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Les préjugés dans la Musique (Interview d'Artistes)

Le monde est depuis longtemps source de discriminations et de préjugés. Trop souvent des communautés ou des hommes sont mis de côté à cause de  « l'étiquette » qu'on leur colle à la peau. La liste est longue, ne le niez pas ! C'est pourquoi j'ai désiré faire part de mes réflexions quant aux préjugés qui entourent le monde de ma passion, la musique métal. (Plus Interview d'artistes)

(Initialement j'ai  écrit cet article pour le club journal de mon lycée, et j'ai decidé de vous le faire partager à vous tous)

 

 

Cet univers me tient beaucoup à cœur, car il m’a fait naître (mais ça c’est une autre histoire) et me définit encore aujourd’hui. Je me suis donc attaché à déconstruire les clichés que les gens projettent sur le métal. Pour ce faire, j’ai notamment pu interviewer des stars de ce genre musical.

Bien souvent, lorsque le métal est évoqué dans les médias, on peut y déceler des connotations négatives. Celles-ci vont renforcer un certain nombre d’idées préconçues, selon lesquelles c'est un style et un univers avant tout obscurs, dans tous les sens du terme.
Au mieux, les personnes extérieures à la « communauté métal » auront entendu parler du hard rock et penseront peut-être à Kiss, AC-DC et éventuellement Metallica. Le plus souvent, le métal évoquera une musique violente, gratuitement brutale et sans aucune subtilité, souvent appréciée par des adolescents en manque de repères ou des individus globalement mal dans leur peau. Voici dès lors les préjugés qui en ressortent : le métal serait associé au satanisme, aux appels au suicide et au meurtre et se rapprocherait des idéologies d’extrême-droite, notamment fascistes.

Il faut battre en brèche toute cette imagerie, fondée sur de fausses accusations. Bien que le métal puisse paraître violent et très impressionnant en concert en raison d'une puissance de son hors-norme, du jeu scénique et du décor assez noir, c’est une fausse impression qui est donnée. Il s'agit d'un folklore que peu de gens comprennent véritablement: en tant que spectateurs, on se prend au jeu sans véritablement y croire. D’ailleurs, de nombreux groupes ont une image assez sombre, mais les paroles de leurs chansons sont tout autres.  Elles traitent de problèmes de société ou sont plutôt des odes à la vie. D'ailleurs, depuis les années 2000 un nouveau courant se développe, autour de la protection animale et du veganisme (le fait de ne pas consommer d'aliments issus d'animaux) .

Pour compléter mes propos, j’ai réussi à interviewer l’incroyable Doyle Wolfgang Von Frankenstein, un des plus grands guitaristes de ce monde, ancien membre fondateur des Misfits (un groupe qui en a influencé plus d’un, de Marilyn Manson à Nirvana, en passant par  Metallica !). Puis j'aurai également la joie de vous présenter l’artiste française Audrey Ebrotie (ex Diary of Destruction) qui nous a fait le plaisir de répondre à nos questions spécial musiques extrêmes !



Interview avec Doyle Wolfgang Von Frankenstein*


Axel : Peux-tu préciser à toutes ces personnes qui le pensent que le métal n'est pas un monde de satanistes et que ce n'est qu'une facette, le folklore de cette culture ?

Et bien, comme tu le dis, le monde du métal n’est pas un monde satanique. Le satanisme est, pour nous, une source inépuisable d’inspiration. Ce n’est qu’une facette, l’image que l’on souhaite donner. En réalité très peu, voire aucun groupe n’est réellement sataniste. Si tu veux, c’est une sorte de dénigrement du satanisme, et en même temps c’est une sorte de faiblesse de la part du métal, car nous avions le choix entre plusieurs religions sur lesquelles porter nos jugements. Si nous avions choisi une autre religion, comme le catholicisme ou autres, les gens auraient eu la même réaction (j'ai du mal à comprendre ce qu'il veut dire, ndr). On ne s'attaque donc pas à une religion réellement reconnue, ce qui ferait d'avantage de remous, mais nous avons préféré choisir le satanisme et le paganisme comme fausses icônes, ce qui au passage renforce l’image de « dur » du métal. Et puis cela nous délie également de la pudeur que nous avons envers la mort. Donc, non, nous ne sommes pas satanistes.

Doyle: Mais tu  connais? la différence entre aller à l’église et un concert de heavy metal ?

Tout d’abord, dans les deux cas, les gens viennent pour chanter les chansons
Puis ils viennent pour honorer leurs dieux.
Mais la véritable différence c’est que nous, nous pouvons leur montrer des « dieux vivants ».

