Train_Thalys_728x90

Récits gays, le coming out

Moi, mes amis, ma famile. Un coming out en plusieurs temps, en plusieurs lieux. Les différentes réactions que j'ai pu rencontrer, les différents stades d'acceptation que j'ai traversé.

Des débuts difficiles

 

Innocence

Comme beaucoup d’histoire, celle-ci commence le jour de la naissance d’un merveilleux bébé un sublime petit garçon de 48 centimètres… Ce bébé vous l 'aurez compris, c’est moi.

Après quelques années passées dans la plus pure insouciance, l’habituel drame familial commence à se tisser, dans l’obscurité.

 

Petit, je traînais avec des filles. Toujours… Je jouais à la poupée aussi. J’avais quelques copains, desquels je ne parlais que très peu. L’idée de lancer que j’étais amoureux du p’tit Hugo, même à six ans, ne me paraissait guère judicieuse.

Évidement, j’ai demandé à des filles d’être mes amoureuses… J’ai fait des bisous derrière les platanes de l’école… Mais la nuit, je repensais au p’tit blondinet de la classe [han qu’il est beau !]

 

La percée

L’innocence disparaît progressivement, en CE2, les premières idées perverses traversent les esprits. Alors que je parle de fille avec mes camarades, je rêve que j’en suis une… et que je me repose dans les bras d’un véritable play boy… A ce stade, les poupées n’ont pas encore disparues de ma vie.

Puis viens le collège. Les autres sortent ensemble, moi je suis petit, pas forcément très beau… Je reste le meilleur copain, sans plus. De toute façon, les filles ne m’intéressent que très peu. J’en parle, je commente… pour me donner une image. Au fond, Hugo me plait toujours.

En cinquième, je craque pour un autre garçon. Le coup classique, je l’invite à regarder du porno pour avoir l’immense privilège de poser les yeux sur… enfin bref. Une année difficile, les choses commencent à se faire sérieusement ressentir, les garçons se moquent de moi, les filles se prennent pour des femmes et m’acceptent de moins en moins.

 

C’est en quatrième que j’ai pris conscience de quelque chose. J’ai commencé à traîner sur Internet, et les choses sont apparues plus ou moins clairement dans mon esprit. Je me suis fait passer pour bi pendant un moment. Puis je l’ai annoncé à des amis.

Les plus proches l’ont bien pris. Elles gardaient le secret du mieux qu’elles pouvaient et ne semblaient pas gênées le moins du monde. Puis j’en ai informé quelques garçons. Le changement d’attitude a été radical.

 

Réfléchir

Après une fuite dans mon entourage, j’ai commencé à me sentir visé lorsque les autres, dans les couloirs, lâchaient des petits « PD » sur un ton étrangement hilare. Autour de moi, je m’apercevais que les gens « acceptaient » sans toutefois banaliser la chose qui pour moi devenait normale.

Le terme bi a été rayé de mon vocabulaire, les corps des filles ont disparut de mes pensées. J’étais… Je SUIS, homosexuel.

 

La troisième a été elle aussi difficile. Je devais empêcher les bruits d’arriver jusqu’à mes parents, alors que la rumeur grossissait. Je ne savais plus qui était au courant, qui me soupçonnait… Je ne savais plus à qui me confier… Deux amies m’ont suffit à tenir le coup, pendant que je prenais une décision : M’éloigner de mon père, de ces jeunes qui me pourrissaient la vie, me protéger et protéger mon secret. « Papa, Maman… Je pars en internat. YOUPI »

 

Une liberté tant désirée

 

Le nouveau départ

En arrivant dans mon lycée, rien n’était clair dans mon esprit, à part mon homosexualité. Comment l’annoncer ? A qui l’annoncer ? Les questions se bousculaient sans qu’aucune réponse ne vienne. Le grand stress. Je dormais mal depuis deux semaines, j’avais peur des « légendes » de bisutage en internat…

Ma première semaine a été plutôt facile. Je rencontrais des gens que j’apprenais à connaître petit à petit, sans me poser de question sur CA. Mais rapidement, il a fallut s’interroger.

Une fille plutôt perspicace qui lance en plein milieu d’une conversation à dix « mais t’es homo toi nan ? » ça fout tout de suite ses projets en l’air. Alors on se cache, et on réfléchit. Etre homo c’est une chose, le paraître en est une autre !

