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Le ForumDébatsPrincipes de prévention et précautionTu peux poster une réponse ou un nouveau sujet depuis le menu de gauche. En 2007, la commission "Croissance" de Jacques Attali partait en guerre contre les effets pervers du principe de précaution inscrit à la Constitution.
Une chose est sure, que n'avait pas nécessairement vu la commission, il n'y a pas assez de prévention au regard des précautions prises par les décideurs... pour se couvrir juridiquement (je ne m'étendrai pas sur cet aspect).
Je souhaite montrer dans cet article que les principes de prévention et le principe de précaution sont des outils universels, qui permettent de comprendre "le pourquoi" des règles et recommandations de prévention, avant même d'en connaître "le comment" (que parents, enseignants, ministères, associations, et médias nous transmettent en désordre), afin d'en faire un usage plus efficace.
[b]La "précaution" concerne des dangers potentiellement graves, mais dont la probabilité, la gravité, voire les moyens de lutte, sont mal identifiés. [/b]
Le principe de précaution consiste à prendre prudemment des mesures pour faire face au danger au cas où il surviendrait.
Par exemple on maintient actuellement des stocks coûteux de masques et antiviraux au cas où la peste aviaire muterait en grippe mortelle, et devenait une pandémie mondiale (épidémie à grande échelle).
[b]La "prévention" concerne au contraire les méthodes parfaitement connues pour prévenir ou limiter les conséquences d'accidents, contaminations, catastrophes,...[/b]
On sait comment faire, si on veut bien le faire, c'est-à-dire... si c'est socialement acceptable, gérable, et pas trop cher.
Par exemple, interdire le tabac ne semble toujours pas socialement acceptable (ressource économique), ni gérable (risque de contrebande), bien qu'on sache que le tabac est la cause de l'essentiel des cancers du poumon, et que ce cancer est le plus souvent mortel.
De surcroît le principe de précaution est peu appliqué à ce cas.
Mais il a plein de cas où c'est plutôt bien fait (prévention des risques industriels, nucléaires civils, naturels, santé, etc).
[b]Pour faire simple, la prévention tient essentiellement en deux principes :[/b]
[b]-1) le risque d'un accident est la combinaison de la gravité des conséquences et de la probabilité d'occurrence. [/b]
On cherche généralement à prévenir les accidents peu fréquents mais tres graves, ou moins graves mais fréquents (très fréquent et très graves n'est pas socialement acceptable en temps de paix, et purement et simplement interdit).
[b]-2) un accident (contamination, catastrophe,...) survient généralement à la suite de plusieurs défaillances successives.
Faire de la prévention c'est "empiler des barrières de sécurité", chacune visant à prévenir le mieux possible une ou plusieurs défaillances, ou à en limiter les conséquences[/b]
Le risque d'accident est la combinaison du risque de chacune des défaillances qui conduisent à l'accident.
[b]Le 1er point (gestion-diminution du risque) est de la responsabilité de la société, des autorités, qui ciblent les mauvaises pratiques ou les défaillances risquées, par des interdictions et des campagnes de prévention.[/b]
Par exemple la vitesse est un point clé de la gravité d'un accident de la route, facile à interdire et contrôler, de même que l'alcoolémie qui en augmente la probabilité, le port de la ceinture de sécurité qui en diminue la gravité, où l'état du véhicule qui peut en augmenter gravité et probabilité (d'ou l'obligation d'un contrôle technique périodique), ...
Par contre le contrôle continu des connaissances du code de la route, et les stages de conduite en situation d'urgence (= stage jeunes conducteurs), qui seraient efficaces, ne sont pas votés par les députés... qui seraient les premiers piégés lol.
[b]Le 2eme point (multiplication des barrières de sécurité) est souvent à la charge de chacun, c'est pourquoi sa compréhension est essentielle.[/b]
Prenons un exemple un peu excessif, mais qui a le mérite d'être clair (au moins pour moi lol).
