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Sidaction 2012, retour dans le passé.

Le Sidaction va commencer. Il se déroulera sur trois jours du 30 mars au 1er avril. C'est l'occasion pour nous de nous plonger dans l'histoire afin de se remémorer, ou de prendre connaissance, de l'évolution du VIH/SIDA en France.

         Dans l’histoire de l’homosexualité en France (et plus largement dans le monde), une période a été marquante et doit à mon sens rester dans les mémoires puisqu’elle est partie intégrante des récits des plus anciens militants homosexuels. Il s’agit ni plus ni moins du début des années 80, tristement marqué par l’apparition du SIDA, et de l’épidémie mortelle qui s’en est suivie.

        Au départ ce syndrome sera désigné par le terme de « forme rare de la maladie de Kaposie » ou plus vulgairement de « cancer gay ». Ce moment des débuts de la maladie sera comme un facilitateur de la stigmatisation et de la montée en flèche de l’homophobie ambiante. Les discours visant à prouver l’anormalité de la sexualité homosexuelle, continueront très longtemps. Ils seront par ailleurs repris par les partis d’extrême-droite. Le Front National réclamera, dans sa campagne de 1987, le dépistage obligatoire de toutes les « populations à risque », ce qui, dans ce système signifiait : les populations homosexuelles, migrantes, etc.

        François Bachelot, médecin, déclarera également que le SIDA est « la preuve de la décadence de la société, du laxisme en matière de mœurs » et de poursuivre « Le sida a ruiné le fantasme sexuel des soixante-huitards attardés… Les sodomites distingués ricanaient de l’archaïsme des demeurés qui eux, continuaient à faire l’amour par les voies naturelles et, qui plus est, avec une seule partenaire : une femme. Beaucoup d’entre eux, aujourd’hui, sur leur lit de mort, doivent méditer »[1]. Ces discours, pourtant d’un cynisme rare, ne sont que des témoins du climat de tension qui régnait alors.

        Les associations militantes homosexuelles quant à elles minimisent les risques aux débuts de la contamination. Elles iront jusqu’à accuser celle-ci de manipulation politique et en nieront toute réalité. Cette situation pourtant inimaginable aujourd’hui tant la question du VIH/SIDA occupe la scène associative LGBT était pourtant bel et bien réelle. Finalement, elle s’explique assez facilement. Ces discours liés à la méconnaissance et à l’ignorance seront fortement influencés par une grande crainte que l’homophobie ne croisse. Nier la réalité du SIDA, c’était alors “se protéger”. Paradoxal.

        Ce n’est qu’après 1984 quand apparaitront de nouvelles structures comme AIDES et Act-Up (en 1989) que la lutte contre le SIDA s’engagera concrètement auprès des milieux homosexuels. Nombreux sont ceux qui voient dans leur entourage, les décès se multiplier. En 10 ans, entre 1984 et 1994, le nombre de personnes contaminées passera de 377 à plus de 37000. En plus des actions de prévention de terrain, certains spots « publicitaires » vont voir le jour. C’est le cas par exemple de celui d’Act-Up, publié en 1994, et qui illustre tristement bien la situation :

        Finalement, il faudra attendre jusqu’en 1996 pour laisser place aux premières trithérapies. Celles-ci, après de multiples évolutions, parviennent désormais à assurer aux patients une espérance de vie quasiment équivalente aux personnes séronégatives au VIH. Pourtant, tout n’est pas gagné puisqu’il n’existe encore aucun vaccin. Si le VIH ne tue plus en France, il n’en est pas moins qu’il impose des contraintes très fortes à ses victimes. Prises de médicaments quotidiennes, parfois pluriquotidiennes, effets secondaires, éventuellement exclusion sociale, les conséquences continuent d’être lourdes.

        Aujourd'hui en France, 150 000 personnes vivent avec le VIH et on estime à 50 000 le nombre de personnes atteintes sans le savoir ou sans suivi médical. Tous les ans, ce sont 6 000 personnes qui sont dépistées positivement et 1 500 personnes qui atteignent la phase SIDA. Alors une seule chose. S’il vous plait, faites attention à vous, protégez-vous. Et si vous avez pris un risque, agissez au plus vite, et si possible dans les 48 heures. Des solutions existent. Vous pouvez d'ailleurs consulter cet article publié l'année dernière, mais toujours d'actualité.

       Cette année, dans le contexte électoral qui anime la France, les hommes et femmes politiques semblent pourtant oublier cette thématique. Pierre Bergé, le président du Sidaction, les a d'ailleurs interpellés ce 12 mars lors du lancement de la campagne 2012 de l'association. Se déclarant en colère, il n'a pas hésité à l'exprimer de façon claire : « La lutte contre le sida est une lutte politique et nous avons besoin des pouvoirs publics. Si les hommes politiques ne sont pas à la hauteur, c’est le sida qui vaincra ».

        Si vous en avez les moyens, vous pouvez faire un don à l'association, toute l’année sur leur site Internet, ou bien par téléphone en composant le 110 jusqu’au 11 avril 2012.



[1] F. MARTEL, La longue marche des gays, p.75.

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Ikiroh
 
Date 30/03/2012 11:28

T'es tellement parfait Iwaly :love: J'ai donné 20 euros, j'me sens grand !


Iwaly
 
Date 29/03/2012 18:54

Actu : Sidaction 2012, retour dans le passé. Le Sidaction va commencer. Il se déroulera sur trois jours du 30 mars au 1er avril. C'est l'occasion pour nous de nous plonger dans l'histoire afin de se...


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