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Le traitement, nouvel outil de prévention?
Peaksoul

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21/09/2009 1:23
Le 30 janvier 2008, le bulletin des médecins suisses, la Commission fédérale pour les problèmes
liés au sida (CFS), publie l'article "Les personnes séropositives ne souffrant d'aucune
autre MST et suivant un traitement antirétroviral efficace
ne transmettent pas le VIH par voie sexuelle".
Forcément, les réactions à cette publication ne tardent pas à se faire entendre. La CFS vient alors de poser sur la table un brûlant sujet qui va générer d'importants débats, qui animent bon nombre des associations de lutte contre le sida.
Le 9 avril 2009, Le Conseil National du Sida (CNS, organisme français) publie son "Avis suivi de recommandations sur l'intérêt du traitement comme outil novateur de la lutte contre l'épidémie d'infections à VIH".
C'est un débat qui est encore pleinement d'actualité, et dont les enjeux sont importants, car il pourrait notamment marqué un tournant majeur dans la prévention et la lutte contre le sida, qui s'est fondé des marques solides depuis plusieurs années.
Toutes les associations semblent s'intéresser fortement au débat. J'ai eu l'occasion de lire 2 articles sur ce sujet : l'un dans le magazine "Transversal" de Sidaction, l'autre dans le magazine "RemAIDES". J'ai choisi de citer ici celui de Transversal, mais je vous invite évidemment à lire aussi le dossier de RemAIDES, des pages 18 à 22.
Voici donc l'article paru dans le Transversal n°49 de septembre/décembre 2009 :
Le Conseil national du sida a publié fin avril un avis sur l'intérêt préventif du traitement antirétroviral, lequel devrait se décliner tant au niveau collectif qu'individuel. Il souligne également l'importance d'améliorer le dépistage. Président du Conseil, le Pr Willy Rozenbaum revient sur les points forts de cet avis et les réactions qu'il a suscitées.
Si vous deviez résumer en quelques mots les axes essentiels de cet avis...
Résumer n'est justement pas si simple, car cet avis ne prend tout son sens que lorsqu'on le lit attentivement et intégralement. En extraire qu'une partie peut en détourner considérablement le sens. Notre propos principal est de dire que le traitement, en abaissant la charge virale, réduit très fortement le risque de transmission. Et que cette réduction du risque a un intérêt non seulement pour la collectivité, mais aussi pur l'individu.
Il existe une autosatisfaction dans la communication des pouvoirs publics français. En ce qui me concerne, je ne me suis jamais satisfait de la stabilisation du nombre de nouveaux cas, qui conduit à une augmentation inéluctable du nombre de personnes touchées. Je m'en satisfais d'autant moins qu'aujourd'hui, sous certaines conditions, on peut arriver à une diminution de la courbe épidémique.
Vous expliquez en effet que conjuguer dépistage et traitement ouvre un moyen de contrôle de l'épidémie, dans le monde et en France. Quel niveau faudrait-il atteindre?
Cette idée n'a rien d'original : la technique classique de contrôle des maladies transmissibles se traduit par le dépistage et le traitement. Une combinaison que l'on a oubliée, car au début de l'épidémie, quand les stratégies de contrôle ont été élaborées, il n'existait pas de traitement. Et à l'arrivée de traitements efficaces, en 1996, on n'a pas réussi à intégrer cette option.
En décembre 2008, une publication, certes théorique, de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a montré que si l'on dépistait massivement et que l'ont traitait toutes les personnes séropositives, on pourrait éradiquer l'épidémie en 2050. Les modélisations décrivent un début d'impact lorsque 50% des personnes séropositives sont traitées. Or, en France, avec l'indication actuelle de traitements à 350 CD4/mm cube de sang, on a 85% des personnes se sachant séropositives sous traitement. Mais en comptant celles qui ignorent leur statut, seules 46% des personnes séropositives sont traitées.
Il ne s'agit pas de traiter des personnes contre leur gré, mais de viser l'intérêt collectif. D'autant que le traitement précoce, initié dès 500 CD4, démontre de plus en plus un bénéfice pour la santé du patient. Il faut donc insister sur le dépistage, qui devrait faire l'objet d'une attention plus importante de la part des pouvoirs publics.
Vous considérez, comme les Suisses, que le traitement doit avoir une place dans la prévention individuelle. Pourquoi vos débats ont-ils duré si longtemps?