Un conducteur qui a une vieille voiture sans ABS, et qui a pris l'habitude de conduire trop pres, et qui a reporté au printemps le changement de ses pneus dont l'usure s'approche de la limite réglementaire, et qui conduit dans une file roulant trop vite, alors qu'il vient de commencer à pleuvoir, et qu'il est fatigué du week-end ou par quelques substances... est en situation de quasi accident... mais ne le sait pas !
Il suffit que la file change brusquement d'allure, ou que quelqu'un déboîte, et c'est l'accident !
De fait, de nombreuses "barrières de sécurité" étaient défaillantes sans que le conducteur s'en aperçoive :
- conduite trop pres : mauvaise pratique chronique (non respect du code)
- changement de pneus reporté : situation dégradée depuis plusieurs semaines
- fatigue et/ou alcool ou drogue: situation dégradée depuis plusieurs heures (non respect du code)
- la file qui roule trop vite : situation dégradée depuis plusieurs dizaines de minute (non respect du code)
- début de pluie : situation dégradée depuis quelques minutes (non adaptation de la vitesse, non respect du code)
- brusque freinage dans la file : ACCIDENT
Or lorsqu'il sortira du comas, et il aura réappris à parler, il dira à ses parents : " ils ont freiné devant comme des cons !".
Or le problème n'était pas là, il suffisait que le conducteur applique bêtement le code de la route certes, et surtout, qu'il ait appris à reconnaître une situation fortement dégradée, ne se permette surtout pas d'ajouter des risques, et s'impose de les réduire, pour que ça passe sans casser.
Les journalistes ne font pas mieux lorsqu'ils ne s'intéressent qu'au facteur déclenchant d'un accident ou d'une catastrophe.
[b]Or avec un peu d'habitude (je dirais 2 à 3 ans de pratique) on s'aperçoit que ces principes de prévention s'appliquent à tous les domaines de la vie, des maladies sexuellement transmissibles, aux accidents domestiques, accidents de la route, accidents urbains, accidents de loisirs (montagne...), etc.[/b]
Les professionnels de la sécurité les maîtrisent (pompiers, gendarmes, responsables de la sécurité industrielle, des risques naturels,...), mais parents et enseignants ne peuvent pas les transmettre aux enfants parce qu'il ne les connaissent pas, du moins en France, ... et c'est bien dommage.
Papy je te conseille d\'écrire un topic de 20 pages comme ça je suis que qu\'el qu\'uun le lira lol.
Message édité par : caline
Très chère Mère Thérèse, ceci est une des composantes d'un cours très ch**** à apprendre, sache juste que j'ai failli faire une crise de nerfs en lisant ça.
Pour les intéressés, [url=http://www.ecologie.gouv.fr/IMG/pdf/charte_environnement-2.pdf]ici[/url] le texte de la Charte de l'environnement, incorporée depuis 2005 au Préambule mignon tout plein de notre chère Constitution Française, et posant les principes de prévention (article 3) et précaution (article 5).
La Charte oblige également l'Etat à promouvoir le développement durable (article 6), informer les citoyens (article 7) et mettre en place une éducation et une formation aux méthodes de protection de l'environnement (article 8).
L'article 11 oblige également l'Etat à inclure un volet environnemental à chaque projet politique.
Moi j'ai tout lu ! Mais heu ... j'avoue.
Ce n'est pas le nombre de lignes qui compte Caline, mais ce qui est écrit.
Pour toi je vais faire un résumé :
Tant qu'on est jeune comme toi, on applique les conseils de prévention sans discuter lol
Par exemple l'usage systématique du préservatif.
Mais dès qu'on commence à comprendre les principes de prévention, on peut augmenter sa sécurité ajoutant des barrières de prévention/protection supplémentaires, de façon à atteindre un niveau de sécurité comparable à celui qu'on attend des transports en commun, services publics, établissements recevant du public, etc.
AngeBlanc ,
J'ai bien compris ce qui est imposé à l'Etat, mais en ressens-tu les bienfaits dans ta ville rose ? ^^
Non. Y'a pas le chauffage central dans les rues. Pays de m****. Et le métro fais n'importe nawak.
AngeBlanc,
La charte de l'environnementale est plus orientée "Environnement", alors que je m'intéresse plus à la sécurité des personnes, bien que les personnes fassent fondamentalement partie de l'environnement.