Une nouvelle décision s’ajoute aux précédentes. Non je ne me revendiquerait pas homo, mais j’arrêterais de le cacher. J’en parle à cette fille [un aimant à homo, une bisexuelle] qui évidement le prend très bien. Puis un petit cercle d’amis se forme, et je les mets au courant les uns après les autres. Je m’aperçois que les mentalités des grandes villes sont différentes de celle que j’avais connu jusqu’alors.

 

Le voile se lève

Et puis merde ! Les gens le prennent bien, pourquoi chercher à me cacher ? Je crie, je hurle. Je suis gay et je m’aime ! [^^]

Je m’assume, je parle de mes histoires, haut et fort. Les gens mettent du temps à comprendre, je ne leur simplifie pas la tâche. Je me contente de répondre « oui » quand on m’interroge, ou bien plus simplement, de ne rien dire.

Tout le monde finit par comprendre. Évidement, des beaufs critiquent, encore, toujours. Mais face à toutes ces personnes qui m’acceptent, ils ne font pas le poids.

Je sors avec un garçon au lycée. Je ne crains pas d’en parler. Puis avec d’autres, en dehors… Et je ne crains pas de m’afficher dans les rues [merci Micka069].

 

Ma seule crainte ? Que mes parents l’apprennent. Mais en vivant à presque 100km d’eux, les chances sont minces. Je suis libre !

 

Le poids de la liberté

Petit à petit, l’écart se creuse. J’ai deux vies. La semaine, je suis le mec le plus gay d’Avignon. Pas une grande folle, mais simplement quelqu’un qui s’assume plus que raison. La discrétion devient mon ennemie, et tant qu’aucune difficulté ne se présente, je ne vois pas de raison de raison de me méfier. Le week-end en revanche, je redeviens le fils hétéro de deux parents fermés qui ne m’octroient que peu de liberté. Ma deuxième vie me semble bien fade en comparaison à la première.

Les week-ends deviennent difficiles. Deux jours en famille sans parler de ce qui fait mon quotidien la semaine. Je me sens submergé petit à petit. Je me renferme, je m’isole. Zag devient ma bouée de survie. Les choses ne vont plus.

 

Alors je décide de prendre les choses en main. Il me faut un allié dans ma famille, et vite. Je réfléchis, j’envisage plusieurs cas de figure. Tous me mettent mal à l’aise. Je ne suis pas sûr de pouvoir franchir le pas. Je ne suis pas sur de pouvoir mêler ma sœur à tout ça.

 

Finalement, après maints encouragements, un soir alors que nous rentrons du concert qu’elle m’a offert pour mon anniversaire, je lâche tout.

« Aujourd’hui, j’avais un rendez vous.

- Galant ?

- Possible. Avec un garçon.

- Ah euh… Tu le sens comme ça ?

- Oui, depuis deux ans déjà

- Ca me dérange pas.

- Moi non plus »

La conversation semble durer des heures. S’en suivent les conseils d’une grande sœur, vis-à-vis de ma famille, vis-à-vis de mes rencontres.

 

Et après ?

Il ne me reste plus qu’un petit pas à franchir, mais je sens qu’il va être difficile. Ma sœur s’accorde à dire que je ferais mieux d’attendre quelques années encore. C’est ce que je pense aussi.

 

 

J’écris cet article juste pour vous faire part de ma petite expérience. Je vous conseille à tous de faire confiance à vos amis avant tout. S’ils sont sincères, aucun problème ne se posera. S’ils ont des difficultés à l’accepter, parlez en avec eux.

Soyez aussi sincère avec eux qu’avec vous-même. Et ne pensez pas aux mauvais côtés, il est toujours utile d’avoir des proches pour faire face.

Pour ce qui est de la famille, toutes les situations sont différentes. Mais ça fait du bien d’avoir un allié. Il faut bien le choisir, il faut beaucoup de courage pour l’annoncer. Mais je vous encourage vivement à tenter quelque chose… On se sent renaître !

Pour conclure je dirais… BONNE CHANCE A TOUS ;)

Enjoy.

Partager cet article

Répondre à Récits gays, le coming out - Commentaires sur le forum
Callmealex
 
Date 02/09/2012 15:52

C'est un très beau récit qui me rappelle mon histoire. Ce serais bien que tous arrive à s'assumer de cette façon là. S'assumer de cette façon là c'est le meilleurs moyen de subir harcellement et...


