Train_Thalys_728x90

Take your medication Roman

Nicki Minaj a fait une entrée fracassante dans la sphère musicale avec son album "Pink Friday". Qu'en est-il, avec "Pink Friday : Roman Reloaded" ? La relève est-elle assurée ?

 

Nicki Minaj est un nom connu de la plupart d'entre nous. La jeune femme de vingt-neuf ans a réussi à se forger une réputation en peu de temps, et a connu une ascension folle grâce à son album "Pink Friday". Rappeuse d'origine, elle élargit ses compétences à d'autres registres musicaux, tels que la pop, jugée par certains purement commerciale. Le titre resté en mémoire cet été étant certainement "Super Bass", Minaj revient sur le devant de la scène avec son nouvel album "Pink Friday : Roman Reloaded".

Alors qu'en est-il ? Que propose Nicki Minaj après un album reçu plus que positivement par les critiques ? Son style électro-rap assez unique et édulcoré a fait des émules. A-t-elle réussi à proposer un album dans la continuité de son premier opus, ou est-il d'un genre différent ? Un peu des deux, à vrai dire.

Je vais faire une revue de l'album dans son édition Deluxe, qui compte 22 morceaux, contre 19 dans l'édition Standard. Assez généreuse, la Minaj, donc. Toutefois, je vous donne les grandes lignes. Si vous voulez une analyse détaillée, j'en ai faite une, mais je vous avouerai ne pas être expert musical.

J'en attendais beaucoup de cet album, après un Pink Friday plus que sympathique. D'autant plus que le battage médiatique autour de ce nouvel album était important, c'est donc avec quelque peu d'appréhension que j'ai mis le disque dans le lecteur. Je m'étais assuré de monter les basses, tout simplement parce qu'elle avait promis qu'il serait dansant, via son compte Twitter.

L'album, dans sa globalité, est très diversifié. Les morceaux s'enchaînent de manière très agréable, on n'a pas de mauvaise surprise. L'album est travaillé, et Nicki Minaj s'est entourée d'une équipe gagnante. Le rap côtoie le chant, l'électro côtoie le plus classique, et le tout se suit de manière endiablée. Si la volonté de la chanteuse était de nous faire bouger, c'est réussi. Si sa volonté était celle de nous en mettre plein les tympans avec son rap, c'est réussi.

J'ai beaucoup aimé la transition entre la première partie vraiment orientée "rap", et la seconde plutôt "pop", pour terminer sur une sorte de journal intime, où la chanteuse se dévoile, tout en restant dans un mélange habile des genres. On n'est pas sur du slam, mais on y arrive par moments. D'autres, on se demande comment a-t-elle réussi à si bien marier le chant et le rap, dans un seul morceau, en maintenant une telle harmonie.

 

J'appuie donc sur le bouton Play de la télécommande. Et je me dis "P####n. Ça en jette."

 

On commence sur un morceau connu de ceux qui suivent son activité, "Roman Holiday". Un morceau assez expérimental et futuriste. Des sons de laser se mêlent à des chœurs, à des basses puissantes et lentes, ainsi qu'à des tam-tams et des tambours. Son rap est présent sur ce morceau dès le début, et s'annonce comme maîtrisé. Nicki Minaj joue de sa voix, et s'en amuse. Le morceau est surprenant, et assez amusant à écouter. Tout est travaillé. Il en va de même pour tout l'album, en fait.

"Come on a Cone" est le second morceau, mais également celui qui révèle le caractère assez agressif de ses morceaux rap. "Bitchez" est certainement le mot le plus récurrent dans cet album, et ce n'est pas vraiment pour me déplaire. Minaj mélange habilement les effets sonores appliqués à sa voix, qui sont toujours bienvenus, et ses longs couplets de rap. Vient ensuite les moments de chant, qui annoncent la couleur : l'album mélange les genres, avec une superbe maîtrise.

