Les préjugés et les discriminations sur la transidentité

Dans le cadre de la semaine T, Za-gay publie des articles sur le thème de la transidentité, aujourd'hui nous allons parler de la transphobie et des préjugés sur la transidentité.

Tout d’abord, afin de mieux comprendre le sujet de la Transidentité,  nous allons parler de la notion d’identité de genre

Qu’est-ce que le sexe biologique ?

Le sexe biologique ou genre anatomique se définit à plusieurs niveaux, que ce soit chromosomique (caryotype), gonadique (organes reproducteurs), hormonal (œstrogène, testostérone), génital (pénis, vagin) et au niveau des caractéristiques sexuelles secondaire (seins, pilosité…)

Qu’est-ce que le genre ?

Le genre ou le sexe social, est l’ensemble des attitudes et comportements socialement déterminés permettant l’identification d’une personne comme le masculin ou le féminin. N’oublions pas qu’une femme peut être masculine et un homme peut être féminin. Les codes sociaux définissent le comportement, l’habillement, le langage, etc.

Qu’est ce que le genre psychologique ?

Le genre psychologique ou l’identité de genre, est la conviction intime d’une personne d’être plutôt un homme ou plutôt une femme.

Les Préjugés et les discriminations transphobes.

On a souvent une image exotique et sexuelle des personnes transidentitaires, la télévision et la société nous inculquent des images très dégradantes qui mènent à la discrimination et aux préjugés transphobes.

En réalité, la transidentité est bien plus riche est complexe qu’on ne le pense, on pense souvent que les trans aiment les personnes qui correspond à leur sexe de transition. Comme par exemple une femme transexuelle aime une femme. C’est totalement faux, l’attirance pour l’un ou l’autre genre n’a rien à voir avec son propre genre. Les sentiments amoureux, autant que l’attirance sont totalement indépendant des individus.

Il convient notamment de faire attention et de faire abstraction de ses préjugés lorsque vous vous adressez à une personne trans. N’hésitez pas à demander, en restant  bien entendu respectueux et courtois, lorsque vous avez des interrogations.

Nous allons maintenant prendre des exemples de préjugés courants.

1)« Les trans sont des malades mentaux »

La plupart des personnes transidentitaires entendent ce genre d’affirmations. Contrairement aux idées reçues, la transidentité ne se soigne pas. On a prouvé que les maladies mentales ne proviennent pas systématiquement d’une source génétique.  Actuellement, la transidentité n’a aucune explication biologique et psychotique. Contrairement à l’homosexualité qui a été retirée des maladies mentales par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) le 17 Mai 1991, le transexualisme est toujours considéré comme une maladie mentale. Les Associations LGBT luttent activement pour retirer le transexualisme des maladies mentales. Cette classification rend encore plus difficile la lutte pour la défense des droits des personnes trans et le combat contre les discriminations.

2)« Les Trans sont des homosexuels refoulés »

Beaucoup de personnes considèrent que les trans sont systématiquement des homosexuels refoulés : le fait de changer de sexe est une preuve de lâcheté  et une possibilité de faciliter sa vie. Cela est totalement faux car les trans subissent des difficultés quotidiennes que peu de personnes connaissent. N’oubliez pas que le désir de changer de genre social ne provient pas de sa sexualité, il provient de la façon dont la personne se perçoit, c'est-à-dire de son identification. Sachez que de nombreuses transexuelles sont lesbiennes , ainsi que de nombreux transexuels sont gays.

3)« Les trans doivent accepter leur corps »

Selon mon expérience personnelle, les trans essaient toujours de vivre avec leur corps d’origine et le rôle que la société nous a imposé. C’est une pression constante, elle est insupportable. En général il faut des années avant qu’un trans n’admette que son corps ne corresponde pas à ce qu’il est. C’est alors à partir de ce moment-là qu’il peut commencer sa transition. Cela permet ainsi de vivre pleinement son identité, que l’on soit opéré ou non.

4)« Les trans sont des monstres »

Les personnes trans ont toujours été considérées comme des personnes anormales, contre nature. Les personnes les dévisagent dans la rue, on les montre du doigt, on se moque d’elles .

Sachez que les personnes transidentitaires sont des êtres humains, des citoyens, des citoyennes. Ils ont les mêmes droits qu’une personne « non transidentitaire ». Il est humain d’avoir peur de ce qu’on ne connait pas.  C’est sur ce manque d’informations et de connaissances sur la transidentité, que la transphobie ne cesse de faire des ravages.

5)« Les trans sont tous des prostitués »

On entend souvent qu’on trouve les trans dans le bois de Boulogne. Les trans sont présents dans tous les milieux professionnels, comme chez les avocats, les professeurs, les chimistes, etc. Il y  a en effet des trans qui se prostituent, mais il y aussi des non trans qui se prostituent. Ce sont les discriminations et les préjugés qui rendent difficile l’insertion sociale et professionnelle des personnes transidentitaires. En France, il est très coûteux et très long d’obtenir le changement d’état civil. Ce sont ces lourdeurs administratives qui empêchent l’insertion des personnes transexuelles.

En clair, tous ces préjugés, aussi blessants et aussi humiliants soient-ils sont totalement dénués de vérités. Mais ils abritent des violences et des insultes encore plus blessantes. Bien que condamnés par la loi française, ces actes ne sont pas mis en lumière, voire ignorés de la société.

Les violences

Elles sont pourtant fréquentes, or aucun chiffre n’a été publié. Ces violences peuvent se traduire par des insultes, des discriminations (professionnelles, accès au logement…), des agressions physiques, des viols ou des meurtres.