KentinM
 
Date 21/06/2012 17:56

Putain! Vous m'avez convaincu! Je vais faire une chaine de sms en disant "Je suis gay!", puis l'envoyer à tout le monde! Je vous aime mes petites folles!


Niotch59
 
Date 23/09/2011 19:13

hello, déja félicitations, parce que c'est pas simple..moi sa fait 1 ans et demi voir 2 ans que je sais que je suis bi, seulement 4 de mes amies était au courant, et il y a 2 jours ( jour de l'anniv a...


lily1311
 
Date 04/03/2011 14:01

j'ai fais mon coming out il y a mnt a peu pres 1 ans et demi, j'ai d'abord parler mes amis les plus ''proche'' tous ne l'on pas axepter mais bon... puis grance...


yax
 
Date 19/10/2010 1:07

moi j'ai fait mon CO aujourd'hui!!! ya juste quelques heures, je l'ai dit a ma mère qui a été choquer mais elle a pas pleuré,elle ne comprenait pas au début mais je pense qu'au...


pititou
 
Date 06/12/2009 4:33

moi je l'ai tout d'abord dit a ma seur(qui a surpris une conversation avec un jeune homme charment) qui l'a accepter ensuite mes amis (les plus proche bien sur) après c'était...


dadouespana
 
Date 12/11/2009 6:35

moi perso je les dabord dit a une fille sur msn que je connaissait pas qui est devenue ma meilleur amie qui la tres bien prit et qui ma conseiller ecouter et conseiller et puis je les dit à...


legyremy06
 
Date 07/08/2009 14:28

ptin moi ca ma plus kemu mais moi je pourrai le dire a persone meme pas a mes amis vu ken jen ai pas et a ma famille c tous des langues de pute tous donc meme pas la peine je sui trop triste!!


defoe
 
Date 26/05/2009 14:36

J'avais jamais vu cet article, c'est bien écrit =)


myside
 
Date 26/05/2009 13:34

Oww elle est mimi ton histoire ti' Yanaki ^^ Je l'ai aussi dit a ma soeur avant =)


Répondre à Récits gays, le coming out - Commentaires

Qui est le rédacteur?

KiriKiriKiri Homme 24 ans
FR, Paris
Message privé
Ses articles
Offrir Premium
Profil de KiriKiriKiri
Voir ses photos

Voter pour cet article

Sujets proches

Je ne peux pas changer le monde ==> Come back 4 ans en arrière

Au début de zag, quand les articles étaient encore d'actualité, celui ci avaient plus à quelques personnes. Il date maintenant, de 4 ans, mais quoi qu'il en soit, le problème reste présent.

Un coming out pas très gai

Un coming out pas très gai. Quand mon père l'a appris, il a été capable de me dire les pires choses qui soient... Au contraire, quand je l'ai dit à mes amis, ça n'a fait que nous rapprocher. Y'a...

Acceptation...

La moment où l'on découvre son homosexualité peut-être très dur. Patrick nous raconte.

Réaction de Cédric, face au coming-out d'un de ses élèves

Ce que je retiendrais de ce moment là, ce n'est pas le respect et la confiance qu'il a eu envers moi pour faire son coming-out, mais le respect et la confiance que je lui dois pour l'avoir fait.

Rester dans le placard, option la plus sûre?

L'équipe du site recevant régulièrement des messages privés de zaguiens demandant conseil, une question revient souvent. En gros , « Doit-on sortir du placard pour être heureux ? »

La découverte de Soi

Chaque adolescent gay ou bissexuel est passé par cette étape : La découverte et prise de conscience de son homosexualité.

Bi, c'est ma vie

"Bisexuel !? Mais c'est génial ! Tu as deux fois plus de chance !!!" J'entends ces mots qui résonnent encore et toujours et je revois ces gens, des amis, qui se font l'écho d'une rumeur tellement...

Ma digression sur le coming out

Je suis souvent iconoclaste et le coming out qu'on nous présente dans les films je suis contre, pour les raisons suivantes.

Faire son coming-out via une lettre : Un moyen comme un autre

Certains penseront que c'est une démarche un peu trop commerciale de trouver une méthode pour faire son coming-out, mais ne vous en faites pas je ne vais pas essayer de vous la vendre après !

Coming-out, la révélation, l'aide d'un ami

Un ami : "Il faut qu'on arrête on va devenir pd !". Quelques secondes. Moi : "Je le suis déjà."