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Le ForumDébatsUn cerveau différent ?Tu peux poster une réponse ou un nouveau sujet depuis le menu de gauche. Avec un échantillon de population aussi large, ils pourraient aussi bien prétendre que la bisexualité n'existe pas.
Ce n'était pas le but.
Mais je suis daccord avec toi que cette étude reste à confirmer...
[quote=defoe] La encore je vois pas ton contre argument... Si on prouve que l'homosexualité ne provient pas d'un choix mais bel et bien d'un problème scientifique que l'on peut prouver, la question du choix serait alors éluder ! Les gens sauraient alors l'orientation sexuelle s'opérerait selon des pulsions que l'on ne contrôle pas.[/quote]
Peut-être vrai sur le fond, mais bon, il y a des obeses de naissance, ils sont fichés "gros", et sont insultés pour ça. Des gens ont des maladies de peau, de cheveux, ce que tu veux, on les évite pour ça. Les trisomiques, idem, tout le monde sait que c'est génétique, ça n'empeche pas les gens de les insulter, de les rejeter... des exemples comme ça, tu en as des dizaines, et à chaque fois, la critique y va.
Ca me fait penser qu'en Russie, les homo sont fichés "Personnes atteintes de maladie d'homosexualité". En gros, on passe de "t'as choisi de sucer des bites" à "tu es malade d'homosexualité"... Je sais pas ce qui est le pire, mais je préfère encore qu'on me dise la première phrase (avis personnel)
Message édité par : fuma
[quote=walden]
Geo >> A mon avis, le but n'est pas tant de chercher pourquoi les homos sont homos, mais plutôt de comprendre la sexualité elle-même. Or il se trouve que la différence d'orientation sexuelle fournit un point de comparaison intéressant en la matière, puisqu'il ne relève pas du sexe biologique mais bien de la sexualité.[/quote]
Je n'y avais pas pensé, merci pour la précision.
[quote=tazman]En fait, je voulais insister sur le fait que si les études mathématiques, voir physiques lorsqu'elles sont bien faites ne démontrent pas tout et n'importe quoi, les études expérimentales, basées sur des comportements humains, donc voulant traduire de façon scientifique certains comportements ou traits de la nature humains sont à prendre avec des pincettes !!!la nature humaine est beaucoup trop complexe surtout lorsqu'il s'agit de phénomènes sociaux ou comportementaux.[/quote]
La question de la possibilité même de sciences de l'homme est une belle question, c'est certain.
Elle renvoie, entre autres, à la distinction anglo-saxonne très critiquée entre « sciences dures » et « sciences molles » ( voir [url=http://fr.wikipedia.org/wiki/Sciences_dures]l'article de wikipedia[/url] ).
Par « sciences de l'homme », j'entends ici l'étude scientifique de tout ce qui relève spécifiquement de l'humain, pris individuellement ou en société.
> Sur la possibilité même de sciences de l'homme :
Tu invoques la complexité inhérente au « phénomène humain », telle qu'elle rendrait impossible, ou en tout cas très difficile toute approche scientifique.
D'abord, c'est tout à l'honneur de la science de s'attaquer à des problèmes complexes (ce que constitue assurément la physique contemporaine, par exemple), et même extrêmement complexes (voir la théorie du chaos).
Il faut bien commencer quelque part. Le problème est plutôt de trouver les outils scientifiques adaptés à leur objet.
On pourrait évoquer une autre impasse.
La science vise classiquement à rendre compte de la nature des objets, nature par principe objective et intangible. Or on peut voir une contradiction entre la recherche d'une telle nature chez l'homme et sa liberté propre. Cette liberté entrainerait nécessairement que les principes que l'homme pourrait découvrir à son propre sujet ne seraient jamais que culturels, donc relatifs.
Mais une solution à ce paradoxe peut être de prendre en compte dans l'analyse, en plus de l'objet observé, le biais culturel du sujet observant, au lieu de simuler un point de vue neutre. C'est d'ailleurs ce que font les sciences de l'homme les plus exposées à cette relativité (comme la sociologie). L'essentiel est alors de définir le cadre culturel de l'analyse.
> Sur le problème spécifique qui nous occupe :
C'est indéniable que la sexualité humaine est un phénomène social, et non purement génésique. En l'espèce, les études ont pris comme donnée de base l'homosexualité de leurs sujets, alors que l'homosexualité, aussi naturelle puisse-t-elle paraître, reste une notion socialement déterminée. On peut songer à sa relativité dans le temps (voir l'exemple classique de la pédérastie en Grèce antique) ou à son caractère arbitraire (comment identifier une homosexualité « pure » ? où situer la bisexualité ? etc...).
Une telle notion serait-elle pour autant incompatible avec une analyse neurobiologique ?
Le lien de causalité entre la sexualité et l'activité cérébrale va sans dire. Tout le problème est d'identifier précisément dans le cerveau et son activité ce qui relève de la sexualité.
Le connaissance du cerveau, en raison de son extraordinaire complexité, est souvent réduite à des approches expérimentales assez élémentaires.