En aucun cas, nous n'avons voulu nous positionner contre l'avis suisse, qui a été un réel pavé dans la mare et qui a permis l'amorce du débat. Le Conseil national du sida (CNS) voulait aborder le sujet, cet avis nous a "boostés". Nous ne souhaitions pas pour autant nous précipiter et nous avons eu des difficultés à trouver un formulation qui ne heure personne au sein du CNS.
Des craintes ont été exprimées sur la façon dont le message pourrait être perçu, notamment sur la place du préservatif dans la prévention. Le débat sur la persistance du virus dans les sécrétions chez les personnes indétectables au niveau de leur charge virale plasmatique ne suffit pas à élaborer un discours audible. Au-delà des discussions de virologie fondamentale, la participation de représentants de la société civile a humanisé les choses. De toute l'histoire du sida, je retiens qu'il ne sert à rien d'avoir raison trop tôt.
Vous expliquez qu'il a fallu dépasser les incertitudes sur la plan biologique. Pourquoi?
D'abord parce qu'on ne pourra jamais dire qu'un risque est nul. Une étude scientifique, c'est comme un sondage, cela donne seulement une fourchette. Les études en cours sur l'effet préventif du traitement permettront de réduire des intervalles de confiance, mais pas d'exclure le risque zéro. Cette incertitude nous accompagnera toujours, même si on incluait dix millions de personnes dans un essai.
En pratiquer, et quelles qu'en soient les raisons, l'usage du préservatif ne permet pas une protection à 100%. Pourquoi ne pas le dire? En termes statistiques, on est dans des réductions de risque similaires entre préservatif et traitement.
De plus, il faut distinguer l'effet théorique de l'effet réel. Le fond du problème est que l'usage du préservatif n'est pas aussi fréquent qu'on le souhaiterait : il faut donc donner des alternatives prenant en compte la diversité des situations individuelles. Opposer préservatif et traitement, comme certains le font, ne me paraît pas approprié : ce sont des techniques complémentaires en terme de prévention, qu'il faut penser ainsi afin de les rendre utilisables et donc d'optimiser la prévention. Plus on a d'outils, plus on a des chances de succès. C'est dans cet optique que le CNS s'est positionné.
Vous insistez sur l'importance de sortir de l'injonction et de donner une information correcte, en somme remettre les personnes au centre de la prévention et leur permettre d'exercer leur liberté...
Nous faisons le pari de l'intelligence. Le pari que les personnes peuvent entendre des informations complémentaires, apprécier le rapport bénéfice-risque et choisir entre différentes options, en fonction de la situation, du plaisir, des sentiments, etc. Beaucoup ne nous ont pas attendus pour cela. Je pense que mon rôle de médecin est de donner à mes patients l'information la plus fiable, la plus claire et la plus conforme à ce qu'ils vivent. Bref, la plus profitable possible!
Dans une société démocratique, l'information doit permettre à chacun d'exercer sa liberté et de choisir en toute connaissance de cause. Ce qui ne pas sans responsabilités : connaître son statut et donc se faire dépister, bien suivre son traitement pour une personne séropositive et pour une personne séronégative, se protéger et accepter son partenaire contaminé.
Vous soulignez le rôle de l'effet préventif du traitement pour lutter contre la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH.
Il y a beaucoup d'ostracisme, y compris dans le milieu gay, vis-à-vis des personnes contaminées. Nombreuses sont celles qui n'arrivent pas à avoir de relations sexuelles, même avec préservatif, car elles ont peur de transmettre le virus. On peut espérer que communiquer sur ce sujet contribuera à diminuer ces craintes illégitimes et favorisera l'acceptation. Aujourd'hui, on n'est pas encore capable de travailler avec les couples sérodifférents. Cet avis est une première étape afin de repenser la prévention. Il ne sert à rien de dire d'un côté qu'il ne faut pas stigmatiser, si toute l'information fournie par ailleurs incit eà le faire, en entretenant la vision des personnes séropositives comme vecteur de maladie.
En cela, vous proposez rien moins qu'un changement de paradigme et une refondation du pacte préventif. Comment percevez-vous les différentes réactions du milieu associatif?
Je sens d'abord un grand enthousiasme chez de nombreux acteurs de la lutte. mais il est évident qu'aborder ce problème modifie des approches qui ont été la base de la lutte contre le VIH depuis les années 80. C'est pour cela qu'il existe des résistances chez certains d'entre eux, mais ils sont très minoritaires. Il n'est bien sûr pas question de mettre par terre plus de vingt-cinq ans de travail. Simplement de prendre la mesure de ce que des données peuvent modifier dans le regard porté sur l'infection à VIH, collectivement et individuellement.