Dans les principes de préventions, les spécialistes descendent généralement au degré de détail des principes des Normes environnementales ou de sécurité des personnes, dites "de qualité".
C'est intentionnellement que je me limite à l'essentiel, en espérant être compris.
(tu imagines bien que j'ai une idée derrière la tête en abordant ce sujet lol)
J'estime que le principe de prévention de l'article 3 de la charte environnementale n'a qu'une portée juridique :
[i]
Toute personne doit, dans les conditions définies
par la loi, prévenir les atteintes qu'elle est susceptible
de porter à l'environnement ou, à défaut, en
limiter les conséquences .
[/i]
Par contre je me tiens au plus pres du principe de précaution de l'Article 5:
[i]
Lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'incertaine
en l'état des connaissances scientifiques,
pourrait affecter de manière grave et irréversible
l'environnement, les autorités publiques veillent,
par application du principe de précaution et
dans leurs domaines d'attributions, à la mise en
oeuvre de procédures d'évaluation des risques
et à l'adoption de mesures provisoires et
proportionnées afin de parer à la réalisation du
dommage.
[/i]
[quote=allomat69]Ce n\'est pas le nombre de lignes qui compte Caline, mais ce qui est écrit. Pour toi je vais faire un résumé : Tant qu\'on est jeune comme toi, on applique les conseils de prévention sans discuter lol Par exemple l\'usage systématique du préservatif. Mais dès qu\'on commence à comprendre les principes de prévention, on peut augmenter sa sécurité ajoutant des barrières de prévention/protection supplémentaires, de façon à atteindre un niveau de sécurité comparable à celui qu\'on attend des transports en commun, services publics, établissements recevant du public, etc. AngeBlanc , J\'ai bien compris ce qui est imposé à l\'Etat, mais en ressens-tu les bienfaits dans ta ville rose ? ^^[/quote]
Ah voila c\'est mieux j\' ai tout lu là papy.
angeblanc papy ne s\'appelle pas marie thèrese c\'est un homme.
Message édité par : caline
[quote=allomat69]AngeBlanc, La charte de l\'environnementale est plus orientée \"Environnement\", alors que je m\'intéresse plus à la sécurité des personnes, bien que les personnes fassent fondamentalement partie de l\'environnement.[/quote]
Bien sûr, mais c\'est la Charte qui, par son incorporation au Préambule, donne une grande valeur aux principes. Et à la base, ces principes ne sont qu\'environnementaux, car dans la vie courante, apparemment on estime que c\'est du bon sens de prendre des précautions et de tout faire pour prévenir les risques (parce qu\'on est concerné directement).
[quote=allomat69]Dans les principes de préventions, les spécialistes descendent généralement au degré de détail des principes des Normes environnementales ou de sécurité des personnes, dites \"de qualité\". C\'est intentionnellement que je me limite à l\'essentiel, en espérant être compris.[/quote]
En même temps, si tu détailles, tu vas dépasser les 10 pages ...
[quote=Toujours le même](tu imagines bien que j\'ai une idée derrière la tête en abordant ce sujet lol)[/quote]
Toi ? Une idée ? Mais tu penses ? Wouaw !!
[quote=Devinez qui !!]J\'estime que le principe de prévention de l\'article 3 de la charte environnementale n\'a qu\'une portée juridique : [gnagnagna] Par contre je me tiens au plus pres du principe de précaution de l\'Article 5: [regnagnagna][/quote]
Là j\'ai pas tout compris. Les deux principes ont une portée juridique de par leur valeur constitutionnelle (l\'article 5 encore plus car visant clairement les institutions publiques en incitant à prendre des mesures juridiques) et une portée idéologique quand on veut se triturer deux méninges en cas d\'ennui majeur. Donc j\'ai du mal à suivre.
Edit : p\'tit \'blème de balises.