"I am Your Leader" est dans le même genre que "Beez In the Trap". Les deux morceaux pourraient presque ne faire qu'un, tant ils sont dans la continuité l'un de l'autre. Les basses sont lentes, mais des sons venus d'ailleurs rythment le tout, donnent vie à un rap entraînant, et surtout instaurent une ambiance presque inquiétante. Sur ces deux morceaux, Nicki Minaj est accompagnée de rappeurs masculins afin de rééquilibrer les morceaux. Et ils sont efficaces. Les morceaux se laissent facilement écouter, et font ressentir un travail approfondi sur chacun des morceaux. J'ai l'habitude des albums où on trouve facilement une bonne moitié de morceaux bons à jeter, mais sur celui-ci, ce serait seulement deux. Et encore, je suis sévère. On se laisse facilement aller à cet album complet, et dansant.

"HOV Lane" est un des morceaux les plus classiques, que l'ont aurait tout aussi bien pu caser dans l'album "Pink Friday" de Nicki Minaj. Nombreuses sont les références à cet opus au travers de ses textes, et on sent que la chanteuse a voulu instaurer une réelle continuité entre ces deux albums. Sans être lassants, les morceaux sont l'expression d'un ras-le-bol qui se poursuivent, tous différents, mais quelque part semblables. Les effets appliqués ne lui font pas défaut, et malgré sa voix parfois peu assurée, dans ses chants, on se surprend à les apprécier.

Quant aux surprises, elles sont vraiment nombreuses je dois dire. Le passage oriental dans "HOV Lane" est très appréciable, et les différents bruitages que ses producteurs ont pu lui caser ajoutent un vrai surplus à ses chansons.

"Roman Reloaded" est une collaboration entre Lil Wayne et Nicki Minaj. Le morceau est une fois de plus assez agressif, accompagné de sons de flingues, de labiales fortes, et raps de Lil Wayne étranges, renforçant l'ambiance angoissante qu'il ressort quelques fois de cet opus. Mais bon, on  sait qu'en écoutant du Nicki Minaj, on ne vient pas chercher l'univers sucré et doux de Katy Perry par exemple. On termine sur un Lil Wayne hurlant "Bang Bang !", essoufflé, et un bruit de roulette.

S'en suit "Champion", qui pourrait être une sorte de passage marqué entre la partie "rap" de l'album, et la partie "pop" de celui-ci. Les basses présentes s'estompent. Les orgues sont de la partie, cette fois-ci, et Nicki Minaj chante pour la première fois réellement. Sa voix n'est pas très assurée, mais des effets viennent combler ces lacunes, sans pour autant lui porter préjudice. Drake vient à la rescousse de la demoiselle, et chante à ses côtés, pour un duo résolument reposant. On est, si je puis dire, face à la deuxième partie de "I'm the Best" mêlée à "Save Me" et "Moment For Life". Et on aime.

"Right By My Side" est un morceau purement électronique. Ici aussi, Nicki Minaj nous prouve qu'elle n'est pas seulement une poupée manufacturée, mais qu'elle en a dans le coffre, et qu'elle en veut. Ses études de chant lui ont valu une maîtrise qu'elle expose ici. Le morceau n'a toutefois rien d'exceptionnel à revendiquer, il est une sorte de poursuite de "Champion", et accueille un passage de rap vraiment bienvenu.

"Sex In The Lounge" est, pardonnez moi, assez médiocre. "I'm addicted to fame", chante-t-elle. Oui, m'enfin. N'abusons rien. Je n'ai pas réussi à identifier la personne qui chante à ses côtés, tant elle est soumise à rude épreuve, sous des tonnes de traitement à l'auto-tune et au vocoder. On suppose que ce sont deux hommes, mais on ôte vraiment toute envie de l'écouter jusqu'au bout lorsque Lil Wayne revient chanter. Il est passable. Je zappe donc au suivant.

"Starships" ! "Let's to the beach ! Have a drink !" C'est vraiment un morceau sympathique. On tombe dessus, et on s'y croit déjà. Le rythme est entraînant, et le ton festif nous donne envie de se lever et de se bouger. Mais Nicki Minaj préfère apparemment ne pas se contenter de la formule gagnante, en chantant des textes plutôt débiles, et comble en apposant un break assez surprenant. L'électro est présente, et vraiment sympathique. Influencée par la dubstep croissante sur le marché musical ? Peut-être. Mais ça n'en est pas. Je ne sais pas qualifier ce que c'est, comme genre. Un mélange avec de la house peut-être ? Quoiqu'il en est, le morceau est vraiment bien, et pourrait très certainement faire un carton cet été.