Certains craignent que la lutte contre le sida ne bascule dans une vision très médicalisée. En fait, reconnaitre l'effet préventif du traitement plus de pouvoir aux associations et aux personnes. Le médecin seul ne peut pas décider. Selon moi, la question est la suivante : peut-on se compléter? On n'aura aucun impact sans les associations. On a des outils techniques, exploitons-les au maximum avec les médiateurs sociaux.
Certains redoutent que sortir du "tout préservatif" ne brouille les pistes et ne diminue l'utilisation du préservatif. Qu'en pensez-vous?
C'est une crainte anticipée, voire un peu fantasmée. En réalité, toutes les études montrent qu'une personne qui se sait contaminée a entre 2 à 3,5 fois plus de chance de changer favorablement son comportement que celle qui ignore son statut. La baisse de l'utilisation du préservatif est sans doute concomitante de l'apparition des traitements efficaces, mais elle a eu lieu bien avant la naissance du débat actuel.
En revanche, ce qu'on sait avoir un effet très négatif sur les comportements contraignants - et utiliser le préservatif tout le temps en est un - c'est leur application sur la durée. Dans le cas du sida, la contrainte dure depuis plus de vingt-cinq ans et elle n'est pas prête de s'arrêter : aucun vaccin n'est en vue! La diminution de la peur de la maladie joue aussi, mais elle est légitime.
Personne ne dit qu'il faut arrêter de promouvoir le préservatif, mais offrir une alternative possible est intéressant. Ce serait une erreur que de vouloir stigmatiser la méthode du traitement parce qu'elle serait théoriquement moins sûre. J'estime qu'il n'existe pas une méthode meilleure qu'une autre et qu'il vaut mieux avoir recours à une méthode plutôt qu'à aucune. Dire que l'on peut réduire les risques par le dépistage et le traitement, ce n'est pas inciter à prendre des risques. Au contraire! Parler des traitements encourage à se faire dépister. C'est un enchaînement d'événements qui me paraît aller dans le bon sens.
Pensez-vous qu'il sera plus difficile de communiquer?
Il est certain que la technique de prévention deviendra plus complexe. Mais le message simple du tout préservatif n'est pas si efficace que cela. On peut ajouter aux "Utilisez un préservatif" répété en boucle, le "Faites-vous dépister, suivre et traiter". Et l'impact sur l'épidémie, on l'aura. Une bonne stratégie de prévention doit se fonder sur des données scientifiques pluridisciplinaires et non sur des présupposés. C'est maintenant aux experts de la communication d'y travailler.
L'enjeu essentiel de la communication est celui du dépistage, y compris chez les gays. Pour cela, il faudra présenter de façon positive les traitements et leurs avantages. arrêter de faire peur aux gens avec les traitements, afin d'empêcher le phénomène de déni. Dire qu'il faut bien entendu tout faire éviter la transmission, mais que si elle arrive, on a des solutions. La multithérapie, ce n'est plus 40 comprimés par jour, ni se réveiller toutes les 4 heures, comme le pense la majorité du grand public.
En avril, l'Aide allemande contre le sida publiait des recommandations extrêmement précises. Pourquoi n'avoir pas fait de même?
C'était volontaire. Il nous a paru difficile de donner des recettes univoques. Cela dépend vraiment des situations. A un moment, nous pensions entrer dans les détails et cibler les différentes populations. Mais nous avons finalement estimé que ce travail revenait aux associations.
Personnellement, j'aurais rédigé des formulations de manière moins elliptique, car je suis plus direct. J'assume entièrement le texte de cet avis. Depuis les premières versions, c'est essentiellement la formulation qui a évolué, pas le fond. Vous savez, il ne sert à rien d'avoir raison tout seul. Ce document devait être accepté et audible par tous, même si, en conséquence, chacun en fait l'interprétation qu'il souhaite.
Début mai, dans un communiqué, la Direction générale de la santé (DGS) a choisi de réaffirmer le rôle central du préservatif. Quelle est votre réaction?
