⁠Star Trek Into Darkness : la saga continue?

J.J. Abrams ressuscite la franchise, et connaît un succès mondial avec "Star Trek", qui semble relancer la saga sur grand écran. L'arrivée en salles, en juin 2013, de sa suite directe, "Star Trek Into Darkness", confirme-t'elle pour de bon la renaissance de la célèbre série de science-fiction ?

Les origines

Créée en 1966 par Gene Roddenberry, qui envisageait la série comme une sorte de western spatial, "Star Trek" propulse le spectateur dans un 23ème siècle utopique et pacifiste : dans un univers supervisé par la Fédération des Planètes Unies (l'équivalent galactique de notre O.N.U.), l'équipage du navire USS Enterprise explore l'espace, sous le commandement du Capitaine Kirk (William Shatner) et de ses subordonnés, l'extraterrestre Mr Spock (Leonard Nimoy) et le docteur McCoy (DeForest Kelley).

Désireux de mettre en avant une science-fiction positive, Gene Roddenberry fait ainsi de "Star Trek" un symbole de tolérance : alors que la Guerre Froide bat son plein dans le monde réel, le scénariste propose un équipage international et multiracial, notamment composé de Sulu (George Takei), un pilote japonais, de Scotty (James Doohan), un ingénieur écossais et de Chekov (Walter Koenig), un navigateur russe. Cette audace, impensable pour l'époque, se retrouve d'ailleurs dans la présence, proéminente à l'écran, d'Uhura (Nichelle Nichols), officier de communication afro-américaine, qui ira même jusqu'à partager avec le Capitaine Kirk le premier baiser interracial de la télévision américaine.

En ces temps de bouleversements sociaux et raciaux (moins de deux ans avant le début de la série, Martin Luther King recevait le prix Nobel de la paix), "Star Trek" marque les esprits, abordant des thèmes (racisme, guerre, sexisme, etc.) trop rarement effleurés sur le petit écran américain, et prônant une cohabitation paisible entre les races et les peuples. Malgré cette approche novatrice, cependant, la série ne connaît pas un grand succès commercial, et finit par être annulée par NBC après trois saisons.

Le grand écran

Il faudra alors attendre d'innombrables rediffusions pour que "Star Trek" devienne une série culte. Au milieu des années 70, une série animée voit brièvement le jour, puis c'est en 1979 que "Star Trek" renaît sur grand écran, avec "Star Trek – Le film", de Robert Wise. Bien vite, de nombreuses suites se succèdent, au succès plus ou moins variable, jusqu'à ce qu'en 1987, "Star Trek : la nouvelle génération" signe le retour de la franchise à la télévision, avec un nouvel équipage, à bord d'un Enterprise plus futuriste.

Jusqu'à la moitié des années 2000, les séries dérivées et les films s'enchaînent, continuant la tradition sociale et avant-gardiste de la série originale : "Deep Space Nine" (1993-1999) présente un capitaine afro-américain ; "Star Trek : Voyager" (1995-2001) met en vedette une femme capitaine de vaisseau... Mais rien n'y fait, et au milieu des années 2000, la franchise s'éteint d'elle-même, créativement épuisée. Heureusement, en 2009, JJ Abrams, producteur et scénariste réputé pour ses nombreux succès télévisés ("Alias", "Lost", "Fringe") s'empare de cette saga bien mal en point, et retourne aux origines, avec un film narrant la première mission de Kirk et de ses compères.

La renaissance Abrams

Succès au box-office, "Star Trek" (2009) donne un second souffle à la franchise Trek, en transformant celle-ci en grand spectacle moderne : l'équipage est jeune, dynamique, l'action est intense, l'humour est présent, et malgré les apparences, le métrage parvient à préserver l'essence de la série originale.

Aussi il n'est guère surprenant de voir une suite mise en chantier quelques années plus tard, avec la même équipe de production, et la même distribution. Cette suite, c'est "Star Trek Into Darkness", un long-métrage beaucoup plus sombre que son prédécesseur.