"Pound The Alarm" est vraiment un morceau qui résumerait l'album à lui seul : de la pop entraînante, des chants dignes d'Inna emplis de "Oh oh oh !" et des raps rapides et crus, accompagnés d'une électro assez festive lorsque Minaj chante, et plus sombre lors des refrains. Le mélange détonne, mais reste très agréable. On se demande pourquoi cela n'a pas été fait plus tôt dans l'industrie. Le rythme est soutenu, et le morceau efficace pour quiconque souhaite danser dessus. Un futur carton également, en réserve.

"Whip It" et "Automatic" sont deux morceaux semblables, qui se suivent vraiment bien. Le rap est efficace, et la musique typée européenne. Assez proche de ce qu'on a pu connaître dans les années 1990 en France ou en Allemagne. Nicki Minaj chante parfois, mais sa voix s'étouffe malheureusement quelques fois sous les effets. Des morceaux vraiment sympathiques à l'écoute, qui s'intègrent bien à l'album, mais qui ne seront certainement pas écoutés en entier si on tombe dessus lors d'une écoute aléatoire. Enfin, c'est mon avis.

"Beautiful Sinner". Cette chanson est vraiment unique, et assez exceptionnelle je dois dire. Les basses sont tout simplement énormes, et Nicki Minaj a fait le bon choix quant à ses producteurs : le morceau est un régal. On a envie de bouger, et la chanteuse maîtrise vraiment sa voix ici. On trouve un travail de qualité, qui au final remplit son objectif : on se dit qu'elle a de la voix, et qu'elle sait faire autre chose qu'exposer ses formes. L'album regorge de futurs tubes, et celui-ci en fait définitivement partie.

"Marilyn Monroe" est une des seules ballades de l'album. Ballade ne serait pas le terme approprié si on parlait d'un album classique, mais il s'agit de Nicki Minaj. Ce morceau marque l'entrée dans la partie où la chanteuse décide de baisser le rythme, de ralentir. Pas d'effet superflu : des petites correction par-ci par-là, des coachs vocaux ont dû être nécessaires, car Nicki Minaj chante plutôt bien, et décrit une sorte de douleur au travers d'une mise à nu qu'on apprécie particulièrement, bien qu'étonnante venant d'un personnage généralement agressif. J'aime bien, mais ce n'est tout de même pas mon préféré.

"Young Forever" contraste bien de "Marilyn Monroe" avec une voix forte, des paroles évoquant le regret, "I'd be your wife... And you'd take me away." Honnêtement, je ne sais pas ce qui me turlupine, mais j'ai l'impression que c'est une formule qui marche. Ses textes ne sont peut-être pas sincères, mais on se surprend à découvrir une facette toute autre de la chanteuse, accompagnée de musique plutôt lente. Nicki Minaj en a décidément, et en veut.

"Fire Burns" est très certainement ce que j'appellerai "Your Love, pt. 2". Nicki Minaj chante sur fond de musique électro douce, accompagnée de chœurs et d'orgues, ainsi que de basses rares, renforçant la pureté du morceau.

"Gun Shot" s'en suit. Un morceau sympathique, sans réel point particulier à souligner, où Nicki Minaj chante accompagnée de Beenie Man. Sa voix est assurée, et une fois de plus puissante. La musique est douce, le traitement appliqué à sa voix n'est pas trop envahissant, et la chanson se laisse écouter avec plaisir. On est content quand même de se reposer quelque peu les oreilles.

Nicki Minaj ne compte toutefois pas terminer sur une note si triste, et enchaîne avec "Stupid Hoe". Le morceau le plus surprenant qu'il soit à mon avis. Sorti en tant que single il y a un mois ou deux déjà, et d'un clip étonnant, on aime ou on n'aime pas. Les tympans sont mitraillés de basses rapides et de bruits répétés où Nicki chante à tue-tête "Wou wou !", avec un rap sec et agressif par dessus. C'est simple. Moi j'ai adoré.

S'arrête la partie dite "Standard" du disque. On enchaîne sur les morceaux bonus.