Avant de l'envoyer, la DGS a demandé mon avis. J'ai simplement répondu que je prenais la mesure de l'incompréhension manifeste qui s'exprimait là. Je ne suis pas très surpris, mais je suis effondré du gouffre d'incompréhension. Le drame est que les enjeux en termes de vie des personnes et de cohérence de la lutte sont réels. Je trouve que la réaction de la DGS est assez proche de celle du communiqué d'Act Up-Paris qui craint que sortir du "tout préservatif" ne brouille les pistes. Pour la DGS, si le CNS dit quelque c'est bien, si les associations bougent c'est mieux.
Le Conseil n'a qu'un avis consultatif, les politiques en font ce qu'ils veulent. Leurs réactions sont lentes; ils bottent toujours un peu en touche. C'est aussi aux acteurs de la lutte, aux associations, aux médecins et aux patients d'agir. J'espère que l'apport de cet avis sera repris dans les documents édités par les associations.
D'autant que depuis la parution de notre avis sur le dépistage, il y a deux ans et demi, les pouvoirs publics français n'ont rien entrepris. Ils ont confié à la Haute autorité de santé (HAS) une évaluation qui n'est pas terminée et dont les premières conclusions, modestes mais intéressantes, ne sont toujours pas appliquées. Rien n'avance sur le test rapide. Et, selon moi, les études encadrées par l'ANRS ne répondront pas aux questions posées par la HAS. La DGS n'a pas pris la mesure de l'enjeu du dépistage. En revanche, au niveau de l'International AIDS Society et de l'OMS, sous l'impulsion de Julio Montaner et de Kevin de Cock, je suis persuadé que les choses bougeront rapidement.
Inutile de préciser que la prévention et la lutte contre le sida me tient à coeur. Ca vaut néanmoins le coup de préciser que je suis plus particulièrement sensible à la vie avec le VIH, à toutes les stigmatisations et rejets auxquels peuvent être sujet les séropositifs. Cette interview a l'intérêt d'aborder de nombreux points différents, comme une petite piqure de rappel.
Il me semblait nécessaire de faire part de ce débat qui touche de toute façon à tous les domaines de la lutte contre le sida, notamment après les quelques horreurs que j'ai pu lire sur ce forum, où une prise de risque était considéré limite comme un acte de folie pure, complètement inconscient, qui mériterait punition...
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Anonyme

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21/09/2009 2:07
Rien à ajouter, tout est dit. Merci pour ce topic informatif. (N'y voyez aucun ton ironique)
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allomat69

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21/09/2009 8:45
Puisque l'avis du Conseil National du Sida est orienté prévention, il faut surtout retenir que soigner le SIDA ne dispense pas de l'usage systématique du préservatif, de la même façon que l'airbag ne dispense pas de l'usage systématique de la ceinture :
La question ne devrait même pas se poser.
Pour mémoire, les principes élémentaires de PREVENTION au sens large : multiplication des moyens de prévention indépendants, c'est-à-dire n'ayant pas de mode commun de défaillance (ici, préservatif et traitement), surveillance des limites du domaine sûr (ici, psychologues, justice,...).
L'avis du CNS-Willy Rozenbaum apparait satisfaisant compte tenu des connaissances actuelles.
On note toutefois que les résultats sur les gays n'ont pas été mesurés directement comme pour les hétéros, mais indirectement, ce qui montre qu'il faudra rester vigilent. Ce ne serait pas le première fois qu'on se trompe en faisant des projections (se souvenir du syndrome des 10% de malades qui devaient développer le Sida).
Il ne faudrait pas non plus que l'intérêt collectif prenne le pas sur l'intérêt individuel du malade, compte tenu des effets secondaires de ces thérapies, notamment à partir de 50 ans.
Ceci étant, c'est une bonne nouvelle pour le malade soigné, son moral, et son couple.
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Anonyme

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21/09/2009 18:25
Cela reste une maladie dont on doit se protéger à la base et spéculer sur si oui ou non c'est dangereux après ne sert pas à grand chose si ce n'est qu'à rassurer quelques personnes. Protégez vous on fait pas mumuse avec ça.
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Peaksoul

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21/09/2009 23:55
allomat69 écrit:Puisque l'avis du Conseil National du Sida est orienté prévention, il faut surtout retenir que soigner le SIDA ne dispense pas de l'usage systématique du préservatif
Je pense justement que l'objectif de la publication de cet avis est de ne pas retomber sur un rabâchage simple du "tout préservatif", mais bien de discuter de la part du traitement dans la prévention, et d'aller vers une évolution des méthodes de prévention. Je trouve ça extrêmement simpliste de résumer cet avis par cette phrase, et même décevant, puisqu'elle ne semble pas prendre en compte justement la part du traitement, et toutes les nuances qu'elle implique. La diversité des articles, la part importante qu'ils occupent actuellement et leurs longueurs sont justement là pour détailler toutes les subtilités du propos avancé, et éviter de tels résumés qui font perdre au final tout l'intérêt du discours.