Ainsi, si la comparaison entre les cerveaux d'une personne se disant homosexuelle et d'une autre se disant hétérosexuelle fait apparaître des différences, il est possible que ces différences aient un rapport avec l'activité cérébrale qui permet à ces personnes d'affirmer leur différence d'orientation sexuelle.
Il s'agirait bien entendu d'une simple corrélation, non d'un lien de causalité. Mais cela peut constituer une piste en vue de recherche futures, qui pourraient faire observer des corrélations similaires, et donc augmenter la probabilité de l'existence d'un lien de causalité.
Cela ne permettrait pas d'identifier une cause de l'homosexualité, mais seulement de l'affirmation par les sujets de ces expériences de leur différence d'orientation. Rien n'empêche de poursuivre l'analyse, mais elle devra alors se prolonger du côté de la psychologie, qui est une discipline différente.
NB : je n'ai aucune formation scientifique, donc je parle sous la réserve d'erreurs que pourront relever des personnes plus compétentes en la matière ^^
Ca me rappelle assez Freud dans ses Trois Essais sur la Théorie Sexuelle ^^
Il explique, à moins que je ne m'en souvienne plus, que le cerveau d'un homme homosexuel aurait une partie féminine du cerveau plus développée que la partie masculine, alors qu'une lesbienne aurait, à l'inverse, une partie masculine plus développée que la partie féminine.
Quoiqu'il en soit, que l'on ait plus ou moins de matière grise, en quoi cela nous fera-t-il vivre mieux ? On va nous faire des injections de matière grise ? xD
Non, plus sérieusement, on est homosexuel(le) ou on ne l'est pas.
Le problème de ce genre d'étude c'est qu'elle révèle des faits mais ne tire aucune conclusions claires, et cela n'est pas précisé. Du coup, chacun avec son niveau de connaissances, ses convictions, conçoit ses propres conclusions... Pour créer du racisme et de l'homophobie y'a pas mieux !
Quand à faire accepter l'homosexualité comme une maladie ? Supeeeeer ! Pensez un peu au nombre de personnes qui chercherons (certains le font déjà malheureusement...) à nous "soigner"... Quand à faire passer ça pour une pulsion: merci quoi ! Comme si il y avait pas déjà assez d'amalgames entre homosexualité et pédophilie, pour qu'on nous prennent encore plus pour des dingues !
Il n'y a qu'une chose à soigner: la xénophobie !
Au final, ce que je relève, c'est que cela ne répond pas à la question de l'inné ou de l'acquis. La deuxième citation pose même une certaine opposition avec une autre étude :
[quote=Source]Elles (ndlr: les différences) pourraient aussi être influencées par d'autres facteurs pour se mettre en branle, avant ou après la naissance.[/quote]
[quote]The research suggests sexual orientation is largely programmed into people early in life, according to Savic. However, other studies have shown a person's lifestyle can lead to structural brain changes.[/quote]
Et à propos de cette différence entre inné et acquis :
[quote=Walden]Ils en déduisent qu'une telle différenciation doit avoir commencé dès la période prénatale, ce qui va à l'encontre d'une explication "environnementale" de l'homosexualité.[/quote]
Je pense que période prénatale n'exclue pas une influence "environnementale". Le comportement de la mère induit un environnement qui peut influencer le foetus, pensez notamment à l'alcool ou la cigarette.
Je réponds aussi à quelques posts de ce topic.
[quote=Defoe]Si on arrive à prouver que c'est du au système des hormones et un espèce de dérèglement du complexe hypothalamo-hypophysaire, l'homosexualité redeviendrais une espèce de maladie incurable, qui serait alors beaucoup plus acceptée... On n'aurait plus droit aux questions genre "Pourquoi t'es gay ?" ou des réflexions genre "lui il a choisis de sucer des bites"...[/quote]
Oui. Alors, je ne sais pas si on peut dire que c'est incurable dans cette situation, tout dépend de note capacité à agir sur le complexe hypothalamo-hypophysaire par l'intermédiaire des traitements d'hormones et autres. Donc on peut très bien tomber dans l'eugénisme, en "corrigeant" ce "dérèglement hormonal" pour ne pas avoir d'enfant homo. En revanche, dans les deux cas on se fait avoir parce que sinon, si c'est de l'acquis, c'est des camps de redressement comportemental qu'il nous faut.
Pour finir, je comprends tout à fait les arguments de SpriKlin. Ce qu'il indique par rapport aux différents types de population est dans ma deuxième citation : "a person's lifestyle can lead to structural brain changes". C'est certes scientifiquement intéressant, mais peu utilisable en pratique. On peut donc voir plusieurs catégories de personnes, mais je n'irais peut-être pas jusqu'à dire que l'on peut aboutir à n'importe quelle conclusion des études.
Enfin, plus généralement, ce ne sont pas les conclusions de telles études qui me font peur, mais plutôt leur utilisation et leur interprétation à des fins qui me paraît dangereuse.
Quant à l'opposition "science dure" et "science humaine", c'est un débat très intéressant pour un nouveau topic, mais un peu hors sujet ici.
Message édité par : Estwald
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