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Mon coming-out : un an après, le bilan

Un an après, je reviens sur mon coming-out auprès de mes parents et sur l'année qui a suivie.

Le 27 juin 2007, je pars faire une heure de conduite avec mon auto-école.

Dans la soirée, mon père s’absente. Ma mère demande alors à me parler. Pendant que je n’étais pas là, elle avait lu mon journal intime, la page qu’il ne fallait pas bien sûr.

On a parlé pendant dix minutes, comme quoi « tu sais c’est dangereux tout ça », « alors je n’aurais pas de petits enfants », « c’est comme si ma vie s’arrêtait là », « mais t’es jeune tu vas sûrement changer encore », et autres « non maman je ne veux pas faire d’opération pour changer de sexe ».

Et puis elle a chialé pendant pas loin d’une heure. Mon père est rentré, il a fallu que je lui dise. Du genre « ça va peut-être te faire un choc, mais voila, en fait je suis homo ». « N’importe quoi toi », « c’est marginal ça ».

Le soir même j’envoie un texto à une copine pour lui dire que j’aurais très envie de la voir le lendemain, elle me demande pourquoi, un coming-out par texto c’est quand même plus facile. Surtout que ça s’est très bien passé, elle a été surprise mais c’est tout.

Bien sûr, je n’avais pas choisi de faire mon coming-out à ce moment-là. Je voulais encore attendre d’être plus sûr de moi, d’avoir eu des expériences, d’avoir un mec et d’être plus indépendant. C’est pour ça que j’ai été plutôt très maladroit avec mon père, je n’étais pas du tout préparé.

Donc les quelques jours qui ont suivi, je suis pas mal resté enfermé dans ma chambre, entre l’ordinateur et des bouquins (c’était d’ailleurs la première fois que j’ai lu un livre en 3 jours…;) et quelques balades dans les lotissements avec cette copine. (Et ma mère qui me demande, « tu vas la voir souvent en ce moment, elle a un problème ? Mais oui maman.)

J’ai été vraiment mal pendant un moment, à ne vouloir rien faire, et à ne vraiment pas vouloir rentrer à la maison quand je partais en balade. J’ai trouvé pas mal d’aide, de conseil et d’écoute sur Zag, mais aussi auprès d’autres contacts d’un peu partout. J’avais plutôt très peu envie de voir mes parents. Ma mère a fait une dépression pendant une dizaine de jours.

Quelques jours après mon coming-out ma mère m’en a reparlé, pour bien remuer le couteau dans la plaie. Elle voulait surtout savoir si j’avais changé. Elle est allée voir le médecin, il lui a prescrit un traitement d’au moins 3 mois pour sa déprime, elle a pris les cachets 3 ou 4 jours et elle a décidé d’aller mieux, on peut pas dire ça autrement. Comme ça, du jour au lendemain ça allait mieux.

Depuis on n'en a pas du tout reparlé. Quelques jours plus tard il y avait LA fête de famille, avec 100 à 150 personnes. Mon père n’a pas oublié de rappeler à tout le monde en ma présence que dans la famille tout le monde a eu des filles et qu’on est seulement deux garçons à porter le nom. Depuis, j’ai décidé de ne plus jamais aller à cette fête. D’ailleurs demain ils y vont sans moi. J’ai toujours droit à ce genre de remarques vexantes, surtout de la part de mon père. Du genre « quand tu viendras avec ta femme et tes enfants ». Je ne pense pas que ce soit volontairement pour me faire mal, bien que ça me blesse à chaque fois.

Je crois qu’il a complètement fait abstraction de cette information, que c’est passé à l’oubliette, que je suis le petit hétéro qu’ils ont toujours élevé. Un an après, je me dis qu’il va falloir faire la piqûre de rappel, voire même refaire toute la procédure. Ce qui me permettrait de faire mon coming-out tel que je l’aurais préparé, et quand je serais prêt. Ou sinon, faire comme s’ils avaient assimilé et accepté la situation, et inviter, comme ça, l’air de rien, mon copain à la maison en tant que tel.

A vrai dire, je ne sais pas trop encore comment je ferais. Ce que je conseille à tous, c’;est vraiment de faire votre coming-out quand vous serez prêt. Je l’ai fait bien trop tôt, mais je n’ai pas eu le choix. Je n’étais pas du tout préparé. Je vous conseille d’attendre la situation que vous jugez adéquate. Je ne peux pas dire laquelle, cela dépend de chaque individu et de ses parents.

Mais je pense que le mieux est d’;attendre d’être indépendant, et d’avoir un copain à leur présenter rapidement après, pour les mettre devant le fait accompli, et limiter les « mais tu peux changer encore » et autres.

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