Et je trouve l'analogie avec la prévention des risques en voiture assez déplacée, mais bon, pourquoi pas °°...
Korrigan écrit:Cela reste une maladie dont on doit se protéger à la base et spéculer sur si oui ou non c'est dangereux après ne sert pas à grand chose si ce n'est qu'à rassurer quelques personnes. Protégez vous on fait pas mumuse avec ça.
La commission fédérale Suisse ne s'est pas amusée à publier des propos aussi importants sur la base de simples "spéculations"! C'est une véritable étude scientifique qui a été menée et dont les résultats sont concrets.
Comme il est répété et argumenté de nombreuses fois dans chaque texte, il ne s'agit en aucun cas de diminuer la place du préservatif dans la prévention, mais bien d'apporter un nouvel outil complémentaire. Il permettrait notamment de sensibiliser davantage sur l'intérêt du dépistage, de déstigmatiser les séropositifs et apporter une meilleure image de la maladie. S'en suivrait alors un meilleur contrôle "général" de l'épidémie.
tazman > cette campagne de prévention a aussi fait pas mal parler d'elle, et si je ne me trompe pas, elle a même été censurée. Perso, je la trouve assez "simple", pas vraiment intéressante, et du coup je trouve la censure légitime... Et je parle pas de l'image qui peut être associée aux séropositifs avec cette campagne de prévention!
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allomat69

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22/09/2009 1:32
Peaksoul ,
Je cite Willy Rozenbaum, et d'ailleurs il n'aurait pas dit ça, j'aurais été contre...
"Pour le CNS, il n'y a aucune raison d'opposer le traitement au préservatif. Les deux doivent être pensés en complément l'un de l'autre. On comprend aussi que désormais les outils de prévention individuels ne sont plus forcément identiques qu'on soit ou non séropositif.
Le CNS réaffirme que "l'outil que constitue le traitement ne remplace pas l'usage du préservatif". Mais le CNS n'est ni aveugle, ni sourd. Il constate aussi que : "En dépit des actions de prévention mises enoeuvre jusqu'ici, les outils disponibles ne suffisent pas à enrayer la dynamique de l'épidémie dans les groupes les plus exposés au risque de transmission du VIH (...) l'usage du préservatif n'est pas aussi systématique qu'il le devrait."
Le message du CNS est alors très clair. S'il n'est "pas possible d'affirmer au niveau individuel un risque de transmission égal à zéro. Pour autant, le traitement permet de réduire très fortement le risque de transmission et peut permettre d'éviter de nombreuses contaminations dans les situations où une personne infectée n'est pas en mesure de mettre en oeuvre une protection par le préservatif."
Cela signifie pour le Conseil deux choses.
D'une part, c'est la combinaison du traitement et du préservatif qui "apparaît garante d'une sécurité maximisée".
D'autre part, à défaut, "l'usage d'un seul de ces moyens apparaît toujours préférable à une absence totale de protection."
Pour moi il n'y a donc aucune ambiguïté, il s'agit bien de l'application du principe élémentaire de prévention qui veut qu'on prévoit deux méthodes de prévention/protection indépendantes, au cas où l'une serait défaillante.
Le gain pour un malade est déjà énorme, puisque si il suit correctement son traitement, il ne se trouve pas dans la situation de faire prendre un risque à son partenaire, et de se retrouver en faute vis-à-vis de la justice si il avait contaminé celui-ci.
Toutefois, un point ne me semble pas clair : j'avais cru comprendre qu'au bout d'un certain nombre d'années, 18 ans en moyenne je crois, les thérapies (je ne dis plus bi ou tri, car ça change en ce moment) n'empêche plus la dégradation de l'état de santé du malade.
Quid de sa charge virale ?
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Peaksoul

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22/09/2009 9:56
On est d'accord, c'est surtout ta réponse précédente que je trouvais vraiment mal formulée, où au final, ça ressemblait plus à un "tout préso" qu'à une véritable nuance sur la place du traitement. C'est d'ailleurs la première chose qui est dite, à savoir les risques de la communication d'un message résumé, tronqué, vulgarisé...
allomat69 écrit:il ne se trouve pas dans la situation de faire prendre un risque à son partenaire, et de se retrouver en faute vis-à-vis de la justice si il avait contaminé celui-ci.