Axel : Au cours de ta vie, as-tu eu des problèmes vis-à-vis de ça, et des préjugés qui entourent ce monde ? Si oui peux-tu nous donner quelques anecdotes ?

Pas réellement car je fréquente uniquement un monde de métalleux, donc non, mais il m’est arrivé plusieurs fois, lorsque je souhaitais flirter avec des filles, d’aller voir leurs parents qui avaient regardé des vidéos de ce que je faisais, et à cause de leurs préjugés, j’ai dû cesser toute relation. La seule personne qui m’ait vraiment accepté comme je suis est la mère d’Alissa White Gluz (sa copine, chanteuse d’Arch Enemy). D’ailleurs, elle m’a tout de suite adoré et est devenue une de mes fans. Elle adore la musique extrême et mon dernier album,  Abominator.

Mamabeast (surnom qu'il donne à sa belle-mère, ndr) rules !! C’est Mamabeast qui décide ! (rires)

Axel : Quel type de personnes assiste à tes concerts ?

Franchement ? Ca va de 5 à 65 ans !

Axel : Pour finir, as-tu quelque chose à dire pour le lycée des Nerviens, ou pour ceux qui ont des réticences vis-à-vis du metal ?

Humm mm…. Just PURE FUCKING HEAVY METAL ! »



*Interview réalisée en anglais, via Instagram


Interview avec Audrey, de Diary of Destruction*


Axel : Depuis quand es-tu entrée dans le monde du metal?

J'écoute du metal depuis le collège, je dirais vers mes 13/14 ans. J'ai commencé par le métal symphonique car j'aime beaucoup le classique, et le chant lyrique. J'ai commencé ma formation vocale par le lyrique, et le métal symphonique est justement un mélange de style entre musique classique, chant lyrique et métal. Mes goûts ont ensuite évolué vers d'autres styles de métal (actuellement, j’écoute plutôt du metalcore, du hardcore…).
J'ai eu mon premier groupe à 16 ans, mais le projet n’a pas été très loin, c’était plus un passe-temps qu’autre chose. Après deux-trois autres petits projets, j'ai ensuite fait partie du groupe Diary Of Destruction de 2008 à 2015 en tant que chanteuse lead, et c'est surtout ce projet qui m'a fait découvrir le monde du métal artistiquement parlant, à travers les concerts, les coulisses, les témoignages des fans, les rencontres avec d’autres artistes, etc...

Axel : Ce n'est pas très courant une fille dans le métal, mais en plus avec la voix que tu as, ça a du faire encore plus de remous, comment ça s'est passé?

Il y en a plus qu'on ne le pense, mais c'est sûr que dans le monde du métal, il y a une grande majorité d'hommes. Je parle uniquement du milieu artistique, car si on parle des amateurs du style, je pense qu'il y a autant d'hommes que de femmes.
Ce n'est pas toujours simple d'être une femme dans le milieu du métal. C'est comme si on partait avec un handicap. Quand on monte sur scène, certains font des remarques idiotes du genre : « Oh c'est une fille au chant, ça va être nul, je me casse au bar ! » par exemple, puis finalement quand ils écoutent, parfois ils apprécient et viennent à la fin dire : « Franchement c'était super bien ! Au départ, quand j'ai vu que c'était une fille au chant, j'ai pensé que ce serait nul, mais j'ai été agréablement surpris ! ».
Au premier abord, c'est plutôt flatteur comme retour, mais en même temps, j'ai toujours un peu de mal avec ces personnes. Je suis reconnaissante de leur franchise, mais en même temps je me dis : « Ben dis donc, tu dois en rater des choses intéressantes dans ta vie si tu es toujours aussi buté et fermé d'esprit ! ».
Après, le fait que je fasse du guttural peut être un atout, car beaucoup on encore ce réflexe de penser que seuls les mecs peuvent growler (Le Growl est une technique de chant consistant, à pousser l'air tellement fort sur ces cordes vocales, se qui engendre non pas un sons normal, mais un son gutural, qui ressemble à un bruit de monstre. C'est une technique de chant très dur à aprendre, qui pourait même être l'une des plus compliquées avec le lyrique, il ne s'agit pas de hurler , comme certains le pensent, car s'ils "hurlent" réelement, aucun artiste n'arriverait à tenir toute une tournée, 2h3O de concert chaque soir, ndr). Bien entendu, c'est totalement faux puisqu'on est tous capables de faire du guttural simplement avec de la pratique et beaucoup de travail.


Axel : Peux-tu nous expliquer quels types de personnes fréquentent vos concerts, ou généralement les concerts de métal, festivals, etc...?

Il n'y a franchement aucun type particulier. Il y a des ados, des jeunes, des adultes, des seniors, de tous milieux et classes sociales... parfois très loin des clichés que certains peuvent avoir en tête.

