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[Récit d'expérience] Élève et tuteur de français.

Récit de mon expérience en tant que tuteur en soutien de français. Dans un système scolaire défaillant, le soutien peut se révéler être une solution efficace à condition qu'il soit bien mené.

Bonjour, je m’appelle Stéphane, et je suis actuellement en Terminale Économique et Sociale dans un établissement privé sous-contrat. C’est un lieu qui regroupe des élèves allant de la maternelle au lycée et dans lequel je me sens bien au quotidien. Mais, je ne suis pas tout à fait un simple « lycéen », je suis aussi « tuteur en français », c’est ma manière à moi de m’investir et de rendre ce que cet établissement m’a apporté, m’apporte et m’apportera encore. Aujourd’hui, je viens vous parler de mon engagement auprès des élèves.

Commençons, donc par le début. En septembre dernier, plusieurs membres de l’équipe pédagogique  me contactent  suite aux résultats obtenus à mon baccalauréat de français : 18/20 à l’oral et 18/20 à l’écrit. Je les écoute avec attention, et je finis par accepter leur proposition, même si au début, je me montre un peu réticent à l’égard du projet. À cet instant-là de l’aventure si aventure il y a, je ne sais pas encore où cette expérience va me mener et encore moins ce qu’elle va m’apporter si ce n’est du travail en plus.         

Le mois de septembre s’écoule, je ne pense alors plus avoir de nouvelles, mais au début de l’automne, des entretiens préalables entre les professeurs principaux et les responsables de niveaux ont lieu, afin de détecter les lacunes potentielles des élèves. 

Quelques jours plus tard,  le responsable de niveau des 6èmes me propose de démarrer mes cours de soutien avec deux élèves volontaires. Au début, je me demande si ce n’est pas un projet un peu « fou ». Comment pourrais-je faire avancer des élèves alors même que leurs professeurs ne réussissent pas à le faire ? Mais finalement rencontrer des élèves et les faire progresser s’avère vraiment intéressant.

 J’essaie donc de créer des liens avec eux et de m’investir au mieux dans mon travail de tuteur en m’intéressant à leurs passions, et à leurs difficultés. Au fil des séances, je réussis donc à nouer une vraie complicité, même si parfois quelques recadrages sont nécessaires car travailler entre midi et une heure n’est pas tous les jours facile, surtout quand il fait beau dehors. Il faut donc les intéresser et leur expliquer qu’ils ne travaillent pas pour leurs parents, leurs professeurs ou encore pour moi, mais pour eux que c’est leur avenir qui est en jeu. Et, ça ce n’est pas facile à comprendre quand on a 11 ou 12 ans. Mon travail est donc différent de celui des professeurs car mon but est de les accompagner, de les guider et de leur expliquer ce qu’ils ne comprennent pas.

Les échanges sont très intéressants car ils semblent motivés et intéressés. Au fil des séances les progrès sont bien réels, mon nombre d’élèves augmente pour passer à un total de cinq sixièmes. Des efforts  remarqués aussi bien par les professeurs que par les élèves eux-mêmes que ce soit en français ou dans les autres matières, car même si ma spécialité est le français, je n’hésite pas à leur donner des conseils pour progresser dans les autres matières. Passer de deux à cinq élèves n’est pas facile. J’explique à nouveau les enjeux et trouve de nouvelles ruses pour les faire avancer dans leurs démarches intellectuelles. J’ai donc trois nouveaux élèves que je dois intéresser, un vrai défi, trois de plus d’un seul coup ce n’est pas facile surtout que l’un d’entre eux se trouve être dyslexique. J’essaie donc véritablement de varier les méthodes en travaillant de manière ludique et amusante avec des supports plus interactifs qu’une feuille et un stylo. Mon but ? Leur montrer que ce ne sont pas des notes ou des moyennes mais bel et bien des personnes avec du potentiel.

Le premier trimestre achevé, les conseils de classe commencent. Une semaine plus tard, le responsable de niveau des sixièmes me convoque pour faire un premier bilan qui malgré quelques craintes de ma part se révèle positif avec dans l’ensemble de nets progrès.

Quelques jours plus tard, je me vois confier trois élèves de quatrième, tout en continuant mon travail avec mes cinq élèves de sixième. Des quatrièmes, et là j’ai envie de dire « Oh, my god ! »… Oui, c’est, un âge où les problèmes de l’adolescence commencent à apparaitre et donc ce n’est pas évident. Je ne suis pas sûr de savoir gérer la situation. Ce ne sont plus des enfants mais pas encore des adultes. Il faut donc trouver le juste équilibre. Parmi les petits nouveaux : un élève d’origine britannique, un qui manque de confiance en lui, et enfin un autre dyspraxique et dyslexique à la fois. À la fin du deuxième trimestre, deux élèves de quatrième partent car les efforts sont là. L’élève « anglais »  passe de 7 à 11 de moyenne en français, tandis que celui qui manque de confiance en lui, ou plutôt qui manquait, passe de 11 à 14  de moyenne en français.