C'est encore un long débat, mais ça me tracasse de lire ça et de ne rien dire... Je me contenterais de rappeler que la pénalisation de la transmission du VIH est loin, vraiment loin d'être aussi simple. Pénaliser le "contamineur" par défaut est une solution bien simpliste, qui oublie de prendre en compte bon nombre d'autres "!param!ètres". D'autant plus que sur les faits, les gens qui se savent séropositifs sont bien plus soucieux des autres qu'eux-mêmes.
allomat69 écrit:Toutefois, un point ne me semble pas clair : j'avais cru comprendre qu'au bout d'un certain nombre d'années, 18 ans en moyenne je crois, les thérapies (je ne dis plus bi ou tri, car ça change en ce moment) n'empêche plus la dégradation de l'état de santé du malade.
Honnêtement, j'en ai jamais vraiment entendu parler. C'est peut-être des statistiques, mais de ce que je sais, c'est que l'évolution des traitements est assez variable en fonction des patients (et entre autre du début de la prise en charge).
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allomat69

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22/09/2009 13:00
Peaksoul ,
Je sens ta délicatesse, et tu pourras me reprocher une position tranchée qui semble facile.
Mais je pense que pour les jeunes il faut un message clair, et le discours de Rozenbaum a ce mérite : on soigne les malades, et on continue à promouvoir le port du préservatif.
Il explique bien que chaque méthode à ses risques de défaillance, c'est tout l'intéret de se fixer les deux objectifs : statistiquement, si l'un est défaillant l'autre peut être présent, et réciproquement.
D'ailleurs je ne disais pas autre chose il y a environ un an quand, j'écrivais qu'on peut approcher le risque zéro si on ajoute au préservatif un minimum de bon sens dans le choix de ses partenaires, et qu'on ne les multiplie pas.
Désormais, on sait qu'un partenaire séropo soigné peut être "plus sur" qu'un partenaire dont on ne sait rien, lequel peut fort bien être un séropo, non détecté et donc non soigné.
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Anonyme

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22/09/2009 14:06
il y a trop de texte dans ce topic ! ca fait mal aux yeux vite je vais chercher mes raybans
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allomat69

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23/09/2009 13:27
Trop de texte lol
Et pourtant je vais rajouter pour Peaksoul une couche indigeste...
J'ai déjà souvent expliqué que sur Zag nous sommes dans un contexte particulier où il existe des personnes vulnérables, ou tres perturbées, ou tout simplement sans expérience, à qui on peut faire avaler n'importe quelle mitho.
Il aurait été souhaitable que par principe les gens ayant une expérience s'engagent à se protéger du SIDA, tout en pensant à la protection de l'autre.
Il m'a été répondu sur le forum que c'est "chacun pour soit, la capote pour tous".
Dans ces conditions je ne vois pas d'autre solution que de faire peur, c'est-à-dire rappeler - outre la pénalisation des abus - la pénalisation de la transmission du Sida, qui pour être confuse n'en constitue pas moins une épée de Damocles.
Or c'est c'est assez injuste vis-à-vis des séropositifs, dont on voit bien qu'au-delà de nos belles intentions, ils sont en pratique considérés comme des pestiférés, et doivent se cacher.
Perso je suis toujours pret à intégrer le cas des séropos dans les messages de prévention, et plus encore apres ce topic qui a le mérite de beaucoup clarifier la situation, mais je pose toujours comme préalable un "engagement responsable" de chacun, notamment et surtout des "gens matures", pour ne plus dire les plus âgés (traduit en mots clairs, on s'engage à ne pas baiser sans protection un puceau).
On me répondra que c'est trop facile de s'engager moralement, puisqu'on a aucune garantie que la pratique suive
(edit : et il y a les pulsions, les substances genre alcool ou drogue, qui font perdre la tête...)
C'est pourtant un des principes de prévention, on en voit l'exemple sur les dernières pub de prévention des accidents de la route : "un accident n'arrive pas par hasard".
Autrement dit, bien souvent un accident arrive parce qu'on ne s'est pas engagé à ce qu'il n'arrive pas.
Avant on se contentait de dire qu'un accident peut arriver à tout le monde, ce qui n'est pas faux, mais plus rare.