Axel : Quelle est ta définition personnelle du Hellfest ?

C'est tout simplement le premier festival du genre en France, et l'un des plus grands en Europe. Cela montre que la scène métal en France a un avenir bien que beaucoup pensent que le métal n'est qu'un sous-genre. Ce festival réunit des légendes du genre mais laisse aussi leur chance à des groupes plus jeunes, des espoirs de la scène française.

Axel : Que penses-tu de ce festival?

J'aime beaucoup cet événement. Je n'ai vécu l’expérience que deux fois jusque-là mais j'ai à chaque fois apprécié. C'est bon enfant, il y a une bonne ambiance de fête, c'est aussi intense, riche en découvertes, en émotions, en rencontres.

Axel : Les gens pensent trop souvent que le métal est un monde satanique, quel est ton avis là-dessus?

Je n'ai pas beaucoup de choses à dire là-dessus. Les gens qui pensent ça n'aiment pas ce style au départ, ils ne s'y intéressent pas et répètent juste les idioties qu'ils ont pu entendre ou voir sur le net. Le métal, ce n'est pas les groupes extrêmes qui par exemple utilisent du sang sur scène, se font passer pour des adorateurs de Satan simplement pour choquer, tout comme le rap n'est pas un style de gangstas-like qui niquent la police, dealent de la drogue et font l'apologie de la violence dans leurs chansons. Il y a juste des merdes partout, dans tous les styles, que ce soit pop, chanson française, électro... ce qui génère automatiquement des clichés et idées reçues dans tous ces styles. Le tout est d'avoir l'intelligence et la curiosité de regarder plus loin.


Axel : Et enfin, peux-tu dire quelque chose pour les élèves du lycée des Nerviens (Le nom vient d'un peuple celte, c'est métal ça non? Hahaha) au sujet du métal?

Et bien déjà j'espère que cette interview les a intéressés et qu'elle leur donnera une autre image du métal, peut-être même l'envie de découvrir ce style histoire de s'ouvrir à de nouvelles choses. Je dirais que pour certaines personnes, la musique fait partie de qui ils sont. Je pense donc qu'il est intéressant d'être ouvert à différents styles de musique. Le métal pour moi représente qui je suis, c'est mon style de prédilection, mais je me retrouve aussi parfois dans la musique classique, le jazz, le hip-hop, le rap, la pop, le rock...
Bref, pour conclure je dirais, restez ouverts, restez curieux, n'ayez pas peur de ce que vous ne connaissez pas ou ne comprenez pas (et ça peut s'adapter à beaucoup de choses dans la vie en dehors de la musique), ne jugez jamais ce que vous ne connaissez pas et respectez les passions d'autrui temps qu'elles ne vous nuisent pas.

Merci Axel d'avoir pensé à moi pour cette interview, et merci pour ton soutien !



*Il s'agit d'un groupe vraiment sympa de Lille qui va vous en boucher un coin !



Notes de l'auteur:

Voilà, je pense donc qu’ici beaucoup de préjugés ont déjà été dénoués, mais il en reste un qui me démange encore…. Le métal, est-ce un monde d’extrême-droite ? En effet cela doit sans doute venir du fait que certains pensent que le métal est une musique néo-nazie , et donc l'associent à l'extrême droite.
J’ai tellement envie de rire quand j'entends cela car justement le métal et l'extrême droite ne font pas bon ménage. En effet l’extrême-droite aimerait couper les subventions de ce genre de festival (style Hellfest) et sans subventions il est difficile pour une musique quelque soit son genre de survivre. C’est pourquoi j’ai envie de dire que si on y prêtait réellement attention, l’extrême-droite et le métal ne sont pas très compatibles…

J’espère que cet article a pu vous donner une nouvelle image de ce monde, et si vous avez quelques questions, ou simplement envie que je vous fasse découvrir les facettes de ce vaste univers, je suis à votre entière disposition !
Pure Fucking Metal !





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SmithBogossJR
 
Date 11/08/2017 20:26

Évidemment c'est chiant. Ça touche tous les genres même. Par exemple, les gens voient mal un rappeur faire une chanson romantique avec des paroles poussées. C'est emmerdant kes préjugés !


roukini
 
Date 12/03/2016 15:29

Bravo super intéressant cette article ,je pense que le métal est le genre musicale le plus libre et c'est cette liberté que les autres ne comprennent pas .Vive le Métal !


Ancalim
 
Date 27/02/2016 0:30

Actu : Les préjugés dans la Musique (Interview d'Artistes) Le monde est depuis longtemps source de discriminations et de préjugés. Trop souvent des communautés ou des hommes sont mis de côté à cause...


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