David Guetta prend donc le dessus, avec "Turn Me On". Pas besoin de m'étaler sur ce morceau, c'est du David Guetta. Nicki Minaj chante sur un fond électro qu'on connaît (trop ?) du producteur français, et hurle pour qu'on lui insuffle la vie. Nous, on est réveillé en tout cas, et on a envie de danser.

"Va Va Voom", titre assez étrange pour une chanson vraiment sympathique. Ici, Nicki Minaj chante une suite de "Super Bass", et on se surprend à écouter avec attention, avec au final un air efficace qui reste en tête.

"Masquerade" est un morceau que l'on pourrait qualifier de classique venant de Nicki. Et qui reflète également l'album : Nicki chante, Nicki rap, Nicki nous insuffle de la bonne humeur, et nous donne envie de recommencer.

 

Le lecteur s'arrête. 79:09 minutes. Pas mal. Les oreilles ont pris cher par moments, mais j'ai vraiment bien aimé. J'en attendais beaucoup, et je me suis permis d'être exigeant après un premier album vraiment abouti. Celui-ci ne m'a pas déçu. Les temps sont maîtrisés, et aucun morceau ne donne réellement envie de passer au suivant, ou de le remettre au début : ils ont la durée idéale. On est donc face à un album qui pourrait correspondre à tous types de profils : ceux qui cherchent du rap peuvent se ruer dessus. Idem pour ceux que la pop attire plus. Ceux qui sont à la recherche de nouveauté musicale, vous pouvez vous en donner à coeur joie. Les expérimentations sont nombreuses, et l'album remplit parfaitement son rôle. L'électro est ici variée, innovante, et surprenante.

 

Je pense que l'album est dispo sur Deezer, ou toute autre plateforme d'écoute légale. Pour ma part, j'ai fait confiance à Nicki Minaj, et je ne regrette pas. :)

 

Partager cet article

Image relative

Voter pour cet article

Sujets proches

P!nk de retour en 2012

Alors qu'elle a accouché le 2 juin, P!nk à déjà prévu son retour. Début 2012, un nouvel album devrait paraître, et une nouvelle tournée sera dévoilée.

Nouvel Album De La Bombe Colombienne Shakira

Un nouvel album pour la bombe Colombienne ! Et avec de nombreuses collaborations !

Du Domaine des murmures ou la vie d'une jeune femme recluse au Moyen-Age

Le deuxième roman de Caroline Martinez explore la psyché humaine au temps du Moyen-Age

"Alger Sans Mozart", roman de regards croisés sur l'Algérie.

"Alger Sans Mozart", de Messieurs Canesi et Rahmani, est ce que j'appelle une bonne surprise. Un roman historique, sans "h" majuscule. Il raconte des histoires, au sein de l'Histoire,...

Ces Noénautes qui débarquent dans vos vies.

C'est un petit livre sympa. C'est un petit livre qu'on pourrait presque oublier de regarder. C'est un petit livre qui a décidé de ne pas jouer les règles habituelles des circuits d'édition. Les...

L'atterrissage difficile de Frédéric Monceau.

Le C½ur entre deux chaises, premier roman de Frédéric Monceau, semblait annoncer dès le titre une romance gentillette, une vague auto-fiction parfaitement adaptée en période de vacances. Il faut...

Sortie de l'album - Le point G - Christophe Madrolle

Dans son second album, Christophe Madrolle joue avec les mots, et avec les genres. Sexuellement correct, Le point G s'adresse à un public ouvert, et dérangé.

Woodkid, le réalisateur passe au micro

Réalisateurs des clips de "Teenage dream", "Blue jeans" ou encore "Take care", Yoann Lemoine alias Woodkid a sorti il y a moins d'un mois son premier album "The Golden...

The Voice of Emotion - Montserrat Figueras

Elégance et délicatesse. Ce sont les deux mots qui viennent à l'esprit en écoutant cet album de Montserrat Figueras. Avec lui, on plonge avec la soprano catalane dans la musique ancienne espagnole....

Soan - Sous les yeux de Sophie

On est toujours un peu surpris de découvrir la qualité de l'album de Soan quand on sait, sans être mauvaise langue, qu'il a gagné la Nouvelle Star. Mais l'impossible arrive parfois : Soan, après un...