On me répondra aussi que justement, ce sont les séropos "soignés" qui s'engagent le plus à ne pas transmettre la maladie (les médecins affirment qu'ils ne connaissent aucun cas de transmission à un "conjoint").
Mais je ne pense pas qu'il faille discriminer séropos soignés, séropos qui s'ignorent, et séronégatifs qui s'y croient : que chaque personne un peu "mature" s'engage à se protéger et protéger l'autre, que ce soit dans le cas général avant identification d'une contamination, ou dans le cas particulier apres contamination, et on devrait pouvoir ralentir ce fléau.
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Peaksoul

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23/09/2009 15:03
allomat69 écrit:Peaksoul ,
Je sens ta délicatesse, et tu pourras me reprocher une position tranchée qui semble facile.
Oui, c'est le cas.
allomat69 écrit:
Mais je pense que pour les jeunes il faut un message clair, et le discours de Rozenbaum a ce mérite : on soigne les malades, et on continue à promouvoir le port du préservatif.
< br />
C'est bien une des choses que j'ai du mal à comprendre, ce choix de prendre son public, en gros, pour des cons, et qu'il faut que ce soit super simple parce qu'ils n'auraient pas un esprit suffisamment développé pour comprendre le principe de nuance.
Les jeunes ont baigné dans les campagnes de prév "tout préservatif". Si l'on passe à autre chose, ils ne vont surement pas bêtement se dire "ça a changé, on passe à autre chose", mais vont forcément se poser un minimum de questions sur la raison de ce changement, de cette nouveauté. D'autant plus que c'est bien la première chose dont est conscient le CNS, et par conséquent, l'impact d'une première campagne sera particulièrement bien étudié pour éviter au maximum des erreurs d'interprétation.
C'est d'ailleurs encore une fois je trouve pas assez clair, ce "on soigne les malades, et on continue à promouvoir le port du préservatif". Ca résume juste la situation dans laquelle on est déjà depuis plusieurs années, et ne remet pas du tout en question l'utilisation du traitement en prévention!
allomat69 écrit:
Il aurait été souhaitable que par principe les gens ayant une expérience s'engagent à se protéger du SIDA, tout en pensant à la protection de l'autre.
Il m'a été répondu sur le forum que c'est "chacun pour soit, la capote pour tous".
Dans ces conditions je ne vois pas d'autre solution que de faire peur, c'est-à-dire rappeler - outre la pénalisation des abus - la pénalisation de la transmission du Sida, qui pour être confuse n'en constitue pas moins une épée de Damocles.
Je pense tout de même que beaucoup de personnes sont maintenant au courant de l'épidémie, des grandes lignes de ses caractéristiques, et des moyens de protection. On peut déplorer un manque d'information, mais on ne peut reprocher à quelqu'un de prendre des risques en connaissance de cause. C'est un choix qui lui appartient. Bien sur, dans l'idéal, ce serait une protection systématique, mais ça s'avère difficile à appliquer, comme c'est expliqué, et on constate que les gens acceptent de manière générale à prendre quelques risques.
Faire peur est à mon avis la dernière des méthodes à appliquer. C'est déjà ce qui a plus ou moins été fait en donnant une image extrêmement négative du sida, au point d'effrayer les gens. Par la phobie développée, ils refusent de s'informer sur un sujet "tabou", et finalement ont plus de risques de contaminer et de se faire contaminer.
La menace de la pénalisation de la transmission est notamment une énorme barrière au dépistage, puisqu'être conscient de sa sérologie implique du coup certaines responsabilités, dont on peut facilement préférer s'en passer. Cette technique à mon avis n'avance en rien la prévention, et ne freine pas du tout la propagation du vih.
Plutôt que de menacer et d'effrayer, informer clairement me paraît une bien meilleure solution. Déstigmatiser le sida, exposer les vertus du traitement, de façon entre autre à inciter au dépistage sera plus judicieux que de dire "protégez vous sinon vous aurez plein de problèmes."
allomat69 écrit:Perso je suis toujours pret à intégrer le cas des séropos dans les messages de prévention, et plus encore apres ce topic qui a le mérite de beaucoup clarifier la situation, mais je pose toujours comme préalable un "engagement responsable" de chacun, notamment et surtout des "gens matures", pour ne plus dire les plus âgés (traduit en mots clairs, on s'engage à ne pas baiser sans protection un puceau).
