils en gèrent les conséquences ensemble s'ils sont en couple ou séparément s'ils ont fait un plan sans lendemain, il existe de trop nombreux cas où la victime est vulnérable, et les responsabilités ne sont pas symétriques.
Et de plus que mutilation ou infirmité permanente est un doux euphémisme, car une personne mutilées ne doit en général pas sa survie à l'accès comme pour le VIH à un médicament tellement coûteux que le monde entier se mobilise pour tenter de le payer aux gens qui n'y ont pas accès.
(édité)

Même si je comprends que cela puisse te gêner, j'ai écrit que les faits montrent qu'à ton âge on est handicapé par un manque d'expérience, d'autonomie, et par la clandestinité des jeunes gays qui n'ont pas fait leur CO, qui les met en situation de vulnérabilité par rapport aux possibilités ordinaires auxquelles ont accès les adultes (par exemple un accès au TPE dans ton cas).
Cela correspond à ton témoignage (dont les détails seraient encore plus sérieux, mais je n'en sais pas plus).

Dans le contexte aggravant où les jeunes gays sont un peu les « dindons de la farce » de la prévention des IST, ce que ton médecin a traduit apparemment par le mot « catastrophique ».

Ce serait peut-être bon pour ton moral que tu te battes pour obtenir justice.

Je ne sais pas trop où t'orienter, mais une association d'aide aux victimes tell que   pourrait te conseiller, ils ont certainement des juristes.

 
28 messages - Page 2 sur 2 

Poster une réponse


Relatif : Petite tranche de vie d'un jeune de 18 ans

Un jour mon prince viendra !
par Anatolia67 le 12/04/2012 16:55 - Lu 376 fois
plus on est jeune moins on a de chance de trouver quelqu'un de sa tranche d'âge à la recherche de la fidélité.
Putain mais ils veulent quoi ? L'amour aurait-il un age limite ?
par OhJesus le 31/05/2010 23:55 - Lu 411 fois
t'es trop jeune pour comprendre ... ptdr non sérieusement, tout dépend quelle tranche d'age t'atire mais bon ... un jour essaye de pas dire ton age ... !
BAFA
par le 03/01/2010 20:12 - Lu 129 fois
alors je passe mon bafa avec l'ufcv ...pour le stage je vais avoir un peu toute les tranche d'age car je connais la directrice du centre de loisir et elle ma mit une tranche...
La mante religieuse
par le 22/02/2009 13:37 - Lu 276 fois
mon erreur vient d'un mot "tentative" qui s'était glissé dans mon topic sur le droit des jeunes, que je viens de corriger ^^ il est bien pratique, en tout cas je...
Lady gaga, parfum au sperme haha
par le 03/02/2011 23:08 - Lu 594 fois
y auras t il une tranche d age selon le sperme utiliser pour le parfum lol 16/18 18/25 25/40 ect ... mdrplus c'est jeune plus il y a de petits serpents non :p

Infos et prévention

Videos

  C'est qui qui fait l'homme ?
Ajouté le 15/02/13
Affichée 990531 fois
49 votes, 5/5
  Dépendance - Court Métrage
Ajouté le 05/11/11
Affichée 1040374 fois
3 votes, 5/5
  L'antre
Ajouté le 28/11/07
Affichée 1120362 fois
7 votes, 3/5
  2/2 Dieu aime-t-il l'homosexualité ? 2/2
Ajouté le 22/07/11
Affichée 1078221 fois
1 votes, 5/5
  1/2 Dieu aime-t-il l'homosexualité ? 1/2
Ajouté le 22/07/11
Affichée 1078373 fois
4 votes, 3/5

Les News

Skins saison III Après la NEWS "Skins: Saison II" voici "Skins: Saison III". Si vous ne connaissez pas la série, elle relate la vie d'adolescents vivant en Angleterre, et sans langue de bois sur le sexe, l’alcool ou même la drogue... Mais surprise pour la Saison III…  
A 15 ans c'est pas toujours... Étapes par étapes, c'est à 15 ans qu'entre problèmes de famille et dépressions passagères, je m'accepte comme je suis en remuant les souvenirs du passé.  
Les Prédateur sexuels Dans un monde grandissant, les gens évoluent et se transforment. Certains deviennent des gens bien, d'autres des gens moyens avec peu d'ambition, puis les bons à rien qui tiennent les murs de la cité abonné à l'ANPE et j'en arrive enfin aux autres ces gens si brillants qui se fondent dans la masse, te font croire aux rêves les plus fous mais qui parfois sont des êtres profondément atteint. C'est le sujet que j'expose ici, et je vais tenter de vous montrer comment fonctionnent ces prédateurs sexuels.  
Rester dans le placard, option la... L'équipe du site recevant régulièrement des messages privés de zaguiens demandant conseil, une question revient souvent. En gros , « Doit-on sortir du placard pour être heureux ? »  
SKINS saison 2 Ça y est pour tout les fans de la série anglaise Skins, la saison deux va enfin sortir sur la chaine, Channel 4 en Angleterre. Pour tout ceux qui n'ont pas la chance de connaitre Skins, voici un petit topo.