Malade du sida en grève

Pour dénoncer l'instauration depuis le 1er janvier des franchises médicales, un malade du sida a décidé d'entamer une grève des soins en arrêtant tous ses traitements.

Les assurés sociaux, dont les malades du sida, à l’exception des enfants de moins de 18 ans, des femmes enceintes et des bénéficiaires de la couverture maladie universelle (CMU), doivent désormais s’acquitter d’une franchise médicale de 50 centimes d’euro par boîte de médicament et par acte paramédical, et d’une franchise médicale de 2 euros par transport sanitaire. Ce nouveau dispositif est destiné à financer, notamment, la lutte contre le cancer et le plan Alzheimer. Ces franchises médicales sont plafonnées à 50 euros par an.


« Puisque ni les pétitions, ni les manifestations n’ont pu empêcher la mise en place des franchises médicales, j’ai décidé d’entamer une grève des soins pour protester contre ces mesures. » Déterminé, le regard fixe, Bruno-Pascal Chevalier n’y va pas par quatre chemins. Atteint d’une maladie de longue durée, en l’occurrence le sida, ce travailleur social de quarante-cinq ans, responsable du CCAS (centre communal d’action sociale) de Morsang-sur-Orge dans l’Essonne, vient d’adresser une lettre au chef de l’État, expliquant son geste « en soutien à toutes les victimes de la mise en place de la franchise médicale ». Pour lui, « il faut un acte fort et novateur pour que cette loi disparaisse ».


Le cas de Bruno-Pascal est édifiant : il porte un appareil auditif à chaque oreille et n’a plus aucune dent à lui, ce qui l’oblige à avoir un appareil dentaire. C’est sans compter les allergies et autres « petits bobos ». « Ce sont les conséquences de la maladie, mais elles ne sont pas prises en charge car elles sont indirectes », déplore Bruno-Pascal, qui n’hésite pas à dévoiler l’état de ses finances : « Je gagne 1 500 euros par mois. J’ai un peu plus de 1 300 euros de charges (loyer, chauffage, impôts, mutuelle, assurance, aide à domicile, etc.). S’il n’y avait pas le salaire de mon compagnon, je pourrais à peine manger et serais obligé de renoncer à certains soins, comme font de nombreux malades qui ne perçoivent que l’AAH (allocation adulte handicapé, soit un peu plus de 600 euros) et n’ont pas les moyens de se payer une mutuelle. » Avec le forfait à un euro et cette franchise, c’est 100 euros que ces personnes devront d’emblée débourser. « C’est humainement intolérable, d’autant que vivre une maladie est un combat quotidien. Oui, je suis vivant, mais à quel prix ? », lâche Bruno-Pascal Chevallier.

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