Je répète encore une fois qu'il est assez simpliste d'assimiler les gens matures aux vieux et les immatures aux jeunes. Les relations sexuelles sont bien plus variées et ne peuvent se résumer qu'à un vieux responsable et un jeune innocent.
allomat69 écrit:On me répondra que c'est trop facile de s'engager moralement, puisqu'on a aucune garantie que la pratique suive.
C'est pourtant un des principes de prévention, on en voit l'exemple sur les dernières pub de prévention des accidents de la route : "un accident n'arrive pas par hasard".
Autrement dit, bien souvent un accident arrive parce qu'on ne s'est pas engagé à ce qu'il n'arrive pas.
Avant on se contentait de dire qu'un accident peut arriver à tout le monde, ce qui n'est pas faux, mais plus rare.
Plus que s'engager moralement, il est préférable d'être conscient des risques et des moyens de les éviter. C'est ce qui détermine véritablement un engagement, avoir pris une position sur un thème qu'on connait et auquel on a réfléchi.
allomat69 écrit:On me répondra aussi que justement, ce sont les séropos "soignés" qui s'engagent le plus à ne pas transmettre la maladie (les médecins affirment qu'ils ne connaissent aucun cas de transmission à un "conjoint").
Mais je ne pense pas qu'il faille discriminer séropos soignés, séropos qui s'ignorent, et séronégatifs qui s'y croient : que chaque personne un peu "mature" s'engage à se protéger et protéger l'autre, que ce soit dans le cas général avant identification d'une contamination, ou dans le cas particulier apres contamination, et on devrait pouvoir ralentir ce fléau.
Il ne s'agit pas de discrimination mais de simples statistiques : les séropositifs qui connaissent leur sérologie sont bien plus responsables que les autres, et on constate très peu de contamination de leur part. Evidemment, pendant le suivi régulier de leur traitement, ils ont bien souvent l'occasion de s'informer sur la prévention, comment éviter les contaminations, etc...
Toujours statistiquement, un séropositif non conscient de son statut sérologique a beaucoup plus de risques de transmettre le vih que s'il avait connaissance de son infection.
"séronagatifs qui s'y croient" : ? °°
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allomat69

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24/09/2009 9:18
Je fais remonter le topic, car ce débat est fondamental...
Il n'a jamais fait aucun doute que le dépistage, permettant de mettre en place les moyens de traitement, est un complément aux moyens de prévention.
Mais impossible de le substituer aux capotes, car on ne va pas faire aussi systématiquement des dépistages qu'on met une capote, et ce serait trop couteux, d'autre part on se heurte au probleme de la "fenetre sérologique" pendant laquelle le virus est actif et indétectable. Le don du sang qui a souci a tranché : pas de gays.
Comme capote et dépistage-traitement n'ont pas les mêmes "modes de défaillances", ils restent complémentaires.
Reste la question de la peur, qui n'est pas toujours bonne conseillère certes, mais est tout de même la pour éviter "de se bruler les ailes".
Par ailleurs je continue à penser qu'il serait dramatique que le Sida pénètre la classe d'age des plus jeunes, les ados pour faire simple.
Il serait peut-être temps de refaire un topic sur les moyens de prévention, dépistage, et traitement... je vais y réfléchir.
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Relatif :Le traitement, nouvel outil de prévention?
par daviddias le 30/09/2009 9:11 -:- lus 133
étonnant, d'autant qu'apparemment personne n'y croyait.
mais à mon avis pas suffisant pour enrayer la maladie.
si ses effets secondaires sont acceptables, il pourrait être...
par allomat69 le 26/09/2009 14:34 -:- lus 111
suite au topic de peaksoul , qui explique qu'un séropositif soigné ne transmet pas le sida, je souhaite relancer le débat sur la fréquence de dépistage du sida, et avoir votre avis.
dans...
par Revengaa le 04/02/2010 0:04 -:- lus 496
qu est ce qui me derange? la mechanceté de l'etre humain
ce que j'aime ?rencontrer de nouvel personnes nouvel opinion avis mentalité culture.. la diversité
ce que je...
par le 13/05/2007 10:53 -:- lus 1958
une solution très efficace :
vas chez ton généraliste et prends des antibiotiques.
le plus fort et le plus efficace : roaccutane
le fais pas en été ... c'est mortel, on débute le traitement...
par Aidoku le 25/08/2009 19:00 -:- lus 528
n'empêche que apple pourrait exploiter tout ça au lieu de vouloir étouffer l'affaire...
voici le nouvel iphone
qui t'explose a la gueule
voici le nouvel iphone
...
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