Malheureusement, à ces violences, s’ajoutent des injustices : en effet les gestes des agresseurs sont en partis excusés voire entièrement par la Justice, pour la seule et unique raison que la victime était une personne trans, parce que l’on comprend que l’agresseur aurait été trompé et qu’il était normal qu’il eût une réaction violente.

Le corps médical et ses abus

Les personnes transidentitaires sont souvent victimes de discrimination avec le corps médical. La plupart des médecins refusent de les prendre en charge.

Par manque de connaissance, certains médecins refusent de prendre en charge des trans. Par exemple, des orthophonistes pensent que les oestrogènes féminisent la voix et refusent de suite une trans MTF non hormonée. D’autres avancent  le fait qu’ils n’ont pas été formés aux traitements spécifiques à la transition.

De plus, il est encore plus difficiles pour les trans de consulter un gynécologue ou un andrologue (un gynécologue pour homme), car ces derniers refuseront de les examiner sous prétexte qu’ils estiment que ce sont les chirurgiens ayant réalisé l’opération de les examiner et que la présence d’un trans peut déranger les autres patients.

A cause de la procédure du changement d’état civil qui conditionne le 1 et 2 du numéro de sécurité sociale, l’accès aux soins médicaux les plus simples peut devenir très difficile. Même quand une personne trans souhaite consulter hors du cadre de sa transition, elle tombe souvent sur des médecins méprisants. D’ailleurs, Thomas Hammaberg, commissaire européen aux droits de l'Homme a dénoncé en janvier 2009 les mauvais traitements dont sont victimes les trans dans les états européens.

Avec la Sécurité Sociale, les trans sont sans cesse réassignés(es) à la pseudo naturalité de leur identité. Il est inacceptable pour avoir le droit du respect de leur vie privée, d’être stérilisé chirurgicalement.  Certains médecins exigent un suivi psychiatrique avant de prescrire un traitement hormonal. Sachez que les trans sont toujours considérés comme des malades mentaux par l’OMS. Par contre d’autre médecins donneront leur accord, à conditions de respecter des « critères » très humiliants :

  • avoir entre 25 et 40 ans
  • ne pas être marié(e) ni avoir d’enfants mineurs
  • être séronégatif (ve)
  • ne pas être prostitué(e)
  • avoir des revenus stables
  • avoir un logement fixe
  • être hétérosexuel(le) dans le genre revendiqué
  • ne jamais avoir eu d’épisodes dépressifs
  • vouloir effectuer une chirurgie de réassignation sexuelle.

Sachez que rares sont les personnes qui correspondent à ces stéréotypes dégradants.

Cependant, il est actuellement possible pour les personnes trans d’effectuer une transition en ayant recours à des médecins respectueux de la transidentité, en clair, en acceptant un individu tel qu’il est. Ces médecins ne partiront pas du fait que la transidentité est une pathologie psychiatrique, mais une identité à part entière. En avril 2009, après plus de 4 ans et demi de travail, la HAS (Haute Autorité de Santé) a rendu publiques ses conclusions par rapport à la prise en charge des trans. Néanmoins, les associations n’ont été reçues que durant deux réunions d’une demi-journée, et en dehors de ces réunions, aucun travail commun n’avait été réalisé avec les associations. Le rapport de la HAS reflète ce manque de dialogue, car le point de vue des associations n’a été pris uniquement que de manière symbolique. Les solutions  de la HAS présentées dans son rapport, sont extrêmement dangereuses, et reflète l’absence de volonté d’entendre les associations. Selon le parcours proposé par la HAS, pour obtenir un traitement hormonal, il faudra consulter des médecins d’équipes agrémentées et uniquement après le diagnostic de « transsexualisme » par un psychiatre. Or cela va à l’encontre de l’article R4127-6 du code de santé publique garantissant le libre choix de son médecin. Le fait qu’il leur soit imposé de vivre plusieurs mois dans le genre revendiqué sans traitement hormonal, y compris dans le milieu professionnel, conduira à l’exclusion sociale de nombreuses personnes.

 

Pour conclure, la transidentité est un sujet vaste et complexe, mais qui mérite tout autant l’intérêt et le respect. Malgré toutes ces discriminations et ces violences, la transidentité est de moins en moins taboue. En Australie et en Inde, elle est reconnue officiellement sur les cartes d’identités. C’est en luttant contre les préjugés que la transidentité ne sera plus classée en tant que maladie mentale par l’OMS. Même si en France le transexualisme a été retiré des maladies mentales par Roselyne Bachelot, il n’en reste pas moins que dans le reste du monde, la transidentité est toujours considérée comme une pathologie psychiatrique.

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Répondre à Les préjugés et les discriminations sur la transidentité - commentaires sur le forum
LadyBushi
 
Date 12/03/2012 12:05

Si la communauté T est intégré au LGBT selon moi,, c'est parce que dans la plupart des cas (pas dans tous) les gens qui changent de sexe sont homosexuel tout simplement.


julien13008
 
Date 12/03/2012 10:21

Texte très bien écris et instructif. Malgré tout, j'ai encore du mal sur le sujet .. Une question que je me posais : si l'attirance pour l'un ou l'autre genre n'a rien à voir avec son propre genre,...


LadyBushi
 
Date 10/03/2012 17:38

je suis d'accord


Iusidjai
 
Date 09/03/2012 17:39

Comme dit créole : ti pas ti pas nou sa arrivé. Ouais, pas facile d'être respecté et considéré comme pas maboul.


LadyBushi
 
Date 09/03/2012 14:51

merci à toi Crocky ;)


Crocky
 
Date 09/03/2012 1:24

Quel investissement, c'est admirable LadyBushi.


LadyBushi
 
Date 08/03/2012 23:18

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