Mes élèves de sixième, font des progrès assez nets et visibles, ils sont aussi plus confiants. Malgré tout, quelques fragilités persistent et le responsable des sixièmes me demande de les garder afin de leur assurer de bonnes bases pour l’année de cinquième.

Malheureusement, j’ai bien l’impression d’échouer avec mon élève dyspraxique et dyslexique de quatrième. Bien sûr qu’on ne peut pas réussir à tous les coups, mais je suis déçu et je me sens impuissant. Je ne sais plus ni quoi faire ni comment faire. Suite à des conseils de professeurs, je mise sur l’oral par le biais d’un film : une comédie. C’est donc un nouvel angle de travail qui semble fonctionner pour le moment. 

Le troisième trimestre commence, et deux nouveaux élèves arrivent : des cinquièmes. J’ai donc actuellement huit élèves : cinq sixièmes, deux cinquièmes et un quatrième.

J’aime ce que je fais et je prends plaisir à le faire. Cela me demande du temps bien sûr, du temps que je pourrais passer avec mes ami(e)s. Je donne trois heures de soutien par semaine, et c’est autant de travail à la maison. Mon travail consiste à préparer mes séance, mon planning, à corriger les travaux de mes élèves, à rencontrer leurs professeurs pour pouvoir mettre au point de nouvelles stratégies, et à répondre à toutes les questions qu’ils peuvent me poser, et c’est ainsi qu’on avance au fil des séances.

Dans un système scolaire inégalitaire, et devant d'importantes suppressions de postes, cela peut être une solution. De plus, au lieu de passer par des agences de soutien scolaire dont les prix font peur, pourquoi les lycéens ne pourraient-ils pas donner des cours de soutien ?

Alors, si vous aussi vous avez envie de devenir tuteur en français ou dans toute autre matière, n’hésitez pas à vous proposer auprès de vos professeurs car beaucoup de travail reste à faire. Nous sommes peu nombreux à le faire, mais c’est vraiment valorisant. J’ai ainsi remarqué que ça m’apportait davantage de confiance en moi, de meilleurs résultats scolaires (même si je n’ai pas à me plaindre de ce côté-là), et un plus sur mon CV pour pouvoir trouver un job d’été. Enfin ça permet de découvrir que le monde ne tourne pas autour de soi.

Quelques questions à se poser avant de commencer : dans quel but je le fais ? Si, c’est purement financier, aucun intérêt, il faut vraiment être passionné pour le faire. Dans quelle matière je me sens suffisamment à l’aise pour pouvoir donner des cours de soutien ? Ai-je assez de temps pour mener de front : l’école, les copains, les loisirs, et le soutien ?

 

 

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Répondre à [Récit d'expérience] Élève et tuteur de français. - commentaires sur le forum
cappricioso
 
Date 04/11/2014 22:12

C'est merveilleux ce que tu as fais !


jeijei
 
Date 07/05/2013 1:25

Dans mon lycée, on avait des AED (je sais plus ce que ca veut dire ^^) mais en gros c'était des étudiants qui étaient à la fac et qui venait, gratuitement et à tour de role selon un planning, dans une...


gerrog
 
Date 27/03/2012 20:19

En seconde j'ai donné quelques cours de tutorats à des 6ème dans mon collège-lycée, il y en a un qui a réussir à intégrer pleins de trucs & astuces que je lui ai appris (maths). Par contre j'en ai eu...


allomat69
 
Date 26/03/2012 19:16

sinned, cette citation n'est pas de moi ^^ Perso un dyslexique me gene moins que ceux qui lui conseillent d'acheter un dictionnaire pour se moquer de lui. je ne suis pas opposé aux...


sinned
 
Date 26/03/2012 9:48

Actu : [Récit d'expérience] Élève et tuteur de français. Récit de mon expérience en tant que tuteur en soutien de français. Dans un système scolaire défaillant, le soutien peut se révéler être une...


allomat69
 
Date 26/03/2012 8:43

Le tutorat donne souvent de bons résultats, et c'est une bonne école de pédagogie. Tu sembles ne pas être débordé, ne pas mettre en danger ton propre cursus, j'admire. "Malheureusement,...


Skin
 
Date 26/03/2012 5:50

C'est une expérience formidable que j'aurais aimé vivre quand j'étais encore au lycée; tu as vraiment de la chance.


Oopaah
 
Date 26/03/2012 1:03

C'est super sympa comme expérience, mais à mon sens c'est plus aux équipes pédagogiques des lycées de mettre ça en place comme dans ton lycée.


dans-la-lune
 
Date 26/03/2012 1:00

Je donne moi-même des cours à des collégiens et à des lycéens et ton article m'a beaucoup parlé. On donne de soi et on apprend des autres. Alors même si les élèves peuvent être dissipés, chiants,...


Bauer
 
Date 26/03/2012 0:50

Magnifique témoignage, tu as réussi à faire passer le message et à nous donner un aperçu de la satisfaction que tu en tires. Après, il s'agit de s'adresser à des lycéens de première et/ou de...


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