Écrit par Damon Lindelof ("Lost", "Prometheus"), Roberto Orci et Alex Kurtzman ("Transformers", "Mission Impossible III"), ce douzième opus cinématographique de la saga sort au printemps 2013 un peu partout dans le monde.

Into Darkness

Il reprend les aventures de James T. Kirk (Chris Pine), Spock (Zachary Quinto) et de l'Enterprise là où elles s'étaient arrêtées : fraîchement promu capitaine du vaisseau, Kirk a de nouveau des difficultés à obéir aux ordres de ses supérieurs, et se fait sévèrement réprimander pour ses actions. Lorsqu'un mystérieux terroriste, John Harrison (Benedict Cumberbatch), lance une attaque sur la Terre, et assassine plusieurs des officiers de la flotte, l'Enterprise est envoyé en mission secrète à l'autre bout de la galaxie, pour tenter d'arrêter le criminel.

Mais les apparences sont trompeuses, et il s'avère rapidement que le terroriste est un ancien agent de la Fédération, qui se prétend victime d'une conspiration. Kirk et ses collègues doivent désormais faire un choix : exécuter leurs ordres et abattre Harrison, ou bien se ranger à ses côtés pour faire tomber les traîtres responsables du complot.

Un scénario contemporain

Dans ce nouveau chapitre des aventures de l'Enterprise, les pistes se brouillent à mesure que le scénario déroule ses rebondissements à l'écran. Pour la première fois depuis bien longtemps dans la saga, les principes mêmes de la Fédération (et de "Star Trek") sont remis en cause par les personnages et les scénaristes.

Les contradictions inhérentes à Starfleet (la branche militaire de la Fédération) sont ici soulignées : ses vaisseaux et leurs équipages sont-ils des explorateurs pacifiques, ou bien sont-ils des militaires gardiens de la paix stellaire ? Est-il possible de conjuguer ces deux missions de manière équilibrée et juste ? Et enfin vaut-il mieux agir selon sa conscience, ou bien obéir aveuglément aux ordres ?

Autant de questions qu'abordent les trois scénaristes, sous couvert de thématiques d'actualité (le terrorisme, le rapport à l'autorité, les conspirations "gouvernementales" - Roberto Orci est un conspirationniste assumé et convaincu...), au travers d'un long-métrage plein d'action et d'aventure.

Une distribution inspirée

Pour interpréter son méchant principal, le mystérieux John Harrison, J.J. Abrams et son équipe se sont tournés vers une star en devenir du petit écran, Benedict Cumberbatch : très remarqué pour son interprétation de Sherlock Holmes dans la série "Sherlock" de Steven Moffat, sur la BBC, Cumberbatch campe ici un adversaire au charisme envahissant, et dont l'identité réelle fera frissonner les spectateurs avertis.

Face à lui, le trio principal de Kirk, Spock et Uhura (Zoe Saldana) continue son évolution, confronté à des dilemmes moraux et personnels inédits. Kirk est en proie au doute, tiraillé entre une Fédération dont les idéaux semblent souillés par d'obscures manigances, et un Harrison persuasif, au désir de vengeance justifié.

Spock et Uhura, quant à eux, doivent concilier leurs problèmes personnels avec ce conflit à l'échelle galactique : toujours sous le choc de la perte de son peuple dans le premier film, Spock peine à conserver son légendaire flegme vulcain, tandis qu'Uhura lutte pour préserver leur relation sentimentale.

En périphérie des personnages principaux, et du reste de l'équipage (Sulu, McCoy, Scotty, Chekov – respectivement joués par John Cho, Karl Urban, Simon Pegg et Anton Yelchin), se trouvent quelques nouveaux arrivants, au nombre desquels l'Amiral Marcus (interprété par Peter Weller, plus connu pour être "Robocop"), le supérieur direct de Kirk, bien décidé à stopper Harrison, quel qu'en soit le coût ; et Carol Wallace (la séduisante Alice Eve), une jeune scientifique qui rejoint l'équipage de l'Enterprise, et attire le regard de Kirk... mais qui, elle aussi, cache un lourd secret.