Message édité par : AngeBlanc
[quote=allomat69]
(tu imagines bien que j'ai une idée derrière la tête en abordant ce sujet lol)[/quote]
Et c'est là que ça bloque de mon côté ... *honte*
J'attends de voir ce que tout ça va donner. Parce que j'ai pas encore compris la finalité du truc ^^. *rehonte*
mulch ,
je répète avec beaucoup de constance sur différents topics que si les jeunes gays masculins veulent échapper aux statistiques des gays masculins adultes, fortement contaminés par le Sida et le IST, je conseille d'ajouter un zeste de fidélité à une protection systématique.
Pour le comprendre il faut partir des fondamentaux des principes de prévention, qui miraculeusement marchent pour tous types de risques.
Pour ça il faut soit accepter l'idée qu'en multipliant les barrières de protection indépendantes, on se protège de la défaillance de l'une d'elle.
En effet les préservatifs et préservatifs buccaux n'offrent 100% de protection que si il sont utilisés de façon extremement stricte, ce qui n'est pas toujours réaliste...
J'ai pas compris la finalité de ce topic xD
Et je ne dois pas être le seul je pense ^^
[quote=cotueur]J\'ai pas compris la finalité de ce topic xD
Et je ne dois pas être le seul je pense ^^[/quote]
Alors commençons modestement par comprendre principes de prévention et de précaution.... qui sont dans la Constitution comme le rappelle AngeBlanc.
Je cherche simplement à souligner que ce ne sont pas que des droits ou devoirs citoyens, mais des principes puissants permettant d\'augmenter sa propre sécurité dans tous les domaines, y compris dans une voiture, ou quand on baise lol ^^
AngeBlanc, j\'avais sauté le poste de Caline, qui a tout-à-fait raison de te mettre en garde, je suis un homme ;-)
Message édité par : allomat69
Le principe de précaution ne permet pas forcément, dans les faits, d'augmenter sa sécurité. En fait bien souvent, il permet surtout d'empêcher qu'on l'augmente. Le problème de ce principe, c'est qu'il est très vague, et assez polémique sur certains points. Par exemple, le risque est quelque chose que l'on aborde en terme de statistiques. Mais comment réconcilier la statistique avec la vie humaine ?
Par exemple, une maladie grave survient, on a aucun remède. La maladie est mortelle à 25%. Mais un beau jour, un médicament voit le jour, qui permet de guérir totalement les malades. Seul problème, ce médicament à un faible risque (disons 2%) de s'avérer mortel. Il n'y a pas d'autres remèdes en vue. On fait quoi ?
Le principe de précaution nous dit de l'interdire. Après tout, il pourrait tuer l'intégralité des malades, ce qui serait pire que de laisser la maladie seule. Ce qui reviendrait à condamner 30% des malades...
Si maintenant on considère une maladie pas mortelle mais très handicapante, un médicament pas mortel mais avec des effets secondaires... il y a énormément de problèmes assez variés. Donc on est tenté de dire "principe de précaution". Mais d'un point de vue éthique, je trouve ce principe très discutable en toute généralité
Byron je partage ton point de vue, tout le monde se gargarise avec le principe de précaution, qui arrange les consommateurs, mais oblige les acteurs et décideurs à ne pas prendre de risque juridique, même si ce n'est pas la meilleure mesure en terme de santé publique.
Un exemple est le vaccin Hépatite B, qui méritait un temps de prendre des précautions parce que mal ciblé en France, et qui maintenant ne protège même pas les populations à risques comme les gays ([url=http://www.za-gay.org/forum/viewtopic/14788/etre-vaccine-contre-l-hepatite-b-/0/]mon topic lol[/url])
C'est pourquoi je fais la promotion des principes de prévention, qui sont tres méconnus du public... alors qu'ils couvrent le domaine des risques connus, qui sont un autre domaine que celui dont tu parles.
A mon avis la raison vient du fait que la société a une attitude ambigüe, parce que le traitement des conséquences des prises de risques est un marché.
Par exemple la diminution du nombre de blessés et de morts des accidentés de la route n'est pas une volonté des usagés eux-mêmes, mais du gouvernement qui doit gérer le déficit de la sécu et l'image de la France en Europe, et a pris de mesure drastiques de contrôle de la vitesse, qui est un facteur clé de prévention.
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