Pour ce nouvel épisode de la série, Michael Giacchino, compositeur attitré de J.J. Abrams, est de retour, avec une bande originale symphonique qui marche dans les traces du précédent opus. Mélange de ses propres thèmes musicaux hérités du "Star Trek" de 2009, de nouvelles mélodies, et de quelques clins d'œil sympathiques au passé (notamment à Jerry Golsdmith, responsable de la musique de la plupart des longs-métrages Trek, et des séries), la bande originale de "Into Darkness" s'impose comme un nouveau succès du genre.

Mais bien entendu, tout cela ne serait rien sans les effets spéciaux spectaculaires de la société ILM, déjà multi-nominée et récompensée pour son travail sur le premier volet d'Abrams. Ici, la compagnie d'effets spéciaux de George Lucas remet le couvert, et donne vie à de nouvelles planètes extraterrestres, des combats spatiaux intenses, et à une mémorable scène de chute libre orbitale à l'effet encore renforcé par la 3D du film.

Le succès... et l'avenir ?

Sans grande surprise, "Star Trek Into Darkness" est un succès commercial aux États-Unis comme dans le reste du monde, dépassant, au box-office, les scores du volet de 2009. La franchise "Star Trek" est donc bel et bien relancée grâce à J.J. Abrams, et à Bad Robot, sa maison de production.

Se pose alors la question du futur de "Star Trek". JJ Abrams, en effet, a récemment été choisi pour prendre les rênes d'un autre mythe de la science-fiction, "Star Wars". Il va donc devoir faire un choix : céder son poste de réalisateur-producteur sur "Star Trek", ou bien mener de front les deux plus grosses franchises cinématographiques du genre, en espérant parvenir à les maintenir bien distinctes.

À en croire ses interviews, Abrams semble s'orienter vers la première option, et vouloir confier son troisième épisode de "Star Trek" à un nouveau réalisateur. Reste à trouver l'heureux élu, et pour cela, nul doute qu'Abrams et ses collaborateurs ont déjà commencé à étudier leurs options... mais dans l'intervalle, les fans de "Star Trek" ne peuvent que croiser les doigts, et espérer que leur univers préféré ne connaîtra pas une nouvelle traversée du désert, alors même qu'il vient tout juste de revenir à la vie. 

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indueorder
 
Date 28/06/2013 3:06

C'est un navet ! Un film de plus de deux heures pour ça ? J'ai eu l'impression d'être fixé à une pseudo-introduction. L'action commence à mes yeux réellement lorsque l'on apprend qu'ils vont...


Remiyios
 
Date 19/06/2013 9:57

C'est un navet ! Un film de plus de deux heures pour ça ? J'ai eu l'impression d'être fixé à une pseudo-introduction. L'action commence à mes yeux réellement lorsque l'on apprend qu'ils vont...


Azurrael
 
Date 16/06/2013 11:27

C'est marrant parce que j'ai l'impression d'aller à contresens de beaucoup de monde en disant que c'est un navet … Youhou, il y a des effets spéciaux mais alors que ce soit l'histoire, la mise...


guillaume333
 
Date 15/06/2013 5:18

les vrai son ceut qui son passer sur arte sur la 7,et sa ces des vrai,les nouveau ces du recopie,bassé sur la véritable histoire,


Makswell
 
Date 13/06/2013 20:37

Je l'ai vu aujourd'hui meme, Il est un peu long comme film, mais il en vaut le détour ! :)


SumberGuy
 
Date 13/06/2013 20:32

Le premier étais énorme, celui là semble encore plus classe. L'histoire tout comme les effets semblent vraiment top. Vivement demain, car jvais me faire plaisir en allant au ciné :)


Makswell
 
Date 12/06/2013 23:45

Perso' j'ai hate de voir le nouveau film :)


vivi48
 
Date 10/06/2013 14:58

Actu : ⁠Star Trek Into Darkness : la saga continue? J.J. Abrams ressuscite la franchise, et connaît un succès mondial avec "Star Trek", qui semble relancer la saga sur grand écran....


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